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Sortir du nucléaire n°33

Décembre 2006

Fusion nucléaire

Le monstre ITER, premiers dégâts sur l’environnement

Décembre 2006




L’accord international sur la construction du réacteur ITER (fusion nucléaire) a été signé en grande pompe le 21 novembre 2006 à l’Elysée, le président Chirac en profitant pour délivrer un énième grand discours sur l’avenir de la planète, qu’il entend préserver... grâce au nucléaire. D’ailleurs, on a pu lire et entendre un peu partout qu’ITER était la promesse d’une énergie "illimitée, propre, sans danger, et peu chère". Mensonges ! ITER de sa construction à son démantèlement est un monstre dévastateur.



Du 13 novembre au 20 décembre 2006 s’est déroulée l’enquête publique ITER, concernant l’itinéraire. Ce qui va suivre n’est pas très difficile à deviner et le verdict déjà connu : une commission rendra un avis positif au préfet des Bouches-du-Rhône qui signera l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de l’itinéraire ITER, avec la mise en compatibilité des POS (Plan d’Occupation des Sols) et PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) ainsi que le déclassement d’Espaces Boisés Classés sur les communes de Charleval, La Roque d’Anthéron et Rognes.
Et avec ce DUP, l’administration se donne quasiment tous les droits : procédures d’expropriation dans un délai très court et sans qu’aucune contestation ne soit possible. C’est le passage en force.

Des zones naturelles classées fortement ébranlées

Commencera alors une longue période de graves dégâts environnementaux. Dès 2007 commenceront les travaux préparant la venue de 300 convois exceptionnels de l’étang de Berre (où la majeure partie des composants arriveront par bateaux en provenance des pays partenaires) à Cadarache (site du Commissariat à l’énergie atomique où doit être implanté ITER), soit environ 100 km.
L’itinéraire va traverser des zones naturelles classées (réseau Natura 2000) qui vont être fortement ébranlées.

Le passage des premiers convois est en effet prévu pour l’été 2009. Et avec ITER, on est dans le gigantisme : les plus lourds convois pèseront 900 tonnes ! Les plus longs 60 mètres ! Les plus larges 10,60 mètres ! Et les plus hauts 9,10 mètres !
Ce qui va nécessiter abattage d’arbres, démolition et reconstruction de ponts, surélévation de pylônes très haute tension, élargissement de routes, aménagement de traversées d’autoroutes, de carrefours, modifications et remplacements d’équipements de la route, etc. Coût de l’itinéraire : 81 millions d’euros.

Dès 2007-2008, les dégâts se situeront également au nord-est du centre nucléaire de Cadarache, dans une belle forêt domaniale, un terrain public géré actuellement par l’ONF (Office National des Forêts) que la France met à disposition de l’entité internationale ITER, à titre gracieux, jusqu’à cessation définitive d’activité. Pour construire ITER, 180 hectares de forêt domaniale seront détruits et il faut ajouter les terrains au moins aussi grands situés au sud du CEA et sur lesquels vont être déposés les matériaux extraits de l’excavation avec comblement probable d’un vallon (car le réacteur sera largement enterré, de 25 mètres, sur un total de 75 mètres de hauteur !).

Cette forêt est biologiquement très riche, de part la diversité des essences et l’âge des peuplements. Sa grande richesse réside également dans sa flore et sa faune, déjà très déstabilisée par les nombreux sondages de terrain. Sondages qui laissent penser que les travaux empièteront largement au delà de cette zone.
A brève échéance sont également menacés le parc à mouflons de Cadarache (où se trouve la population de mouflons la plus pure de France génétiquement) et l’avifaune du confluent Durance-Verdon, la seconde de Provence après celle de Camargue en nombre d’espèces et de population.

Un impact sur l’environnement monumental

L’empreinte écologique du réacteur [construction et démantèlement de ce “tokamak” de 840 m3 dans lequel la température devra dépasser les 100 millions de degrés pour tenter de faire fusionner deutérium et tritium] sera monumentale ! Il peut être utile de rappeler qu’ITER ne produira jamais d’électricité, mais en consommera énormément : 600 GW/h par an et ceci pendant ses vingt années de fonctionnement, soit environ la consommation annuelle d’une ville de 100 000 habitants ! ITER aura également de gros besoins en eau : 340 litres par seconde lors des refroidissements (1,5 millions de mètres cubes d’eau annuels).

Et le pire reste à craindre avec les conséquences de ces expérimentations sur le vivant (2016-2036…).

On ne peut croire qu’un projet d’avenir puisse naître dans un tel irrespect des milieux naturels et des hommes (gaspillage en tout genre, dangers pour les populations, mascarade de débat public se déroulant une fois les décisions prises, etc.)

Dès le début avec ITER, on est très, très loin des projets sobres en énergie, respectueux de la planète, que seront nécessairement les vrais projets d’avenir. Pendant des dizaines d’années, ITER ne produira pas d’électricité, mais en consommera au contraire d’immenses quantités. De nombreux physiciens, dont deux Prix Nobel (le Français, Pierre-Gilles de Gennes et le Japonais, Matatoshi Koshiba) estiment qu’Iter a fort peu de chances d’aboutir un jour.

De plus, même si l’expérience se montrait concluante, ce qui est loin d’être évident, des réacteurs de type industriel utilisant la fusion ne pourraient voir le jour avant 2100. Ce qui est évidemment bien trop tard. C’est maintenant qu’il nous faut agir contre le réchauffement climatique, pas au siècle prochain !

Pourquoi tenter de reproduire dangereusement ce qui se passe au sein des étoiles alors qu’un bel astre luit au-dessus de nos têtes, et en Provence particulièrement, dont l’énergie, propre, accessible à tous et ne compromettant pas la vie future, ne demande qu’à être mieux utilisée.

ITER : une erreur majeure

ITER est une erreur majeure, voire même un mensonge international. Car comment les dirigeants de nos pays si développés pourraient-ils ignorer ces faits !?…

Les travaux n’ont pas encore démarré et nous devons continuer de faire entendre une forte opposition à ce projet nucléaire irresponsable, à ce gaspillage d’argent honteux. Un collectif STOP ITER existe déjà et ne demande qu’à être renforcé. Si vous souhaitez que votre association figure dans ce collectif, prenez contact avec nous (contact ci-dessous).

L’association Médiane et le Réseau “Sortir du nucléaire”, avec le soutien de plusieurs associations et partis politiques de la région ont déjà organisé deux manifestations régionales contre ITER en 2004 et 2005. Nous avions également obtenu l’annulation de la séance d’ouverture du “débat public” bidon l’hiver dernier.

Nous venons d’apprendre que Nîmes serait la première ville de France à recevoir “l’exposition mondiale ITER” pour une durée de 3 semaines. Inauguration prévue le mercredi 28 mars 2007. Ce sera à n’en pas douter une propagande démesurée et nous appelons à une manifestation ce jour-là. Contactez-nous début 2007 pour en savoir plus ou consultez le site Internet du Réseau.
Deux prix Nobel atomisent ITER

Professeur Masatoshi Koshiba :
Prix Nobel de physique 2002, il conteste le bien-fondé d’ITER. Il accuse les promoteurs d’ITER de vouloir faire prendre des “vessies pour des lanternes”. Pour M. Koshiba, ITER ne remplit pas "un certain nombre de conditions, à savoir la sûreté et les coûts économiques" [1], pour s’affirmer comme une prochaine source d’énergie quasi inépuisable. M. Koshiba a expliqué dès le 10 mars 2003 que "Le réacteur nucléaire ITER, qui brûle du tritium, est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination de l’environnement. Les 2 kg de tritium circulant dans ITER pourraient tuer 2 millions de personnes. Le flux radioactif de 2 kg de tritium est à peu près du même niveau que celui produit par l’accident de Tchernobyl.

Pierre-Gilles de Gennes :
Prix Nobel de physique en 1991, il déclare “Les gouvernements européens, de même que Bruxelles, se sont rués sur le réacteur expérimental Iter sans avoir mené aucune réflexion sérieuse sur l’impact possible de ce gigantesque projet” [2]. Il affirme d’autre part : “Quoique grand défenseur des grosses machines il y a trente ans, et ancien ingénieur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), je n’y crois malheureusement plus, même si j’ai connu les débuts enthousiastes de la fusion dans les années 1960. Un réacteur de fusion, c’est à la fois Superphénix et La Hague au même endroit.”

[1] Source : AFP Tokyo, 30-01-2004
[2] Source : Les Echos - Jeudi 12 janvier 2006

Agissez !

- Signez l’Appel “Non à ITER” sur le site : www.sortirdunucleaire.fr

- Participez au rassemblement du 28 mars à Nimes (devant l’immeuble le Colysée, prés du rond-point des Nations Unies).
Infos à venir sur :
www.sortirdunucleaire.fr

- Soutenez l’action de l’association locale MEDIANE en adhérant ou en envoyant un don, même minime à :
MEDIANE c/o M C A
167 rue Résini
84120 Pertuis
E-mail : a.mediane@free.fr
Tél. 04 90 07 30 92
Antoine CALANDRA
Association MEDIANE et Conseil d’Administration du Réseau "Sortir du nucléaire"
a.mediane@free.fr

Du 13 novembre au 20 décembre 2006 s’est déroulée l’enquête publique ITER, concernant l’itinéraire. Ce qui va suivre n’est pas très difficile à deviner et le verdict déjà connu : une commission rendra un avis positif au préfet des Bouches-du-Rhône qui signera l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de l’itinéraire ITER, avec la mise en compatibilité des POS (Plan d’Occupation des Sols) et PLU (Plans Locaux d’Urbanisme) ainsi que le déclassement d’Espaces Boisés Classés sur les communes de Charleval, La Roque d’Anthéron et Rognes.
Et avec ce DUP, l’administration se donne quasiment tous les droits : procédures d’expropriation dans un délai très court et sans qu’aucune contestation ne soit possible. C’est le passage en force.

Des zones naturelles classées fortement ébranlées

Commencera alors une longue période de graves dégâts environnementaux. Dès 2007 commenceront les travaux préparant la venue de 300 convois exceptionnels de l’étang de Berre (où la majeure partie des composants arriveront par bateaux en provenance des pays partenaires) à Cadarache (site du Commissariat à l’énergie atomique où doit être implanté ITER), soit environ 100 km.
L’itinéraire va traverser des zones naturelles classées (réseau Natura 2000) qui vont être fortement ébranlées.

Le passage des premiers convois est en effet prévu pour l’été 2009. Et avec ITER, on est dans le gigantisme : les plus lourds convois pèseront 900 tonnes ! Les plus longs 60 mètres ! Les plus larges 10,60 mètres ! Et les plus hauts 9,10 mètres !
Ce qui va nécessiter abattage d’arbres, démolition et reconstruction de ponts, surélévation de pylônes très haute tension, élargissement de routes, aménagement de traversées d’autoroutes, de carrefours, modifications et remplacements d’équipements de la route, etc. Coût de l’itinéraire : 81 millions d’euros.

Dès 2007-2008, les dégâts se situeront également au nord-est du centre nucléaire de Cadarache, dans une belle forêt domaniale, un terrain public géré actuellement par l’ONF (Office National des Forêts) que la France met à disposition de l’entité internationale ITER, à titre gracieux, jusqu’à cessation définitive d’activité. Pour construire ITER, 180 hectares de forêt domaniale seront détruits et il faut ajouter les terrains au moins aussi grands situés au sud du CEA et sur lesquels vont être déposés les matériaux extraits de l’excavation avec comblement probable d’un vallon (car le réacteur sera largement enterré, de 25 mètres, sur un total de 75 mètres de hauteur !).

Cette forêt est biologiquement très riche, de part la diversité des essences et l’âge des peuplements. Sa grande richesse réside également dans sa flore et sa faune, déjà très déstabilisée par les nombreux sondages de terrain. Sondages qui laissent penser que les travaux empièteront largement au delà de cette zone.
A brève échéance sont également menacés le parc à mouflons de Cadarache (où se trouve la population de mouflons la plus pure de France génétiquement) et l’avifaune du confluent Durance-Verdon, la seconde de Provence après celle de Camargue en nombre d’espèces et de population.

Un impact sur l’environnement monumental

L’empreinte écologique du réacteur [construction et démantèlement de ce “tokamak” de 840 m3 dans lequel la température devra dépasser les 100 millions de degrés pour tenter de faire fusionner deutérium et tritium] sera monumentale ! Il peut être utile de rappeler qu’ITER ne produira jamais d’électricité, mais en consommera énormément : 600 GW/h par an et ceci pendant ses vingt années de fonctionnement, soit environ la consommation annuelle d’une ville de 100 000 habitants ! ITER aura également de gros besoins en eau : 340 litres par seconde lors des refroidissements (1,5 millions de mètres cubes d’eau annuels).

Et le pire reste à craindre avec les conséquences de ces expérimentations sur le vivant (2016-2036…).

On ne peut croire qu’un projet d’avenir puisse naître dans un tel irrespect des milieux naturels et des hommes (gaspillage en tout genre, dangers pour les populations, mascarade de débat public se déroulant une fois les décisions prises, etc.)

Dès le début avec ITER, on est très, très loin des projets sobres en énergie, respectueux de la planète, que seront nécessairement les vrais projets d’avenir. Pendant des dizaines d’années, ITER ne produira pas d’électricité, mais en consommera au contraire d’immenses quantités. De nombreux physiciens, dont deux Prix Nobel (le Français, Pierre-Gilles de Gennes et le Japonais, Matatoshi Koshiba) estiment qu’Iter a fort peu de chances d’aboutir un jour.

De plus, même si l’expérience se montrait concluante, ce qui est loin d’être évident, des réacteurs de type industriel utilisant la fusion ne pourraient voir le jour avant 2100. Ce qui est évidemment bien trop tard. C’est maintenant qu’il nous faut agir contre le réchauffement climatique, pas au siècle prochain !

Pourquoi tenter de reproduire dangereusement ce qui se passe au sein des étoiles alors qu’un bel astre luit au-dessus de nos têtes, et en Provence particulièrement, dont l’énergie, propre, accessible à tous et ne compromettant pas la vie future, ne demande qu’à être mieux utilisée.

ITER : une erreur majeure

ITER est une erreur majeure, voire même un mensonge international. Car comment les dirigeants de nos pays si développés pourraient-ils ignorer ces faits !?…

Les travaux n’ont pas encore démarré et nous devons continuer de faire entendre une forte opposition à ce projet nucléaire irresponsable, à ce gaspillage d’argent honteux. Un collectif STOP ITER existe déjà et ne demande qu’à être renforcé. Si vous souhaitez que votre association figure dans ce collectif, prenez contact avec nous (contact ci-dessous).

L’association Médiane et le Réseau “Sortir du nucléaire”, avec le soutien de plusieurs associations et partis politiques de la région ont déjà organisé deux manifestations régionales contre ITER en 2004 et 2005. Nous avions également obtenu l’annulation de la séance d’ouverture du “débat public” bidon l’hiver dernier.

Nous venons d’apprendre que Nîmes serait la première ville de France à recevoir “l’exposition mondiale ITER” pour une durée de 3 semaines. Inauguration prévue le mercredi 28 mars 2007. Ce sera à n’en pas douter une propagande démesurée et nous appelons à une manifestation ce jour-là. Contactez-nous début 2007 pour en savoir plus ou consultez le site Internet du Réseau.
Deux prix Nobel atomisent ITER

Professeur Masatoshi Koshiba :
Prix Nobel de physique 2002, il conteste le bien-fondé d’ITER. Il accuse les promoteurs d’ITER de vouloir faire prendre des “vessies pour des lanternes”. Pour M. Koshiba, ITER ne remplit pas "un certain nombre de conditions, à savoir la sûreté et les coûts économiques" [1], pour s’affirmer comme une prochaine source d’énergie quasi inépuisable. M. Koshiba a expliqué dès le 10 mars 2003 que "Le réacteur nucléaire ITER, qui brûle du tritium, est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination de l’environnement. Les 2 kg de tritium circulant dans ITER pourraient tuer 2 millions de personnes. Le flux radioactif de 2 kg de tritium est à peu près du même niveau que celui produit par l’accident de Tchernobyl.

Pierre-Gilles de Gennes :
Prix Nobel de physique en 1991, il déclare “Les gouvernements européens, de même que Bruxelles, se sont rués sur le réacteur expérimental Iter sans avoir mené aucune réflexion sérieuse sur l’impact possible de ce gigantesque projet” [2]. Il affirme d’autre part : “Quoique grand défenseur des grosses machines il y a trente ans, et ancien ingénieur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), je n’y crois malheureusement plus, même si j’ai connu les débuts enthousiastes de la fusion dans les années 1960. Un réacteur de fusion, c’est à la fois Superphénix et La Hague au même endroit.”

[1] Source : AFP Tokyo, 30-01-2004
[2] Source : Les Echos - Jeudi 12 janvier 2006

Agissez !

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