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Sortir du nucléaire n°22

Juillet 2003

Désinformation

Le nucléaire : une solution à l’effet de serre ?

Juillet 2003




Parler des problèmes environnementaux globaux qui touchent la planète, c’est parler des modes de vie qui engendrent ces problèmes. C’est le cas du changement climatique et du mode de production et de consommation de l’énergie (transports compris), principal responsable de ce problème. La production d’électricité par l’énergie nucléaire est parfois mise en avant comme la solution (ou l’une des solutions) au problème du changement climatique. Qu’en est-il exactement ?



État des lieux

Il existe différents gaz dits “gaz à effet de serre (GES)”, mais le dioxyde de carbone (CO2) est le plus répandu et sert de mesure d’équivalence pour les autres gaz (1). Le nucléaire produit en moyenne 35 g d’équivalent CO2/kWh, contre 400 à 500 g de CO2/kWh pour les centrales à pétrole et 1 200 g de CO2/kWh pour les centrales à charbon. Les énergies renouvelables produisent moins de 20 g de CO2/kWh (2), excepté l’énergie photovoltaïque qui varie entre 100 et 200 g de CO2/kWh. La faible teneur en gaz à effet de serre des émissions des centrales nucléaires est l’argument mis en avant pour proposer le nucléaire comme solution à l’effet de serre.


La place de l’électricité nucléaire : 7% de la consommation mondiale d’énergie

Le nucléaire est utilisé aujourd’hui dans le domaine de l’énergie pour produire de l’électricité. La production mondiale d’électricité en 2000 (11 000 TWh) était assurée à 16% par la filière nucléaire (7% de la production d’énergie), 64% par les combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz), le reste étant produit par les énergies renouvelables et le grand hydraulique.

Par ailleurs, le secteur de l’électricité, à l’échelle de la planète, représente aujourd’hui un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

De ces chiffres, il ressort que le nucléaire peut prétendre aujourd’hui, à réduire de 6% au maximum les émissions de gaz à effet de serre.


Questions posées :

- Toutes filières confondues, la production d’électricité prévue en 2010 est de 21 000 TWh (près du double par rapport à 2000). A cette échelle, qu’en serait-il si le nucléaire se développait sur une échelle 10 fois supérieure à celle d’aujourd’hui ?

- Le nucléaire permet-il et permettrait-il de réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre ?

Analyse critique

Substitution techniquement possible ou non ?

- Si on voulait remplacer une grande partie des énergies fossiles pour assurer l’augmentation de la demande d’électricité d’ici à 2010, il faudrait construire des centaines de réacteurs en huit ans (le record de 1984 a été de 38 réacteurs raccordés en un an).

- Les réserves en combustible nucléaire ne sont pas suffisantes pour des perspectives à long terme et à grande échelle (réserves connues à l’heure actuelle : 4 milliards de tonnes, soit environ 65 ans avec la consommation actuelle, source AIEA 2001). (3)

- Les déchets nucléaires poseront des problèmes de stockage et de retraitement prononcés car pour le moment aucune solution de confinement adaptée n’est disponible pour le court terme, et encore moins pour le long terme.

- Seuls les réseaux électriques des pays développés peuvent supporter les puissances considérables délivrées par les réacteurs actuels. De plus, le nucléaire s’appuie sur une forme centralisée de la production d’énergie, ce qui n’est pas sans implications et contraintes de différentes natures (politiques, pratiques, sociales et économiques) et des pertes au niveau de l’efficacité énergétique dues au transport de l’électricité.


Substitution économiquement rentable ?

La raison principale qui explique l’abandon progressif du nucléaire dans le monde est de nature économique. Les nouvelles usines nucléaires ont un coût nettement plus élevé par kWh que les nouvelles usines fonctionnant au gaz à cycle combiné, qui sont également peu émettrices (représentant environ un quart des émissions d’une usine de charbon). Mais ces mêmes usines de gaz sont quasiment battues au niveau du prix par les éoliennes modernes à très faibles émissions carbonées (inférieures à celles du nucléaire). Si un impôt de carbone parvenait à aider les usines nucléaires à être plus concurrentes sur le marché, il aiderait davantage leurs concurrents meilleur marché et déjà développés (entre autres ,certaines énergies renouvelables, le gaz en cogénération, etc.)

L’argent dépensé en France et dans le monde monopolise des sommes qui, si elles étaient dépensées en des alternatives moins chères, serait plus favorable au climat (4). La consommation capitalistique du nucléaire est telle qu’elle limite considérablement les possibilités d’évolution du reste du secteur énergétique (5).

Et même si c’était possible, ce ne serait pas la solution à l’effet de serre

Et même si on y arrivait, resteraient les émissions des autres secteurs d’activité (habitat, transport, agriculture), à l’origine de plus 60% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

En France, par exemple, le secteur de l’énergie ne représente que 11% des émissions de gaz à effet de serre. Le nucléaire représente, en 2002, 76% de la production d’électricité et l’électricité nucléaire représente 16% de la consommation d’énergie en France, transports compris .

Le nucléaire ne peut pas remédier aux émissions liées à l’agriculture, à l’industrie et aux déchets. Il pourrait éventuellement intervenir au niveau des transports si l’on choisissait l’option généralisée des voitures électriques. Mais cette option, en plus de ses problèmes intrinsèques, obligerait à répandre sur le territoire français des centaines de réacteurs nucléaires. Ce qui nous renvoie aux points abordés ci-dessous sur les risques et autres nuisances d’un développement accentué de l’électricité nucléaire.


Répartition des émissions par secteur d’activité en France pour l’année 2001

Le nucléaire nécessite (pour subvenir aux fortes demandes hivernales du chauffage électrique) un secteur d’appoint qui, pour le moment, est produit par les centrales thermiques, grandes émettrices de gaz à effet de serre. De plus, le chauffage électrique est un chauffage très faiblement efficace (entre 1/4 et 1/3 de l’énergie produite - et payée - est réellement utilisée pour chauffer l’air de la pièce) (6). Le nucléaire nécessite donc un complément fioul, gaz ou autre pour répondre aux besoins de chauffage des bâtiments. Or, combiné avec un carburant “ classique ”, le nucléaire se fait aisément concurrencer en terme d’émissions, en comparaison des énergies utilisant la cogénération, de type biogaz, etc.

Et il faut aussi prendre en compte les risques inhérents au nucléaire :

- Le risque de criticité et d’accidents deviendrait considérablement plus élevé, exposant la planète à un risque tout aussi peu souhaitable que le changement climatique.

- Si le parc électronucléaire, ainsi disséminé dans le monde entier, était multiplié par trois en 2010, qu’adviendrait-il des déchets nucléaires dont on ne sait déjà que faire ?

- Par chance, les derniers conflits et attentats ont épargné les réacteurs en fonctionnement et les centres de stockage des déchets…

Nos propositions :

La maîtrise de l’énergie d’une part et les énergies renouvelables d’autre part fournissent ensemble une solution …

- Efficace…

L’éolien ou l’hydraulique produisent moins de gaz à effet de serre que le nucléaire (respectivement 20 g et 33 g d’équivalent CO2/kWh). Les filières bois-gaz ou biogaz (ou méthane) en cogénération sont encore moins émettrices . Ces énergies peuvent remplacer le nucléaire .

Le nucléaire, c’est aussi une culture de l’offre aboutissant à un gaspillage. La maîtrise de l’énergie est l’autre clé de la réponse. L’énergie qui pollue le moins est celle qu’on ne produit pas.

- Source d’indépendance énergétique et de décentralisation

Le nucléaire ne procure pas à la France l’indépendance énergétique puisqu’elle est dépendante des importations d’uranium. Au contraire, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique procurent cette indépendance et, par ailleurs, permettent d’avoir une production décentralisée répondant plus efficacement à la demande (et avec moins de nuisances dues aux transports de l’énergie sur le territoire).

- Propre…

Moins de gaz à effet de serre et pas de déchets nucléaires : qui dit mieux ?

- Moins chère…

Le coût de la diminution des émissions de CO2 se calcule en divisant le coût du remplacement d’une centrale au charbon par le tonnage de CO2 évité avec le nouvel équipement. Le résultat est sans appel : même en prenant les coûts les plus faibles pour le nucléaire (7), il reste trois à quatre fois plus cher qu’une combinaison “écologique” des moyens de production (turbine à gaz, cogénération, énergies renouvelables). Quant aux économies d’énergie, faut-il encore souligner leur rentabilité ?


Conclusion

Si nous devons lutter contre le changement climatique, c’est pour laisser aux générations futures (et présentes) une Terre habitable dans les meilleures conditions possibles. Il est donc absurde de poursuivre cet objectif avec l’usage du nucléaire. Dans le contexte du développement durable, le nucléaire n’est nulle part reconnu comme durable dans les textes.

Aujourd’hui, il est nécessaire et urgent d’aller vers des sociétés basées sur des ressources renouvelables et économisant les stocks non renouvelables.
Pour en savoir plus :

- Brochure Effet de serre et dérèglements climatiques, éditée par le Réseau Action Climat.

Un excellent outil pour comprendre et pour agir individuellement dans les transports , la maison, les achats quotidiens, le travail ou les loisirs. Pour la recevoir, envoyer 4 timbres à 0,50 euros au Réseau « Sortir du nucléaire », 9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

- Changement climatique et nucléaire, de Wise-Paris pour le WWF, avril 2000. Brochure de 20 pages : 4 euros (port compris) à commander au Réseau « Sortir du nucléaire ».
Sabine Rabourdin

Réseau Action Climat France

Tel. 01 48 58 83 92

www.rac.f.org
(1) Les équivalences sont déterminées à l’aide du potentiel de réchauffement global (voir le rapport 1 du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, www.ipcc.ch)

(2) Les filières bois et biogaz substituent une émission de CH4 par une émission de CO2 à plus faible potentiel de réchauffement, ce qui a donc un impact positif sur le changement climatique.

(3) Pour info, 1025 réacteurs de 1000 MW en plus (nombre de réacteurs qui permettraient de remplacer les énergies fossiles) épuiseraient les réserves d’uranium en trois ans (calculs effectués à partir des données AIEA, avec une consommation d’énergie prévue en 2010 de 12 400 Mtep).

(4) Amory B. Lovins, Rocky Mountain Institute (USA).

(5) Cf. les modèles KIO1 et KIO2 adoptés par les Finlandais en 2001 : c’était l’option utilisant le gaz et non l’option nucléaire qui était la moins émettrice de GES !

(6) AERES pour Greenpeace France, Etude sur le chauffage électrique en France, novembre 2002.

(7) Le prix de l’électricité d’origine nucléaire ne peut être déterminé qu’arbitrairement par les gouvernements en accord avec l’AIEA, (dont les statuts imposent la promotion de l’énergie nucléaire avec droit de regard sur les autres agences de l’ONU, dont l’OMS). Ce type d’énergie a besoin pendant des milliers d’années de la participation financière des contribuables, car son prix de vente ne tient pas compte des éléments suivants :

- coût absent d’une assurance responsabilité civile en cas d’accident,

- coût non suffisamment provisionné (en France) du démantèlement des centrales en fin de vie,

- coût non imputé de la recherche publique,

- coût du recyclage des déchets dans la biosphère (absolument incalculable pour incompatibilité entre les échelles de temps),

- coût sanitaire dû aux rejets radioactifs autorisés ou légaux.

État des lieux

Il existe différents gaz dits “gaz à effet de serre (GES)”, mais le dioxyde de carbone (CO2) est le plus répandu et sert de mesure d’équivalence pour les autres gaz (1). Le nucléaire produit en moyenne 35 g d’équivalent CO2/kWh, contre 400 à 500 g de CO2/kWh pour les centrales à pétrole et 1 200 g de CO2/kWh pour les centrales à charbon. Les énergies renouvelables produisent moins de 20 g de CO2/kWh (2), excepté l’énergie photovoltaïque qui varie entre 100 et 200 g de CO2/kWh. La faible teneur en gaz à effet de serre des émissions des centrales nucléaires est l’argument mis en avant pour proposer le nucléaire comme solution à l’effet de serre.


La place de l’électricité nucléaire : 7% de la consommation mondiale d’énergie

Le nucléaire est utilisé aujourd’hui dans le domaine de l’énergie pour produire de l’électricité. La production mondiale d’électricité en 2000 (11 000 TWh) était assurée à 16% par la filière nucléaire (7% de la production d’énergie), 64% par les combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz), le reste étant produit par les énergies renouvelables et le grand hydraulique.

Par ailleurs, le secteur de l’électricité, à l’échelle de la planète, représente aujourd’hui un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

De ces chiffres, il ressort que le nucléaire peut prétendre aujourd’hui, à réduire de 6% au maximum les émissions de gaz à effet de serre.


Questions posées :

- Toutes filières confondues, la production d’électricité prévue en 2010 est de 21 000 TWh (près du double par rapport à 2000). A cette échelle, qu’en serait-il si le nucléaire se développait sur une échelle 10 fois supérieure à celle d’aujourd’hui ?

- Le nucléaire permet-il et permettrait-il de réduire efficacement les émissions de gaz à effet de serre ?

Analyse critique

Substitution techniquement possible ou non ?

- Si on voulait remplacer une grande partie des énergies fossiles pour assurer l’augmentation de la demande d’électricité d’ici à 2010, il faudrait construire des centaines de réacteurs en huit ans (le record de 1984 a été de 38 réacteurs raccordés en un an).

- Les réserves en combustible nucléaire ne sont pas suffisantes pour des perspectives à long terme et à grande échelle (réserves connues à l’heure actuelle : 4 milliards de tonnes, soit environ 65 ans avec la consommation actuelle, source AIEA 2001). (3)

- Les déchets nucléaires poseront des problèmes de stockage et de retraitement prononcés car pour le moment aucune solution de confinement adaptée n’est disponible pour le court terme, et encore moins pour le long terme.

- Seuls les réseaux électriques des pays développés peuvent supporter les puissances considérables délivrées par les réacteurs actuels. De plus, le nucléaire s’appuie sur une forme centralisée de la production d’énergie, ce qui n’est pas sans implications et contraintes de différentes natures (politiques, pratiques, sociales et économiques) et des pertes au niveau de l’efficacité énergétique dues au transport de l’électricité.


Substitution économiquement rentable ?

La raison principale qui explique l’abandon progressif du nucléaire dans le monde est de nature économique. Les nouvelles usines nucléaires ont un coût nettement plus élevé par kWh que les nouvelles usines fonctionnant au gaz à cycle combiné, qui sont également peu émettrices (représentant environ un quart des émissions d’une usine de charbon). Mais ces mêmes usines de gaz sont quasiment battues au niveau du prix par les éoliennes modernes à très faibles émissions carbonées (inférieures à celles du nucléaire). Si un impôt de carbone parvenait à aider les usines nucléaires à être plus concurrentes sur le marché, il aiderait davantage leurs concurrents meilleur marché et déjà développés (entre autres ,certaines énergies renouvelables, le gaz en cogénération, etc.)

L’argent dépensé en France et dans le monde monopolise des sommes qui, si elles étaient dépensées en des alternatives moins chères, serait plus favorable au climat (4). La consommation capitalistique du nucléaire est telle qu’elle limite considérablement les possibilités d’évolution du reste du secteur énergétique (5).

Et même si c’était possible, ce ne serait pas la solution à l’effet de serre

Et même si on y arrivait, resteraient les émissions des autres secteurs d’activité (habitat, transport, agriculture), à l’origine de plus 60% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

En France, par exemple, le secteur de l’énergie ne représente que 11% des émissions de gaz à effet de serre. Le nucléaire représente, en 2002, 76% de la production d’électricité et l’électricité nucléaire représente 16% de la consommation d’énergie en France, transports compris .

Le nucléaire ne peut pas remédier aux émissions liées à l’agriculture, à l’industrie et aux déchets. Il pourrait éventuellement intervenir au niveau des transports si l’on choisissait l’option généralisée des voitures électriques. Mais cette option, en plus de ses problèmes intrinsèques, obligerait à répandre sur le territoire français des centaines de réacteurs nucléaires. Ce qui nous renvoie aux points abordés ci-dessous sur les risques et autres nuisances d’un développement accentué de l’électricité nucléaire.


Répartition des émissions par secteur d’activité en France pour l’année 2001

Le nucléaire nécessite (pour subvenir aux fortes demandes hivernales du chauffage électrique) un secteur d’appoint qui, pour le moment, est produit par les centrales thermiques, grandes émettrices de gaz à effet de serre. De plus, le chauffage électrique est un chauffage très faiblement efficace (entre 1/4 et 1/3 de l’énergie produite - et payée - est réellement utilisée pour chauffer l’air de la pièce) (6). Le nucléaire nécessite donc un complément fioul, gaz ou autre pour répondre aux besoins de chauffage des bâtiments. Or, combiné avec un carburant “ classique ”, le nucléaire se fait aisément concurrencer en terme d’émissions, en comparaison des énergies utilisant la cogénération, de type biogaz, etc.

Et il faut aussi prendre en compte les risques inhérents au nucléaire :

- Le risque de criticité et d’accidents deviendrait considérablement plus élevé, exposant la planète à un risque tout aussi peu souhaitable que le changement climatique.

- Si le parc électronucléaire, ainsi disséminé dans le monde entier, était multiplié par trois en 2010, qu’adviendrait-il des déchets nucléaires dont on ne sait déjà que faire ?

- Par chance, les derniers conflits et attentats ont épargné les réacteurs en fonctionnement et les centres de stockage des déchets…

Nos propositions :

La maîtrise de l’énergie d’une part et les énergies renouvelables d’autre part fournissent ensemble une solution …

- Efficace…

L’éolien ou l’hydraulique produisent moins de gaz à effet de serre que le nucléaire (respectivement 20 g et 33 g d’équivalent CO2/kWh). Les filières bois-gaz ou biogaz (ou méthane) en cogénération sont encore moins émettrices . Ces énergies peuvent remplacer le nucléaire .

Le nucléaire, c’est aussi une culture de l’offre aboutissant à un gaspillage. La maîtrise de l’énergie est l’autre clé de la réponse. L’énergie qui pollue le moins est celle qu’on ne produit pas.

- Source d’indépendance énergétique et de décentralisation

Le nucléaire ne procure pas à la France l’indépendance énergétique puisqu’elle est dépendante des importations d’uranium. Au contraire, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique procurent cette indépendance et, par ailleurs, permettent d’avoir une production décentralisée répondant plus efficacement à la demande (et avec moins de nuisances dues aux transports de l’énergie sur le territoire).

- Propre…

Moins de gaz à effet de serre et pas de déchets nucléaires : qui dit mieux ?

- Moins chère…

Le coût de la diminution des émissions de CO2 se calcule en divisant le coût du remplacement d’une centrale au charbon par le tonnage de CO2 évité avec le nouvel équipement. Le résultat est sans appel : même en prenant les coûts les plus faibles pour le nucléaire (7), il reste trois à quatre fois plus cher qu’une combinaison “écologique” des moyens de production (turbine à gaz, cogénération, énergies renouvelables). Quant aux économies d’énergie, faut-il encore souligner leur rentabilité ?


Conclusion

Si nous devons lutter contre le changement climatique, c’est pour laisser aux générations futures (et présentes) une Terre habitable dans les meilleures conditions possibles. Il est donc absurde de poursuivre cet objectif avec l’usage du nucléaire. Dans le contexte du développement durable, le nucléaire n’est nulle part reconnu comme durable dans les textes.

Aujourd’hui, il est nécessaire et urgent d’aller vers des sociétés basées sur des ressources renouvelables et économisant les stocks non renouvelables.
Pour en savoir plus :

- Brochure Effet de serre et dérèglements climatiques, éditée par le Réseau Action Climat.

Un excellent outil pour comprendre et pour agir individuellement dans les transports , la maison, les achats quotidiens, le travail ou les loisirs. Pour la recevoir, envoyer 4 timbres à 0,50 euros au Réseau « Sortir du nucléaire », 9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

- Changement climatique et nucléaire, de Wise-Paris pour le WWF, avril 2000. Brochure de 20 pages : 4 euros (port compris) à commander au Réseau « Sortir du nucléaire ».
Sabine Rabourdin

Réseau Action Climat France

Tel. 01 48 58 83 92

www.rac.f.org
(1) Les équivalences sont déterminées à l’aide du potentiel de réchauffement global (voir le rapport 1 du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, www.ipcc.ch)

(2) Les filières bois et biogaz substituent une émission de CH4 par une émission de CO2 à plus faible potentiel de réchauffement, ce qui a donc un impact positif sur le changement climatique.

(3) Pour info, 1025 réacteurs de 1000 MW en plus (nombre de réacteurs qui permettraient de remplacer les énergies fossiles) épuiseraient les réserves d’uranium en trois ans (calculs effectués à partir des données AIEA, avec une consommation d’énergie prévue en 2010 de 12 400 Mtep).

(4) Amory B. Lovins, Rocky Mountain Institute (USA).

(5) Cf. les modèles KIO1 et KIO2 adoptés par les Finlandais en 2001 : c’était l’option utilisant le gaz et non l’option nucléaire qui était la moins émettrice de GES !

(6) AERES pour Greenpeace France, Etude sur le chauffage électrique en France, novembre 2002.

(7) Le prix de l’électricité d’origine nucléaire ne peut être déterminé qu’arbitrairement par les gouvernements en accord avec l’AIEA, (dont les statuts imposent la promotion de l’énergie nucléaire avec droit de regard sur les autres agences de l’ONU, dont l’OMS). Ce type d’énergie a besoin pendant des milliers d’années de la participation financière des contribuables, car son prix de vente ne tient pas compte des éléments suivants :

- coût absent d’une assurance responsabilité civile en cas d’accident,

- coût non suffisamment provisionné (en France) du démantèlement des centrales en fin de vie,

- coût non imputé de la recherche publique,

- coût du recyclage des déchets dans la biosphère (absolument incalculable pour incompatibilité entre les échelles de temps),

- coût sanitaire dû aux rejets radioactifs autorisés ou légaux.



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