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Sortir du nucléaire n°39

Eté 2008

Editorial

Le vrai visage du nucléaire

Eté 2008




Force est de constater, une nouvelle fois, que le lobby international du nucléaire s’accommode mal de la démocratie.

Tous les récents accords nucléaires, même si la majorité n’aboutiront jamais à des ventes de réacteurs, ont été signés par Sarkozy avec des pays qui bafouent les droits de l’homme autant qu’ils portent atteinte à l’environnement : Chine, Libye, Maroc, Tunisie, Emirats,
et maintenant un projet minier pharaonique au nord du Niger qui risque de transformer une vaste région en une poubelle nucléaire.

Dans cette zone écologiquement fragile (nappes phréatiques, oasis) “les populations ne sont que des victimes, exclues des bénéfices des richesses exploitées”, a déclaré Rhissa Feltou, conseiller municipal d’Agadez, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 25 mars 2008 à Paris. L’Etat d’exception décrété par le gouvernement nigérien (avec l’appui de l’Etat français qui continue d’envoyer du matériel et
des “conseillers”) permet d’accélérer la spoliation des terres agropastorales et l’évacuation des Touaregs.

Mais ce projet suscite des résistances énormes au Niger, avec une importante rébellion au Nord, mais aussi au niveau international. En France, un collectif “Areva ne fera pas la loi au Niger” a été créé *. Il est déjà soutenu par Attac, le Cedetim, Survie, Via Campesina, le Collectif Tchinaghen, la LCR, les Verts, le Réseau “Sortir du nucléaire”, Sud Energie. Ses revendications s’articulent autour
de deux axes. D’abord, l’arrêt de la répression, le respect des droits humains et la paix. Ensuite, un moratoire sur les nouveaux projet miniers. Ce cadre, qui déborde le cercle des antinucléaires, a vocation à s’élargir encore à d’autres soutiens, dans une perspective de solidarité internationale et pour le respect des droits des peuples autochtones. Un appel spécifique en direction des confédérations syndicales est prévu.

L’expérience de 50 années d’extraction d’uranium en France a montré la dangerosité sanitaire et environnementale d’une telle extraction hautement cancérigène qui devrait être interdite dans le monde entier. Outre la dénonciation des conditions scandaleuses d’extraction de l’uranium, un des objectifs du collectif est de montrer que le milliard d’euros qu’Areva compte investir pour éventrer le Niger et souiller ses nappes phréatiques pourrait, par exemple, servir à lancer une véritable industrie de production de panneaux solaires en conciliant développement économique, respect de l’environnement et accès à l’énergie.

Au moment où la France entame la présidence de l’Union européenne pour faire la promotion du nucléaire, la question de l’uranium au Niger fait d’Areva le nouveau symbole du pillage du Sud par les multinationales françaises.

Il nous appartient a tous de montrer le véritable visage du lobby nucléaire, que ce soit en France ou au-delà.

Laurent Grouet

laurent.grouet@sortirdunucleaire.fr

* Pour en savoir plus sur le dossier “Niger”, lire en page 32-33 et rendez-vous sur : http://areva.niger.free.fr/

Force est de constater, une nouvelle fois, que le lobby international du nucléaire s’accommode mal de la démocratie.

Tous les récents accords nucléaires, même si la majorité n’aboutiront jamais à des ventes de réacteurs, ont été signés par Sarkozy avec des pays qui bafouent les droits de l’homme autant qu’ils portent atteinte à l’environnement : Chine, Libye, Maroc, Tunisie, Emirats,
et maintenant un projet minier pharaonique au nord du Niger qui risque de transformer une vaste région en une poubelle nucléaire.

Dans cette zone écologiquement fragile (nappes phréatiques, oasis) “les populations ne sont que des victimes, exclues des bénéfices des richesses exploitées”, a déclaré Rhissa Feltou, conseiller municipal d’Agadez, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 25 mars 2008 à Paris. L’Etat d’exception décrété par le gouvernement nigérien (avec l’appui de l’Etat français qui continue d’envoyer du matériel et
des “conseillers”) permet d’accélérer la spoliation des terres agropastorales et l’évacuation des Touaregs.

Mais ce projet suscite des résistances énormes au Niger, avec une importante rébellion au Nord, mais aussi au niveau international. En France, un collectif “Areva ne fera pas la loi au Niger” a été créé *. Il est déjà soutenu par Attac, le Cedetim, Survie, Via Campesina, le Collectif Tchinaghen, la LCR, les Verts, le Réseau “Sortir du nucléaire”, Sud Energie. Ses revendications s’articulent autour
de deux axes. D’abord, l’arrêt de la répression, le respect des droits humains et la paix. Ensuite, un moratoire sur les nouveaux projet miniers. Ce cadre, qui déborde le cercle des antinucléaires, a vocation à s’élargir encore à d’autres soutiens, dans une perspective de solidarité internationale et pour le respect des droits des peuples autochtones. Un appel spécifique en direction des confédérations syndicales est prévu.

L’expérience de 50 années d’extraction d’uranium en France a montré la dangerosité sanitaire et environnementale d’une telle extraction hautement cancérigène qui devrait être interdite dans le monde entier. Outre la dénonciation des conditions scandaleuses d’extraction de l’uranium, un des objectifs du collectif est de montrer que le milliard d’euros qu’Areva compte investir pour éventrer le Niger et souiller ses nappes phréatiques pourrait, par exemple, servir à lancer une véritable industrie de production de panneaux solaires en conciliant développement économique, respect de l’environnement et accès à l’énergie.

Au moment où la France entame la présidence de l’Union européenne pour faire la promotion du nucléaire, la question de l’uranium au Niger fait d’Areva le nouveau symbole du pillage du Sud par les multinationales françaises.

Il nous appartient a tous de montrer le véritable visage du lobby nucléaire, que ce soit en France ou au-delà.

Laurent Grouet

laurent.grouet@sortirdunucleaire.fr

* Pour en savoir plus sur le dossier “Niger”, lire en page 32-33 et rendez-vous sur : http://areva.niger.free.fr/