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Sortir du nucléaire n°53

Printemps 2012

Alternatives

Le pédibus, pour des trajets scolaires "zéro énergie"

Printemps 2012




Le transport routier est l’un des plus gros consommateurs d’énergie et émetteurs de gaz à effet de serre au niveau mondial. La voiture est ancrée dans notre mode de vie à tel point que même les trajets les plus courts sont largement effectués en automobile : 26 % sont inférieurs à 1 km et 52 % à 3 km1 ! Et le trajet maison-école en fait partie. Le pédibus est l’une des nombreuses solutions pour enrayer le développement continu – et écologiquement catastrophique - du trafic routier.



Transport routier : bref état des lieux

La part de leur budget que les ménages consacrent aux transports est la plus élevée après le logement, et devant l’alimentation. Ils réalisent les deux tiers de leurs déplacements en voiture. On parcourt aujourd’hui une distance journalière dix fois plus importante qu’il y a 50 ans.2

Au niveau mondial, le transport routier de passagers représente 50 % de la consommation d’énergie finale des transports tous modes et usages confondus. En Europe, entre 1990 et 2005, la distance parcourue par habitant et par an a augmenté de 19 %, et cet accroissement du trafic commence à peine à ralentir. En 2008, le transport routier (passagers et marchandises) représentait 17,9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union des 27. Entre 1990 et 2008, les émissions de GES du secteur des transports a augmenté de 24 %, alors que sur la même période, le total des émissions... baissait de 11 % !3

La voiture pollue, les écoliers respirent...

La raison principale donnée par les parents accompagnant leurs enfants en voiture est l’insécurité. D’autres points sont pourtant bien plus préoccupants : le stress, l’obésité et la pollution ! En effet, la pratique de la dépose/reprise des enfants en voiture à l’école augmente les émissions de polluants aux heures de pointe. Les enfants sont directement exposés d’une part à des concentrations de polluants très élevées dans les véhicules, d’autre part à des concentrations qui atteignent vite des niveaux importants dans l’air ambiant dans la rue de l’école. Ils sont malheureusement les premiers à en subir les conséquences.

Une solution : le pédibus

Le pédibus a tout de l’autobus scolaire : lignes, arrêts, terminus, horaires... mais il se déplace à pied ! Il est conduit par plusieurs adultes volontaires qui se relaient à tour de rôle, pour accompagner les enfants à l’école en toute sécurité.

Selon les communes et les écoles, le ou les pédibus effectuent le ramassage scolaire d’un certain nombre d’enfants. Une fois, deux fois ou tous les jours de la semaine ; les matins, midis et soirs. Des arrêts, disposés tous les 200 à 400 mètres le long du trajet défini, permettent de récupérer les enfants inscrits. Pour privilégier la sécurité des enfants et rendre le trajet le plus rapide possible, les arrêts sont souvent signalés par des panneaux. À chaque point de regroupement, des parents d’élèves et/ou des bénévoles assurent le ramassage au fur et à mesure de l’avancée du "convoi" d’enfants.

Parti d’une initiative locale danoise, "Marchons vers l’école" se développe rapidement en un événement international qui a lieu chaque année en octobre. Connue partout sous le nom "I walk to school", cette opération réunit aujourd’hui plus de 40 pays et près de 4 millions d’enfants, marchant tous ensemble vers et pour une planète en meilleure santé !

Vivre un pédibus : de nombreux avantages

C’est sympa et convivial : Pour les enfants, c’est l’occasion de se faire de nouveaux amis, pour les parents ce sont de nouvelles relations.

C’est sûr et assuré : Lorsque plus d’enfants vont à l’école à pied, le trafic automobile diminue. L’accès aux écoles devient plus sûr et les parents ont moins d’inquiétude.

C’est un excellent exercice pour la santé : On a besoin de 30 minutes d’activité par jour pour garder la forme. Aller à l’école à pied contribue à la prévention de l’obésité et permet d’arriver mieux réveillé, d’être plus disponible pour la première leçon.

C’est écologique et citoyen : Moins il y a de voitures sur les routes, moins il y a de pollution de l’air. Un trajet effectué à pied, ça ne pollue pas !

C’est éducatif et pédagogique : Le pédibus contribue à apprendre aux enfants la rue et ses dangers et les aidera à acquérir un comportement responsable.

C’est gratuit et économique : Les cinq premières minutes, un moteur froid consomme 35 % de carburant en plus et use plus vite sa mécanique. Le pédibus, c’est zéro dépense.

Créer un pédibus, mode d’emploi

Étape 1 : mobiliser. Qu’elle soit à l’initiative de la collectivité, de l’école ou bien des parents d’élèves (en association ou non), la mise en place d’un pédibus doit être accompagnée d’une communication favorisant la mobilisation de chacun. Il s’agit de rassembler les personnes autour du besoin de libérer l’entrée des écoles, de faire connaître le concept de pédibus. L’objectif principal de cette phase est de parvenir à mobiliser un noyau dur composé de représentants de la commune, de parents d’élèves et de l’école.

Étape 2 : former un groupe porteur du projet. Les premiers porteurs de projet rassembleront les personnes volontaires pour constituer un groupe de travail – porteur du projet comprenant, autant que possible :
 la municipalité : élus chargés des affaires scolaires, de la voirie ou des transports…, services techniques, police municipale…
 les parents (seuls ou en associations)
 les directeurs d’école et enseignants
 une ou plusieurs associations : de riverains, d’éducation à l’environnement, prévention routière, centres sociaux… On les réunira pour les informer du projet, élaborer et mettre en œuvre le plan d’action, réaliser un rétro-planning et distribuer les tâches.

Étape 3 : enquête. Le diagnostic issu de cette enquête permettra d’évaluer l’intérêt des élèves et de leurs parents avant la mise en place d’un pédibus, d’adapter au mieux les circuits, d’organiser leur fonctionnement de la manière la plus pertinente et d’apporter des solutions adaptées au contexte. L’enquête portera, pour chaque école, sur :
 la localisation des zones d’habitation des familles,
 les habitudes de déplacement des familles sur le trajet école-domicile, leurs attentes et leurs motivations à s’impliquer dans la démarche,
 l’accessibilité de l’école et l’identification des points noirs. Elle pourra être aussi l’occasion de réunir les premières pré-inscriptions des accompagnateurs et des enfants.

Étape 4 : organiser les lignes du pédibus. Il s’agit de déterminer les itinéraires des lignes de pédibus, fixer les points d’arrêts (à signaler), définir les horaires, désigner des référents de ligne, élaborer des chartes d’engagement pour les parents et les enfants, prévoir du matériel de sécurité.

Étape 5 : tester. L’intérêt de cette phase d’expérimentation est, d’une part, de vérifier la faisabilité, la pertinence de l’action, de calibrer les modalités de la mise en œuvre pour évaluer et préparer la pérennisation ; d’autre part, de donner de la visibilité et de la crédibilité à l’opération. Cette action peut s’étendre sur une journée, une semaine, voire plus. Le plus souvent, une journée test prend la forme de l’organisation d’un évènement festif.

Étape 6... pérenniser, bien sûr !

Alors, à vous de jouer...

Mariette Carles Chargée de projet "Marchons vers l’école" et Mme Fischer Chargée de communication, Mission Marchons vers l’école, au sein du Centre Permanent d’Initiatives pour l’environnement (CPIE) du Pays d’Aix

Pour passer à l’action ou avoir plus d’infos en région PACA : www.marchonsverslecole.com

Depuis 2002, la mission "Marchons vers l’école" (MVE) appuie les initiatives locales en région PACA pour permettre aux enfants d’aller à pied à l’école, accompagnés et en toute sécurité. Elle est co-financée par la Région PACA et l’ADEME.

Notes :

1 : Source : ADEME

2 : Marie-Christine Zélem, "Vitesse , mobilités et étalement urbain : le cercle vicieux ?", in Global Chance, "Vers la sortie de route ? - Les transports face aux défis de l’énergie et du climat", 2009

3 : European Environment Agency, "Greenhouse gas emissions in Europe : a retrospective trend analysis for the period 1990–2008)", 2011 ; Global Chance, op.cit.

Transport routier : bref état des lieux

La part de leur budget que les ménages consacrent aux transports est la plus élevée après le logement, et devant l’alimentation. Ils réalisent les deux tiers de leurs déplacements en voiture. On parcourt aujourd’hui une distance journalière dix fois plus importante qu’il y a 50 ans.2

Au niveau mondial, le transport routier de passagers représente 50 % de la consommation d’énergie finale des transports tous modes et usages confondus. En Europe, entre 1990 et 2005, la distance parcourue par habitant et par an a augmenté de 19 %, et cet accroissement du trafic commence à peine à ralentir. En 2008, le transport routier (passagers et marchandises) représentait 17,9 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’Union des 27. Entre 1990 et 2008, les émissions de GES du secteur des transports a augmenté de 24 %, alors que sur la même période, le total des émissions... baissait de 11 % !3

La voiture pollue, les écoliers respirent...

La raison principale donnée par les parents accompagnant leurs enfants en voiture est l’insécurité. D’autres points sont pourtant bien plus préoccupants : le stress, l’obésité et la pollution ! En effet, la pratique de la dépose/reprise des enfants en voiture à l’école augmente les émissions de polluants aux heures de pointe. Les enfants sont directement exposés d’une part à des concentrations de polluants très élevées dans les véhicules, d’autre part à des concentrations qui atteignent vite des niveaux importants dans l’air ambiant dans la rue de l’école. Ils sont malheureusement les premiers à en subir les conséquences.

Une solution : le pédibus

Le pédibus a tout de l’autobus scolaire : lignes, arrêts, terminus, horaires... mais il se déplace à pied ! Il est conduit par plusieurs adultes volontaires qui se relaient à tour de rôle, pour accompagner les enfants à l’école en toute sécurité.

Selon les communes et les écoles, le ou les pédibus effectuent le ramassage scolaire d’un certain nombre d’enfants. Une fois, deux fois ou tous les jours de la semaine ; les matins, midis et soirs. Des arrêts, disposés tous les 200 à 400 mètres le long du trajet défini, permettent de récupérer les enfants inscrits. Pour privilégier la sécurité des enfants et rendre le trajet le plus rapide possible, les arrêts sont souvent signalés par des panneaux. À chaque point de regroupement, des parents d’élèves et/ou des bénévoles assurent le ramassage au fur et à mesure de l’avancée du "convoi" d’enfants.

Parti d’une initiative locale danoise, "Marchons vers l’école" se développe rapidement en un événement international qui a lieu chaque année en octobre. Connue partout sous le nom "I walk to school", cette opération réunit aujourd’hui plus de 40 pays et près de 4 millions d’enfants, marchant tous ensemble vers et pour une planète en meilleure santé !

Vivre un pédibus : de nombreux avantages

C’est sympa et convivial : Pour les enfants, c’est l’occasion de se faire de nouveaux amis, pour les parents ce sont de nouvelles relations.

C’est sûr et assuré : Lorsque plus d’enfants vont à l’école à pied, le trafic automobile diminue. L’accès aux écoles devient plus sûr et les parents ont moins d’inquiétude.

C’est un excellent exercice pour la santé : On a besoin de 30 minutes d’activité par jour pour garder la forme. Aller à l’école à pied contribue à la prévention de l’obésité et permet d’arriver mieux réveillé, d’être plus disponible pour la première leçon.

C’est écologique et citoyen : Moins il y a de voitures sur les routes, moins il y a de pollution de l’air. Un trajet effectué à pied, ça ne pollue pas !

C’est éducatif et pédagogique : Le pédibus contribue à apprendre aux enfants la rue et ses dangers et les aidera à acquérir un comportement responsable.

C’est gratuit et économique : Les cinq premières minutes, un moteur froid consomme 35 % de carburant en plus et use plus vite sa mécanique. Le pédibus, c’est zéro dépense.

Créer un pédibus, mode d’emploi

Étape 1 : mobiliser. Qu’elle soit à l’initiative de la collectivité, de l’école ou bien des parents d’élèves (en association ou non), la mise en place d’un pédibus doit être accompagnée d’une communication favorisant la mobilisation de chacun. Il s’agit de rassembler les personnes autour du besoin de libérer l’entrée des écoles, de faire connaître le concept de pédibus. L’objectif principal de cette phase est de parvenir à mobiliser un noyau dur composé de représentants de la commune, de parents d’élèves et de l’école.

Étape 2 : former un groupe porteur du projet. Les premiers porteurs de projet rassembleront les personnes volontaires pour constituer un groupe de travail – porteur du projet comprenant, autant que possible :
 la municipalité : élus chargés des affaires scolaires, de la voirie ou des transports…, services techniques, police municipale…
 les parents (seuls ou en associations)
 les directeurs d’école et enseignants
 une ou plusieurs associations : de riverains, d’éducation à l’environnement, prévention routière, centres sociaux… On les réunira pour les informer du projet, élaborer et mettre en œuvre le plan d’action, réaliser un rétro-planning et distribuer les tâches.

Étape 3 : enquête. Le diagnostic issu de cette enquête permettra d’évaluer l’intérêt des élèves et de leurs parents avant la mise en place d’un pédibus, d’adapter au mieux les circuits, d’organiser leur fonctionnement de la manière la plus pertinente et d’apporter des solutions adaptées au contexte. L’enquête portera, pour chaque école, sur :
 la localisation des zones d’habitation des familles,
 les habitudes de déplacement des familles sur le trajet école-domicile, leurs attentes et leurs motivations à s’impliquer dans la démarche,
 l’accessibilité de l’école et l’identification des points noirs. Elle pourra être aussi l’occasion de réunir les premières pré-inscriptions des accompagnateurs et des enfants.

Étape 4 : organiser les lignes du pédibus. Il s’agit de déterminer les itinéraires des lignes de pédibus, fixer les points d’arrêts (à signaler), définir les horaires, désigner des référents de ligne, élaborer des chartes d’engagement pour les parents et les enfants, prévoir du matériel de sécurité.

Étape 5 : tester. L’intérêt de cette phase d’expérimentation est, d’une part, de vérifier la faisabilité, la pertinence de l’action, de calibrer les modalités de la mise en œuvre pour évaluer et préparer la pérennisation ; d’autre part, de donner de la visibilité et de la crédibilité à l’opération. Cette action peut s’étendre sur une journée, une semaine, voire plus. Le plus souvent, une journée test prend la forme de l’organisation d’un évènement festif.

Étape 6... pérenniser, bien sûr !

Alors, à vous de jouer...

Mariette Carles Chargée de projet "Marchons vers l’école" et Mme Fischer Chargée de communication, Mission Marchons vers l’école, au sein du Centre Permanent d’Initiatives pour l’environnement (CPIE) du Pays d’Aix

Pour passer à l’action ou avoir plus d’infos en région PACA : www.marchonsverslecole.com

Depuis 2002, la mission "Marchons vers l’école" (MVE) appuie les initiatives locales en région PACA pour permettre aux enfants d’aller à pied à l’école, accompagnés et en toute sécurité. Elle est co-financée par la Région PACA et l’ADEME.

Notes :

1 : Source : ADEME

2 : Marie-Christine Zélem, "Vitesse , mobilités et étalement urbain : le cercle vicieux ?", in Global Chance, "Vers la sortie de route ? - Les transports face aux défis de l’énergie et du climat", 2009

3 : European Environment Agency, "Greenhouse gas emissions in Europe : a retrospective trend analysis for the period 1990–2008)", 2011 ; Global Chance, op.cit.