Réseau Sortir du nucléaire
BoutiqueAgendaFaire un donEN

Sortir du nucléaire n°56

Hiver 2012-2013

Soutien d’artiste

Nicolas Lambert, sur scène contre Areva

Hiver 2012-2013




Nicolas Lambert est acteur de théâtre et utilise son art pour dénoncer des abus de pouvoir. Avec sa trilogie bleu, blanc, rouge, il traite de l’affaire Elf, du nucléaire et de l’armement. Rencontre avec un personnage engagé qui dépense beaucoup d’énergie pour informer et dénoncer.



Comment es-tu venu au théâtre ?

Ma première approche fut au collège puis au lycée, ce qui a sauvé ma scolarité. Par la suite, je n’ai jamais arrêté même pendant mes études universitaires de philosophie alors que je devais travailler. La philosophie a participé à ma réflexion et j’ai utilisé le théâtre pour poser des questions, sur la façon dont fonctionne cette république où l’information est la propriété de groupes qui n’ont pas intérêt à ce qu’elle circule. Ensuite je n’oublie pas de conserver un regard sur l’humain sans lequel tout cela n’aurait guère d’intérêt.

Quel est le lien entre les thématiques ?

Ce choix est issu de cette réflexion sur la manière dont fonctionne notre société, ses dérives et les financements systématiques des partis politiques par de l’argent provenant par exemple de l’armement. Ensuite les thèmes sont plus ou moins liés par le nucléaire. De l’uranium à l’armement en passant par le civil. J’ai suivi une logique dramaturgique pour la rédaction. J’ai d’abord décrit les réseaux impliqués, avant de me concentrer sur un domaine spécifique puis de développer l’armement.

Comment choisis-tu tes personnages ?

D’abord je m’intéresse moins aux personnages qu’à l’histoire, ensuite lorsque j’écris il faut que le résultat tienne la route.

Je fais du documentaire, je choisis donc des situations pour les présenter au public en proposant des extraits de discours, de discussions, d’événements qui permettent de suivre le déroulement historique du sujet traité. Je garde les déclarations qui expriment quelque chose de fort. Pour des raisons d’écriture je dois trier les documents, je ne peux pas tout utiliser, je sélectionne donc ce qui aura le plus de sens. Après il y a des personnes plus faciles à imiter que d’autres, avec un timbre de voix très particulier par exemple. En reprenant des réactions de personnes réelles, le public comprend que ce n’est pas travesti, que mon jeu est au plus près de la réalité.

Pourquoi joues-tu seul tous les rôles ?

La principale raison c’est que cela coûte moins cher. Je travaille sans subvention, c’est un choix, je n’en demande pas, pour rester indépendant de financements extérieurs. La seconde raison c’est que je trouve cela amusant. C’est autant éprouvant que jouissif ! Comment situes-tu le théâtre politique en France ?

En ce qui me concerne, je tourne pas mal, ce qui est un bon point. Ensuite je fais partie d’un comité de lecture À mots découverts (collectif d’artistes de la scène) et nous recevons de nombreux scénarios engagés. Il y a donc du théâtre politique, mais il est difficile d’être monté pour des raisons financières.

Cependant depuis quelques années, on voit ressurgir cette forme d’expression. Elle permet une prise de conscience du monde dans lequel on vit. On se sert du théâtre pour se ré-approprier l’espace politique, pour remettre du politique dans l’artistique. Ce qui a été abandonné au moment de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avec la dépolitisation du théâtre. Bien heureux que cela change.

Le théâtre permet de toucher le public d’une façon directe, immédiate et irremplaçable, sans médias. Je suis un média, je vais chercher l’information et la diffuse avec mon regard comme seul filtre.

Quand pourrons-nous voir le troisième volet ?

Si j’arrive à rester fidèle à mon planning, je me plonge dans l’enquête (sur l’armement) en janvier et j’essaye d’avoir une vision globale du dossier d’ici septembre. Puis ce sera la phase d’écriture à l’issue de laquelle le texte devrait être rédigé au printemps 2014 pour une mise en scène au mois de septembre suivant. Comme il me faut manger, il faut que je joue régulièrement !

Ça tombe bien, Nicolas Lambert est en tournée pour le second volet de son triptyque politique, Avenir radieux, une fission nucléaire. Retrouvez toutes les dates sur : http://www.unpasdecote.org/

Propos recueillis par Jocelyn Peyret

Comment es-tu venu au théâtre ?

Ma première approche fut au collège puis au lycée, ce qui a sauvé ma scolarité. Par la suite, je n’ai jamais arrêté même pendant mes études universitaires de philosophie alors que je devais travailler. La philosophie a participé à ma réflexion et j’ai utilisé le théâtre pour poser des questions, sur la façon dont fonctionne cette république où l’information est la propriété de groupes qui n’ont pas intérêt à ce qu’elle circule. Ensuite je n’oublie pas de conserver un regard sur l’humain sans lequel tout cela n’aurait guère d’intérêt.

Quel est le lien entre les thématiques ?

Ce choix est issu de cette réflexion sur la manière dont fonctionne notre société, ses dérives et les financements systématiques des partis politiques par de l’argent provenant par exemple de l’armement. Ensuite les thèmes sont plus ou moins liés par le nucléaire. De l’uranium à l’armement en passant par le civil. J’ai suivi une logique dramaturgique pour la rédaction. J’ai d’abord décrit les réseaux impliqués, avant de me concentrer sur un domaine spécifique puis de développer l’armement.

Comment choisis-tu tes personnages ?

D’abord je m’intéresse moins aux personnages qu’à l’histoire, ensuite lorsque j’écris il faut que le résultat tienne la route.

Je fais du documentaire, je choisis donc des situations pour les présenter au public en proposant des extraits de discours, de discussions, d’événements qui permettent de suivre le déroulement historique du sujet traité. Je garde les déclarations qui expriment quelque chose de fort. Pour des raisons d’écriture je dois trier les documents, je ne peux pas tout utiliser, je sélectionne donc ce qui aura le plus de sens. Après il y a des personnes plus faciles à imiter que d’autres, avec un timbre de voix très particulier par exemple. En reprenant des réactions de personnes réelles, le public comprend que ce n’est pas travesti, que mon jeu est au plus près de la réalité.

Pourquoi joues-tu seul tous les rôles ?

La principale raison c’est que cela coûte moins cher. Je travaille sans subvention, c’est un choix, je n’en demande pas, pour rester indépendant de financements extérieurs. La seconde raison c’est que je trouve cela amusant. C’est autant éprouvant que jouissif ! Comment situes-tu le théâtre politique en France ?

En ce qui me concerne, je tourne pas mal, ce qui est un bon point. Ensuite je fais partie d’un comité de lecture À mots découverts (collectif d’artistes de la scène) et nous recevons de nombreux scénarios engagés. Il y a donc du théâtre politique, mais il est difficile d’être monté pour des raisons financières.

Cependant depuis quelques années, on voit ressurgir cette forme d’expression. Elle permet une prise de conscience du monde dans lequel on vit. On se sert du théâtre pour se ré-approprier l’espace politique, pour remettre du politique dans l’artistique. Ce qui a été abandonné au moment de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 avec la dépolitisation du théâtre. Bien heureux que cela change.

Le théâtre permet de toucher le public d’une façon directe, immédiate et irremplaçable, sans médias. Je suis un média, je vais chercher l’information et la diffuse avec mon regard comme seul filtre.

Quand pourrons-nous voir le troisième volet ?

Si j’arrive à rester fidèle à mon planning, je me plonge dans l’enquête (sur l’armement) en janvier et j’essaye d’avoir une vision globale du dossier d’ici septembre. Puis ce sera la phase d’écriture à l’issue de laquelle le texte devrait être rédigé au printemps 2014 pour une mise en scène au mois de septembre suivant. Comme il me faut manger, il faut que je joue régulièrement !

Ça tombe bien, Nicolas Lambert est en tournée pour le second volet de son triptyque politique, Avenir radieux, une fission nucléaire. Retrouvez toutes les dates sur : http://www.unpasdecote.org/

Propos recueillis par Jocelyn Peyret



Thèmes
Luttes et actions