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Revue de presse

Avril 2018 / PTB (ndf : Parti du Travail de Belgique)

Le pacte énergétique est une coquille vide. Le PTB veut un plan ambitieux pour une révolution sociale de l’énergie



auteur : 

Tom De Meester

Photo bondbeterleefmilieu / Flickr

Le PTB ne veut pas que le coût du Pacte énergétique soit facturé au petit consommateur, et il plaide pour plus d’ambition pour le climat. Pour le PTB, le pacte énergétique est une coquille vide ; ce sont les pouvoirs publics eux-mêmes qui doivent investir dans l’énergie durable et faire diminuer les émissions de CO2 de manière planifiée.

« C'est une bonne chose que le principe de la sortie du nucléaire pour 2025 ait été décidé, c’est une bonne chose, déclare le PTB. Pendant quatre mois, la NV-A a été la voix de la FEB et d’Engie-Electrabel. La sortie du nucléaire était soi-disant impayable et tout à fait impossible. Il s’avère que la NV-A avait tort, et entre-temps un temps précieux a été perdu. » Le PTB appelle les défenseurs de l’environnement à rester vigilants et à ne pas relâcher la pression : « La route d'ici à 2025 est encore longue. Le gouvernement a soumis la sortie du nucléaire à des conditions. Les centrales nucléaires ferment… sauf si elles doivent rester en fonctionnement "pour garantir la sécurité d’approvisionnement". Après quatre mois de discussions, le nœud n’est donc toujours pas définitivement tranché. La NV-A va certainement encore essayer de mettre des bâtons dans les roues. »

Une plus grande ambition pour le climat est nécessaire

« Une révolution de l’énergie verte en tant qu'alternative aux centrales nucléaires est parfaitement possible, explique Tom De Meester, spécialiste de l'énergie du PTB. Le Pacte énergétique promet 40% d’énergie verte en 2030. Une étude récente de l'organisation pour l'environnement Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace et WWF a calculé que même un pourcentage de 58% d’énergie renouvelable est parfaitement possible et abordable. Il faut juste que le gouvernement change radicalement de voie, parce qu'avec la politique actuelle nous allons droit dans le mur. »

Le PTB veut plus d’ambition pour le climat. « Pendant les quatre mois écoulés, il y a eu beaucoup de disputes sur la sortie du nucléaire, mais où reste donc cette alternative durable ? Le gouvernement actuel n’a simplement aucune vision, aucun plan. Le Pacte énergétique est plein de bonnes résolutions, mais est vide d’application concrète. Ce sont des mots en l’air. Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5° il faut plus qu’une liste de vaines promesses. » Le PTB plaide pour un plan détaillé comportant des objectifs contraignants pour réellement réduire l’émission de CO2. « Une production d’énergie durable, des économies d’énergie, des réseaux de chaleur, une mobilité durable, des investissements dans le stockage d’électricité, et une économie durable de l’hydrogène : voilà les leviers cruciaux en la matière. »

Le marché libre ne fonctionne pas

Le pacte énergétique promet le doublement du nombre des panneaux solaires, et il compte pour ce faire sur l’enthousiasme spontané du marché libre. Toutefois, depuis la suppression des subsides exorbitants en Flandre, aucun grand parc solaire n’a plus été construit dans cette région. Les investisseurs commerciaux ne sont pas du tout intéressés par un rendement de 5%. Et nous pourrons donc attendre encore longtemps la révolution verte. Il faut que le gouvernement prenne lui-même ses responsabilités et qu’il investisse dans une production publique d’énergie durable, qu’il investisse avec des coopératives citoyennes et les directions locales. L'énergie solaire et éolienne gérée par le public, tel est le système énergétique durable de demain. La priorité, c'est l'être humain et le climat, pas le profit maximal d’actionnaires privés. »

Le PTB s’oppose également à la taxe CO2 et au système actuel qui répercute immanquablement le coût de la transition vers l’énergie verte en continu sur le petit consommateur. « Désormais, le gouvernement envisage même de subsidier des centrales à gaz aux frais des consommateurs. D’un côté, les ministres de l’énergie veulent lever une taxe CO2 sur l’utilisation du gaz par les ménages, mais en même temps, le Pacte énergétique veut subsidier les centrales à gaz parce qu’elles sont nécessaires à notre approvisionnement en énergie. C’est absurde et injuste. Une fois de plus, les multinationales de l’énergie reçoivent des subsides, tandis que nous devons payer la facture. »

Ce sont les épaules les plus fortes qui doivent porter les charges les plus lourdes

Pour le PTB, « la transition vers l’énergie verte doit être financée de manière juste ». « Le Pacte énergétique répercute simplement la facture sur les familles, tandis qu'on ne charge en rien les épaules les plus fortes. Une "norme énergétique" veillera à ce que les grandes multinationales ne paient pas plus pour leur énergie que dans les pays voisins. Les coûts d’investissement dans l’énergie verte seront donc supportés par les familles et les petites entreprises. Les épaules les plus faibles porteront les charges les plus lourdes, tandis que le grand capital y échappera. »

Cette "norme énergétique" devrait aussi s’appliquer aux familles, prétendument pour protéger le pouvoir d’achat. Pour le PTB, cette affirmation n'a pas la moindre crédibilité : « Cela aussi figurait déjà dans l’accord de gouvernement, il y a quatre ans. Depuis, le prix de l’énergie a augmenté de.... 35% pour les familles. Et le gouvernement promet maintenant une "facture énergétique abordable" ? C'est se moquer des gens parce que c'est du mensonge pur. » Le PTB exige que les coûts d’investissement dans l’énergie verte soient retirés de la facture énergétique du consommateur : « Il est inacceptable que les bénéfices nucléaires disparaissent vers Engie et EDF, alors que la société supporte les frais d’investissement dans l’énergie verte. »

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