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Sortir du nucléaire n°54

Eté 2012

Marier la fiction et l’engagement Entretien avec le romancier Christophe Léon

Eté 2012




Après des études aux Beaux-Arts et un début de carrière de joueur professionnel de tennis, Christophe Léon a décidé de prendre la plume. Ses romans, désormais à destination de la jeunesse, se confrontent à des sujets engagés (http://www.christophe-leon.fr).



Q : Au vu de ton parcours on se demande comment tu en es venu à la littérature ?

C.L. : Ce fut un hasard ; quand en 1995 j’ai arrêté toute activité pour me consacrer à mes cinq enfants je me suis retrouvé à avoir du temps libre. J’ai commencé par peindre, j’avais étudié aux Beaux Arts à Marseille. Mais en 2000 je me suis retrouvé bloqué au lit, problème de dos, et du coup j’ai pris un stylo et je me suis lancé.

Q : As-tu tout de suite écrit des ouvrages pour la jeunesse ?

C.L. : Non, j’ai commencé par des livres pour adultes. Mon premier livre qui pourrait s’adresser aux jeunes fut Tu t’appelles Amandine Keddha publié en 2002. Mais mon premier vrai titre pour la jeunesse fut publié en 2006, il s’agissait de Longtemps. Ce fut en réponse à une demande de ma fille, depuis j’ai majoritairement écrit pour ce public.

Q : Tes livres ont-ils toujours été liés à des sujets engagés ?

C.L. : Pas vraiment au départ. Mais après notre déménagement de Paris pour la Dordogne en 1995 je me suis peu à peu intéressé à ces sujets. J’ai donc été sensibilisé avant de devenir écrivain. Par exemple, il y a déjà plusieurs années, je manifestais à Toulouse contre le projet de réacteur EPR. Le premier récit qui dénoncerait une situation serait celui sur la télévision, Écran plat, que nous ne possédons pas à la maison. Puis c’est venu petit à petit, surtout depuis que j’écris pour la jeunesse.

Q : Comment choisis-tu les thématiques que tu traites ?

C.L. : Je n’ai aucune pression ou commande. Je travaille comme je veux, comme j’ai envie. Jusqu’à présent j’ai toujours réussi à publier, je n’ai essuyé aucun refus. Il est souvent plus facile d’éditer des fictions "engagées" dans les collections jeunesses que dans celles pour adultes.

Maintenant je choisi des sujets qui traitent de thématiques environnementales et industrielles ou environnementales et sociales. Un de mes derniers livres est un recueil de nouvelles autour de la désobéissance civile : les déboulonneurs, la guérilla jardinière, la lutte antinucléaire, etc.

Q : Comment tes ouvrages sont-ils perçus ?

C.L. : J’effectue de nombreuses rencontres scolaires. Le livre qui marche le mieux est Silence on irradie qui a été sélectionné au Prix des Lycéens en Autriche. En Allemagne, j’ai été invité à Stuttgart pour présenter le livre à des élèves qui passent l’équivalent de notre bac, section français. Le livre est au programme de l’éducation nationale en Allemagne.

En France, ce n’est pas la même chose. Il faut être très prudent sur ce que l’on va dire. Mais il arrive aussi que je sois invité pour donner un autre son de cloche que celui des interventions d’EDF dans les écoles.

J’ai été dans le Bugey deux semaines après Fukushima. Le message des pronucléaires locaux était que tout cela ne peut pas arriver chez nous. Et dans le public il y a une grande ignorance, même chez les adultes, sur le nucléaire et ses dangers. Beaucoup en sont encore au nucléaire ou la bougie ! Ils sont plus dérangés par le bruit des éoliennes dans leur environnement que par les lointaines centrales nucléaires.

Q : Quels sont tes projets ?

C.L. : Avec Philippe Godard, qui a travaillé avec les éditions Syros, Autrement et La Martinière, nous voulons lancer une collection pour la jeunesse et attendons la réponse d’un éditeur. Nous voulons garder les coudées franches pour pouvoir traiter à notre manière du nucléaire, des OGM, de l’agroalimentaire, de Monsanto, etc. Nous voudrions publier à un rythme de quatre livres par an. C’est en transaction.

Sinon, mes deux prochains ouvrages traiteront respectivement de l’esclavage moderne et du suicide en entreprise. Le premier sujet m’a été inspiré après avoir appris l’arrestation d’un ambassadeur étranger qui séquestrait à Paris une jeune fille de son pays pour le servir. Le second sujet quant à lui est connu de tous, mais si on regarde d’un peu plus près on se rend compte que c’est toujours quand une entreprise publique se retrouve privatisée qu’il y a des vagues de suicides !

Propos recueillis par Jocelyn Peyret

Q : Au vu de ton parcours on se demande comment tu en es venu à la littérature ?

C.L. : Ce fut un hasard ; quand en 1995 j’ai arrêté toute activité pour me consacrer à mes cinq enfants je me suis retrouvé à avoir du temps libre. J’ai commencé par peindre, j’avais étudié aux Beaux Arts à Marseille. Mais en 2000 je me suis retrouvé bloqué au lit, problème de dos, et du coup j’ai pris un stylo et je me suis lancé.

Q : As-tu tout de suite écrit des ouvrages pour la jeunesse ?

C.L. : Non, j’ai commencé par des livres pour adultes. Mon premier livre qui pourrait s’adresser aux jeunes fut Tu t’appelles Amandine Keddha publié en 2002. Mais mon premier vrai titre pour la jeunesse fut publié en 2006, il s’agissait de Longtemps. Ce fut en réponse à une demande de ma fille, depuis j’ai majoritairement écrit pour ce public.

Q : Tes livres ont-ils toujours été liés à des sujets engagés ?

C.L. : Pas vraiment au départ. Mais après notre déménagement de Paris pour la Dordogne en 1995 je me suis peu à peu intéressé à ces sujets. J’ai donc été sensibilisé avant de devenir écrivain. Par exemple, il y a déjà plusieurs années, je manifestais à Toulouse contre le projet de réacteur EPR. Le premier récit qui dénoncerait une situation serait celui sur la télévision, Écran plat, que nous ne possédons pas à la maison. Puis c’est venu petit à petit, surtout depuis que j’écris pour la jeunesse.

Q : Comment choisis-tu les thématiques que tu traites ?

C.L. : Je n’ai aucune pression ou commande. Je travaille comme je veux, comme j’ai envie. Jusqu’à présent j’ai toujours réussi à publier, je n’ai essuyé aucun refus. Il est souvent plus facile d’éditer des fictions "engagées" dans les collections jeunesses que dans celles pour adultes.

Maintenant je choisi des sujets qui traitent de thématiques environnementales et industrielles ou environnementales et sociales. Un de mes derniers livres est un recueil de nouvelles autour de la désobéissance civile : les déboulonneurs, la guérilla jardinière, la lutte antinucléaire, etc.

Q : Comment tes ouvrages sont-ils perçus ?

C.L. : J’effectue de nombreuses rencontres scolaires. Le livre qui marche le mieux est Silence on irradie qui a été sélectionné au Prix des Lycéens en Autriche. En Allemagne, j’ai été invité à Stuttgart pour présenter le livre à des élèves qui passent l’équivalent de notre bac, section français. Le livre est au programme de l’éducation nationale en Allemagne.

En France, ce n’est pas la même chose. Il faut être très prudent sur ce que l’on va dire. Mais il arrive aussi que je sois invité pour donner un autre son de cloche que celui des interventions d’EDF dans les écoles.

J’ai été dans le Bugey deux semaines après Fukushima. Le message des pronucléaires locaux était que tout cela ne peut pas arriver chez nous. Et dans le public il y a une grande ignorance, même chez les adultes, sur le nucléaire et ses dangers. Beaucoup en sont encore au nucléaire ou la bougie ! Ils sont plus dérangés par le bruit des éoliennes dans leur environnement que par les lointaines centrales nucléaires.

Q : Quels sont tes projets ?

C.L. : Avec Philippe Godard, qui a travaillé avec les éditions Syros, Autrement et La Martinière, nous voulons lancer une collection pour la jeunesse et attendons la réponse d’un éditeur. Nous voulons garder les coudées franches pour pouvoir traiter à notre manière du nucléaire, des OGM, de l’agroalimentaire, de Monsanto, etc. Nous voudrions publier à un rythme de quatre livres par an. C’est en transaction.

Sinon, mes deux prochains ouvrages traiteront respectivement de l’esclavage moderne et du suicide en entreprise. Le premier sujet m’a été inspiré après avoir appris l’arrestation d’un ambassadeur étranger qui séquestrait à Paris une jeune fille de son pays pour le servir. Le second sujet quant à lui est connu de tous, mais si on regarde d’un peu plus près on se rend compte que c’est toujours quand une entreprise publique se retrouve privatisée qu’il y a des vagues de suicides !

Propos recueillis par Jocelyn Peyret



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