Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°45

Avril 2010

Tribune libre

Le Réseau, c’est vous ! Cette revue, c’est la vôtre !

Avril 2010




Vous souhaitez réagir ou faire une proposition d’article au Réseau “Sortir du nucléaire” ?
N’hésitez pas à écrire à : xavier.rabilloud@sortirdunucleaire.fr



PAC = Pompe à chaleur = Pas à conseiller !

Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour regretter – avec raison ! - la publication dans les colonnes de la revue n°43 de l’article "Géothermie verticale pour maison anti-glouton". Voici les arguments de deux lecteurs.


[…] L’installation qui est décrite ici est en fait une pompe à chaleur, et non une vraie géothermie. Dans le cas décrit, la consommation électrique globale peut être estimée à 10 000 kWh (info de l’article : 1000€). Or, 10 000 kWh d’électricité, c’est :
- 33 000 kWh d’énergie primaire si c’est produit en centrale thermique (3300 litres de fuel !)
- 65 m² de capteurs photovoltaïque
- 1,8 tonnes de CO2 (180g de CO2 par kWh électrique, moyenne donnée par EDF)

Ce type d’installation est donc très polluante (y compris les fluides frigorigènes à base de fluor), et justifie le nucléaire !!!
Pour exemple, j’ai une maison à peu près équivalente, et je consomme 2 000 kWh d’électricité annuellement (ce qui me semble encore beaucoup). Et je me chauffe aux granulés de bois depuis 2006 (et suis devenu distributeur dans ce domaine en 2007), avec un impact quasi nul sur l’environnement (215 kg de CO2).

Hervé Manouvrier
Planète Claire - www.planeteclaire.fr


Je suis particulièrement surpris de la publication de cet article présentant une solution PAC (pompe à chaleur) comme une alternative intéressante. Pour faire court, il y a 3 incompatibilités évidentes avec les objectifs du Réseau :

1) La consommation électrique élevée : le coût annoncé de 1 000 € pour la consommation énergétique totale signifie une consommation électrique annuelle globale de 8 000 kWh au moins (à 0,10 € le kWh et compte tenu de l’abonnement), soit entre 3 et 4 fois ce que devrait consommer une maison d’environ 120 m2 économe en électricité où vivraient 4 ou 5 personnes, à savoir 2 000 à 3 000 kWh. Ceci signifie que la consommation d’au moins 5000 kWh d’énergie électrique finale (soit 15 000 kWh d’énergie primaire à 80% nucléaire) aurait pu être évitée avec une solution "biomasse + chauffe-eau solaire" (au même coût).

2) La performance modeste : il s’agit d’une maison neuve, bien isolée
apparemment, même si on ne nous dit pas la surface. Si la maison est aussi performante qu’il est annoncé : 2,5 fois plus que la norme RT 2005, il s’agirait d’une maison très basse énergie et cela signifierait une consommation bien inférieure à celle évoquée ci-dessus compte tenu du COP (coefficient de performance) probable de 3, ou même 4, de la PAC installée.

3) Le coût élevé : et avec cette maison basse énergie, le recours à une solution de chauffage somme toute assez chère (25 000 €) et sophistiquée était-elle bien nécessaire ? En effet, logiquement, mieux une maison est conçue du point de vue isolation et bioclimatique, plus simple et économique (à l’investissement comme au fonctionnement) devrait être son système de chauffage. Pour autant qu’écologie ne rime pas avec richesse...

Par ailleurs, le polyuréthane pour l’isolation de plancher et le gaz R407C (gaz à effet de serre puissant) pour le circuit primaire de la PAC ne sont pas la panacée du point de vue écologique. (...)
Je vous renvoie à un article plus argumenté : Pourquoi pas de PAC à Mérindol ? www.ecoenergies.net/crbst_24.html

Jean Boulnois

Note de la rédaction :

Nous reconnaissons que cet article manquait d’esprit critique vis-à-vis des pompes à chaleur. Il ne reflète pas un choix éditorial délibéré de notre part, mais a échappé à la vigilance de notre comité de rédaction. Nous nous en excusons. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a l’habitude d’émettre une position de réserve vis-à-vis des PAC, comme en témoignent les articles publiés sur ce thème précédemment, notamment :
- Pompes à chaleur sur air : écologiques et économiques ?, Sortir du nucléaire n°38, mars-avril 2008
- Géothermie, pompe à chaleur : le pour et le contre d’un dossier brûlant !, Sortir du nucléaire n°30, mars 2006 (articles en libre consultation sur le site www.sortirdunucleaire.fr, rubrique "S’informer", puis "Revue")


EDF : “Nous vous devons plus que la lumière” : La bêtise, peut-être ?

J’habitais dans un village vosgien (Avillers) où l’éclairage public était arrêté tous les soirs vers 22h et reprenait le matin vers 6 ou 7 h (suivant les saisons). Le conseil municipal décida d’installer d’autres éclairages, notamment dans le lieu reculé où j’habitais, à 1,5 km. EDF leur proposa d’installer gratuitement les poteaux... à condition de laisser les lumières allumées toute la nuit ! Ce qu’accepta le conseil municipal. Je pense qu’EDF agit ainsi pour ne pas avoir d’à-coups de consommation dans le cadre de la production électro-nucléaire, parce que l’éclairage public constitue une grande part de la consommation tardive et nocturne.

Christian Bergé
Yutz (à 5km de Cattenom)


Le témoignage d’un prestataire du nucléaire

Je suis un prestataire du nucléaire et je me bats pour que nous, prestataires, ayons un réel statut. Oui, sur le fond je suis d’accord, arrêtons le nucléaire, car actuellement, EDF ne va pas sur un niveau de maintenance qui est digne du nucléaire : arrêts de plus en plus courts, on manque de pièces, et nous sommes au bout du rouleau sur l’exploitation que EDF tire de nous. […] Quand Greenpeace est venu sur la centrale de Dampierre en Burly, je suis le seul à avoir été les rencontrer pour reconstruire un monde en toute sécurité et sûreté. Je vous invite à regarder le film "Nucléaire, RAS"* de Alain De Halleux. Oui, je suis prêt à témoigner que si rien n’ est fait ou que personne ne veut rien faire, une catastrophe arrivera chez nous, et je ne veux pas cautionner cette politique de ne rien dire, même si ma place est en jeu. Donc menons le même combat, pour ou contre, gardons une marge de sûreté et de sécurité pour la population. En tant que prestataire du nucléaire, je ne me reconnais plus dans le service public que nous défendons. Je stoppe là, car la suite me fait déprimer de jour en jour, sachant qu’EDF ne voit que par le fric, et tout le reste n’est qu’imposture et mensonge envers les citoyens.

Nous taisons l’identité de l’auteur de ce témoignage, pour ne pas menacer sa situation professionnelle.

* Vous pouvez commander le film "RAS : Nucléaire, rien à signaler" au prix de 23,50 € (frais de port compris) au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04 (chèque à l’ordre de "Sortir du nucléaire") ou dans notre boutique en ligne :
http://boutique.sortirdunucleaire.org


Centrale de Paluel : un illuminé aux commandes ?

Chers amis,
Voici un courrier électronique reçu par des chercheurs de l’Université Bordeaux I et du CEA. Il a été envoyé par [nom supprimé], coordinateur technique chez EDF, centrale nucléaire de Paluel. Vous constaterez la folie du personnage, est-il possible d’alerter la population afin qu’elle évite de se promener autour de la centrale ?

Un chercheur bordelais

Courrier électronique émanant de [nom supprimé], coordinateur technique chez EDF, centrale nucléaire de Paluel :

Madame, Messieurs,

Je me permets de vous contacter concernant le réchauffement de notre chère planète.
Je pense qu’il est urgent d’agir pour limiter ce réchauffement climatique.

Mon idée est de former un bouclier laser autour de la terre en utilisant des satellites qui seraient alimentés par de grands panneaux solaires.

Est-il possible de polariser la lumière avec un laser qui formerait une surface par balayage comme on peut le voir en discothèque ?

Si oui, on pourrait alors laisser passer seulement une partie de la lumière. Dans l’espace, l’énergie solaire représente 1300 W/m2. Lors d’une journée ensoleillée, il arrive encore 1000 W/m2 au sol.

Avec un nombre de satellites suffisants, on pourrait avoir un bouclier composé de plusieurs surfaces élémentaires. On pourrait donc filtrer plus ou moins la lumière selon les régions sur terre.

Au-delà du réchauffement climatique, l’ensoleillement pourrait être fortement réduit sur des zones en voie de désertification, des terres seraient à nouveau cultivables…

En espérant vivement retenir votre attention et en espérant que la réponse est oui, recevez mes meilleures salutations.


PAC = Pompe à chaleur = Pas à conseiller !

Plusieurs lecteurs nous ont écrit pour regretter – avec raison ! - la publication dans les colonnes de la revue n°43 de l’article "Géothermie verticale pour maison anti-glouton". Voici les arguments de deux lecteurs.


[…] L’installation qui est décrite ici est en fait une pompe à chaleur, et non une vraie géothermie. Dans le cas décrit, la consommation électrique globale peut être estimée à 10 000 kWh (info de l’article : 1000€). Or, 10 000 kWh d’électricité, c’est :
- 33 000 kWh d’énergie primaire si c’est produit en centrale thermique (3300 litres de fuel !)
- 65 m² de capteurs photovoltaïque
- 1,8 tonnes de CO2 (180g de CO2 par kWh électrique, moyenne donnée par EDF)

Ce type d’installation est donc très polluante (y compris les fluides frigorigènes à base de fluor), et justifie le nucléaire !!!
Pour exemple, j’ai une maison à peu près équivalente, et je consomme 2 000 kWh d’électricité annuellement (ce qui me semble encore beaucoup). Et je me chauffe aux granulés de bois depuis 2006 (et suis devenu distributeur dans ce domaine en 2007), avec un impact quasi nul sur l’environnement (215 kg de CO2).

Hervé Manouvrier
Planète Claire - www.planeteclaire.fr


Je suis particulièrement surpris de la publication de cet article présentant une solution PAC (pompe à chaleur) comme une alternative intéressante. Pour faire court, il y a 3 incompatibilités évidentes avec les objectifs du Réseau :

1) La consommation électrique élevée : le coût annoncé de 1 000 € pour la consommation énergétique totale signifie une consommation électrique annuelle globale de 8 000 kWh au moins (à 0,10 € le kWh et compte tenu de l’abonnement), soit entre 3 et 4 fois ce que devrait consommer une maison d’environ 120 m2 économe en électricité où vivraient 4 ou 5 personnes, à savoir 2 000 à 3 000 kWh. Ceci signifie que la consommation d’au moins 5000 kWh d’énergie électrique finale (soit 15 000 kWh d’énergie primaire à 80% nucléaire) aurait pu être évitée avec une solution "biomasse + chauffe-eau solaire" (au même coût).

2) La performance modeste : il s’agit d’une maison neuve, bien isolée
apparemment, même si on ne nous dit pas la surface. Si la maison est aussi performante qu’il est annoncé : 2,5 fois plus que la norme RT 2005, il s’agirait d’une maison très basse énergie et cela signifierait une consommation bien inférieure à celle évoquée ci-dessus compte tenu du COP (coefficient de performance) probable de 3, ou même 4, de la PAC installée.

3) Le coût élevé : et avec cette maison basse énergie, le recours à une solution de chauffage somme toute assez chère (25 000 €) et sophistiquée était-elle bien nécessaire ? En effet, logiquement, mieux une maison est conçue du point de vue isolation et bioclimatique, plus simple et économique (à l’investissement comme au fonctionnement) devrait être son système de chauffage. Pour autant qu’écologie ne rime pas avec richesse...

Par ailleurs, le polyuréthane pour l’isolation de plancher et le gaz R407C (gaz à effet de serre puissant) pour le circuit primaire de la PAC ne sont pas la panacée du point de vue écologique. (...)
Je vous renvoie à un article plus argumenté : Pourquoi pas de PAC à Mérindol ? www.ecoenergies.net/crbst_24.html

Jean Boulnois

Note de la rédaction :

Nous reconnaissons que cet article manquait d’esprit critique vis-à-vis des pompes à chaleur. Il ne reflète pas un choix éditorial délibéré de notre part, mais a échappé à la vigilance de notre comité de rédaction. Nous nous en excusons. Le Réseau "Sortir du nucléaire" a l’habitude d’émettre une position de réserve vis-à-vis des PAC, comme en témoignent les articles publiés sur ce thème précédemment, notamment :
- Pompes à chaleur sur air : écologiques et économiques ?, Sortir du nucléaire n°38, mars-avril 2008
- Géothermie, pompe à chaleur : le pour et le contre d’un dossier brûlant !, Sortir du nucléaire n°30, mars 2006 (articles en libre consultation sur le site www.sortirdunucleaire.fr, rubrique "S’informer", puis "Revue")


EDF : “Nous vous devons plus que la lumière” : La bêtise, peut-être ?

J’habitais dans un village vosgien (Avillers) où l’éclairage public était arrêté tous les soirs vers 22h et reprenait le matin vers 6 ou 7 h (suivant les saisons). Le conseil municipal décida d’installer d’autres éclairages, notamment dans le lieu reculé où j’habitais, à 1,5 km. EDF leur proposa d’installer gratuitement les poteaux... à condition de laisser les lumières allumées toute la nuit ! Ce qu’accepta le conseil municipal. Je pense qu’EDF agit ainsi pour ne pas avoir d’à-coups de consommation dans le cadre de la production électro-nucléaire, parce que l’éclairage public constitue une grande part de la consommation tardive et nocturne.

Christian Bergé
Yutz (à 5km de Cattenom)


Le témoignage d’un prestataire du nucléaire

Je suis un prestataire du nucléaire et je me bats pour que nous, prestataires, ayons un réel statut. Oui, sur le fond je suis d’accord, arrêtons le nucléaire, car actuellement, EDF ne va pas sur un niveau de maintenance qui est digne du nucléaire : arrêts de plus en plus courts, on manque de pièces, et nous sommes au bout du rouleau sur l’exploitation que EDF tire de nous. […] Quand Greenpeace est venu sur la centrale de Dampierre en Burly, je suis le seul à avoir été les rencontrer pour reconstruire un monde en toute sécurité et sûreté. Je vous invite à regarder le film "Nucléaire, RAS"* de Alain De Halleux. Oui, je suis prêt à témoigner que si rien n’ est fait ou que personne ne veut rien faire, une catastrophe arrivera chez nous, et je ne veux pas cautionner cette politique de ne rien dire, même si ma place est en jeu. Donc menons le même combat, pour ou contre, gardons une marge de sûreté et de sécurité pour la population. En tant que prestataire du nucléaire, je ne me reconnais plus dans le service public que nous défendons. Je stoppe là, car la suite me fait déprimer de jour en jour, sachant qu’EDF ne voit que par le fric, et tout le reste n’est qu’imposture et mensonge envers les citoyens.

Nous taisons l’identité de l’auteur de ce témoignage, pour ne pas menacer sa situation professionnelle.

* Vous pouvez commander le film "RAS : Nucléaire, rien à signaler" au prix de 23,50 € (frais de port compris) au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04 (chèque à l’ordre de "Sortir du nucléaire") ou dans notre boutique en ligne :
http://boutique.sortirdunucleaire.org


Centrale de Paluel : un illuminé aux commandes ?

Chers amis,
Voici un courrier électronique reçu par des chercheurs de l’Université Bordeaux I et du CEA. Il a été envoyé par [nom supprimé], coordinateur technique chez EDF, centrale nucléaire de Paluel. Vous constaterez la folie du personnage, est-il possible d’alerter la population afin qu’elle évite de se promener autour de la centrale ?

Un chercheur bordelais

Courrier électronique émanant de [nom supprimé], coordinateur technique chez EDF, centrale nucléaire de Paluel :

Madame, Messieurs,

Je me permets de vous contacter concernant le réchauffement de notre chère planète.
Je pense qu’il est urgent d’agir pour limiter ce réchauffement climatique.

Mon idée est de former un bouclier laser autour de la terre en utilisant des satellites qui seraient alimentés par de grands panneaux solaires.

Est-il possible de polariser la lumière avec un laser qui formerait une surface par balayage comme on peut le voir en discothèque ?

Si oui, on pourrait alors laisser passer seulement une partie de la lumière. Dans l’espace, l’énergie solaire représente 1300 W/m2. Lors d’une journée ensoleillée, il arrive encore 1000 W/m2 au sol.

Avec un nombre de satellites suffisants, on pourrait avoir un bouclier composé de plusieurs surfaces élémentaires. On pourrait donc filtrer plus ou moins la lumière selon les régions sur terre.

Au-delà du réchauffement climatique, l’ensoleillement pourrait être fortement réduit sur des zones en voie de désertification, des terres seraient à nouveau cultivables…

En espérant vivement retenir votre attention et en espérant que la réponse est oui, recevez mes meilleures salutations.