Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°64

Février 2015

Editorial

Ne pas prendre à la légère les histoires drones !

Février 2015




Plus de trente survols de sites nucléaires par des drones ont désormais été recensés ces derniers mois… sans provoquer d’émotion particulière chez les autorités (voir p.9). Que signifie cette politique du "deux poids deux mesures" ? Alors que, au Testet et ailleurs, des citonyen-ne-s engagé-e-s font face à des déploiements policiers démesurés et à des tirs de grenades mortels (lire p. 11), les auteurs de ces survols, qui pourraient être dotés d’intentions malveillantes, n’ont toujours pas été identifiés par les autorités après plus de deux mois !

S’agit-il d’un refus inconscient de prendre au sérieux cette menace ? Comme disait Günther Anders, "nous ne croyons pas ce que nous savons". Les preuves de vulnérabilité du système nucléaire s’accumulent... sans réaction. On sait déjà que les centrales peuvent être affectées par les aléas climatiques (comme l’ont prouvé la tempête de 1999 qui a inondé la centrale nucléaire du Blayais et la canicule de 2003, qui a obligé à arroser la centrale de Fessenheim pour garantir son refroidissement !) ; qu’elles ne résisteraient pas à un crash d’avion, comme indiqué dans un document "confidentiel défense" que nous avons publié en 2006. Et que dire de la bombe à retardement que représente la dégradation des conditions de travail des travailleurs du nucléaire, à commencer par les sous-traitants (lire p.10) ?

Tout cela, EDF et les autorités le savent, sans en tirer les conclusions qui s’imposent. Face à ce silence, pour briser ce mur d’indifférence, nous ne devons pas nous taire et continuer la résistance, à l’image de ces militants qui luttent depuis déjà deux décennies contre l’enfouissement de déchets radioactifs à Bure (lire p.12). C’est d’ailleurs en partie grâce à leur mobilisation qu’ont été déjouées les dernières tentatives du gouvernement de glisser Cigéo en douce dans la "loi de transition énergétique", puis la "loi de croissance et d’activité".

Et même si la situation paraît bloquée en France, n’oublions pas que notre pays est une exception. N’en déplaise à nos ministres qui s’évertuent à présenter ce boulet comme un "atout", les jours de l’énergie atomique sont bel et bien comptés : partout dans le monde, le nucléaire est en déclin au profit des alternatives (lire p.22) !

Le Réseau "Sortir du nucléaire"

Plus de trente survols de sites nucléaires par des drones ont désormais été recensés ces derniers mois… sans provoquer d’émotion particulière chez les autorités (voir p.9). Que signifie cette politique du "deux poids deux mesures" ? Alors que, au Testet et ailleurs, des citonyen-ne-s engagé-e-s font face à des déploiements policiers démesurés et à des tirs de grenades mortels (lire p. 11), les auteurs de ces survols, qui pourraient être dotés d’intentions malveillantes, n’ont toujours pas été identifiés par les autorités après plus de deux mois !

S’agit-il d’un refus inconscient de prendre au sérieux cette menace ? Comme disait Günther Anders, "nous ne croyons pas ce que nous savons". Les preuves de vulnérabilité du système nucléaire s’accumulent... sans réaction. On sait déjà que les centrales peuvent être affectées par les aléas climatiques (comme l’ont prouvé la tempête de 1999 qui a inondé la centrale nucléaire du Blayais et la canicule de 2003, qui a obligé à arroser la centrale de Fessenheim pour garantir son refroidissement !) ; qu’elles ne résisteraient pas à un crash d’avion, comme indiqué dans un document "confidentiel défense" que nous avons publié en 2006. Et que dire de la bombe à retardement que représente la dégradation des conditions de travail des travailleurs du nucléaire, à commencer par les sous-traitants (lire p.10) ?

Tout cela, EDF et les autorités le savent, sans en tirer les conclusions qui s’imposent. Face à ce silence, pour briser ce mur d’indifférence, nous ne devons pas nous taire et continuer la résistance, à l’image de ces militants qui luttent depuis déjà deux décennies contre l’enfouissement de déchets radioactifs à Bure (lire p.12). C’est d’ailleurs en partie grâce à leur mobilisation qu’ont été déjouées les dernières tentatives du gouvernement de glisser Cigéo en douce dans la "loi de transition énergétique", puis la "loi de croissance et d’activité".

Et même si la situation paraît bloquée en France, n’oublions pas que notre pays est une exception. N’en déplaise à nos ministres qui s’évertuent à présenter ce boulet comme un "atout", les jours de l’énergie atomique sont bel et bien comptés : partout dans le monde, le nucléaire est en déclin au profit des alternatives (lire p.22) !

Le Réseau "Sortir du nucléaire"