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Sortir du nucléaire n°71

Novembre 2016

L’organisation en assemblée de lutte : l’exemple de Bure

Novembre 2016




Comme vous l’avez lu dans les pages précédentes, la lutte à Bure s’est intensifiée ces derniers mois, avec la multiplication d’actions, juridiques ou de terrain. Ces actions ont notamment été possibles par les discussions et le travail fournis lors des assemblées de lutte (ADL). Une structuration qui n’est pas propre à la mobilisation contre Cigéo, et s’observe dans différents mouvements, comme récemment autour de la “loi travail”. Pourquoi cette structuration ? Que permet-elle ?



Entre les associations “historiques”, qui militent depuis plus de 20 ans contre l’enfouissement des déchets, les collectifs informels, les habitants, les agriculteurs, les militants qui séjournent à la Maison de la résistance... il y a beaucoup d’acteurs, et donc un enjeu important à se doter d’une stratégie commune, à faire circuler l’information et à avoir une bonne coordination. C’est pourquoi l’ADL a été mise en place, pour répondre à ces besoins, surtout dans le contexte actuel d’accélération des travaux préparatoires au centre de stockage.

Entre les associations “historiques”, qui militent depuis plus de 20 ans contre l’enfouissement des déchets, les collectifs informels, les habitants, les agriculteurs, les militants qui séjournent à la Maison de la résistance... il y a beaucoup d’acteurs, et donc un enjeu important à se doter d’une stratégie commune, à faire circuler l’information et à avoir une bonne coordination. C’est pourquoi l’ADL a été mise en place, pour répondre à ces besoins, surtout dans le contexte actuel d’accélération des travaux préparatoires au centre de stockage.

Généralement, les ADL se déroulent sur un week-end, avec une plénière le samedi et un travail en groupes thématiques le dimanche (groupe naturaliste, groupe foncier, groupe juridique...). En plénière, on effectue un état des lieux et des dernières infos que tout le monde doit connaître. L’assemblée étant conçue comme un outil pour rassembler, sensibiliser et former de nouvelles personnes, l’intérêt est particulièrement porté à ce que tout le monde soit toujours au même niveau d’info. Cela peut être assez technique, notamment lorsqu’il s’agit de questions juridiques, mais la formation est facilitée par l’interaction et l’échange. Les membres de l’assemblée veulent donner un moyen aux nouveaux arrivants de s’inscrire dans la lutte. Ensuite, elle sert à la coordination et la préparation d’actions, qu’elles soient par ailleurs unitaires ou non.

Un intérêt accru est porté à la mixité et à l’horizon- talité. L’assemblée rappelle constamment chacun à la vigilance : l’idée étant que ce ne soient pas toujours les mêmes qui animent et s’expriment et le binôme d’animation est mixte. L’appel à la vigilance concerne aussi les prises de parole : être attentif à ce que le nombre et le temps des prises de paroles soient paritaires. L’assemblée de lutte essaie de tendre vers une horizontalité qui reste difficile à atteindre, car elle nécessite une transmission (de compétence, de savoir, d’infor- mation) et une confiance entre les membres, ce qui est compliqué lorsqu’il y a toujours de nouvelles personnes qui intègrent la lutte.

À Bure, l’assemblée a dû faire face à différents problèmes, dont le principal était la tentative d’infiltration de conspirationnistes pour faire passer leurs idées fascistes. Sous couvert de défense du territoire, ces personnes ont opéré un glissement vers la défense de la nation et des thèses d’extrême droite qui n’ont rien à faire dans notre lutte. Ils ont été rapidement repérés grâce à la vigilance de tout-e-s, par leur attitude agressive, sexiste, méprisante, et par leur incapacité à écouter. Le problème a été résolu par l’exclusion de ces personnes, il n’était pas question de transiger sur les principes de l’assemblée. Ces situations montrent finalement combien ces assemblées constituent des moments privilégiés pour réaffirmer ce qui nous rassemble : dans cette lutte, nous sommes antinucléaires, mais aussi antiautoritaires, anticapitalistes, antisexistes...

Merci aux deux militant-e-s qui ont bien voulu répondre à mes questions et ont permis l’écriture de cet article.

Mélisande Seyzériat

Entre les associations “historiques”, qui militent depuis plus de 20 ans contre l’enfouissement des déchets, les collectifs informels, les habitants, les agriculteurs, les militants qui séjournent à la Maison de la résistance... il y a beaucoup d’acteurs, et donc un enjeu important à se doter d’une stratégie commune, à faire circuler l’information et à avoir une bonne coordination. C’est pourquoi l’ADL a été mise en place, pour répondre à ces besoins, surtout dans le contexte actuel d’accélération des travaux préparatoires au centre de stockage.

Entre les associations “historiques”, qui militent depuis plus de 20 ans contre l’enfouissement des déchets, les collectifs informels, les habitants, les agriculteurs, les militants qui séjournent à la Maison de la résistance... il y a beaucoup d’acteurs, et donc un enjeu important à se doter d’une stratégie commune, à faire circuler l’information et à avoir une bonne coordination. C’est pourquoi l’ADL a été mise en place, pour répondre à ces besoins, surtout dans le contexte actuel d’accélération des travaux préparatoires au centre de stockage.

Généralement, les ADL se déroulent sur un week-end, avec une plénière le samedi et un travail en groupes thématiques le dimanche (groupe naturaliste, groupe foncier, groupe juridique...). En plénière, on effectue un état des lieux et des dernières infos que tout le monde doit connaître. L’assemblée étant conçue comme un outil pour rassembler, sensibiliser et former de nouvelles personnes, l’intérêt est particulièrement porté à ce que tout le monde soit toujours au même niveau d’info. Cela peut être assez technique, notamment lorsqu’il s’agit de questions juridiques, mais la formation est facilitée par l’interaction et l’échange. Les membres de l’assemblée veulent donner un moyen aux nouveaux arrivants de s’inscrire dans la lutte. Ensuite, elle sert à la coordination et la préparation d’actions, qu’elles soient par ailleurs unitaires ou non.

Un intérêt accru est porté à la mixité et à l’horizon- talité. L’assemblée rappelle constamment chacun à la vigilance : l’idée étant que ce ne soient pas toujours les mêmes qui animent et s’expriment et le binôme d’animation est mixte. L’appel à la vigilance concerne aussi les prises de parole : être attentif à ce que le nombre et le temps des prises de paroles soient paritaires. L’assemblée de lutte essaie de tendre vers une horizontalité qui reste difficile à atteindre, car elle nécessite une transmission (de compétence, de savoir, d’infor- mation) et une confiance entre les membres, ce qui est compliqué lorsqu’il y a toujours de nouvelles personnes qui intègrent la lutte.

À Bure, l’assemblée a dû faire face à différents problèmes, dont le principal était la tentative d’infiltration de conspirationnistes pour faire passer leurs idées fascistes. Sous couvert de défense du territoire, ces personnes ont opéré un glissement vers la défense de la nation et des thèses d’extrême droite qui n’ont rien à faire dans notre lutte. Ils ont été rapidement repérés grâce à la vigilance de tout-e-s, par leur attitude agressive, sexiste, méprisante, et par leur incapacité à écouter. Le problème a été résolu par l’exclusion de ces personnes, il n’était pas question de transiger sur les principes de l’assemblée. Ces situations montrent finalement combien ces assemblées constituent des moments privilégiés pour réaffirmer ce qui nous rassemble : dans cette lutte, nous sommes antinucléaires, mais aussi antiautoritaires, anticapitalistes, antisexistes...

Merci aux deux militant-e-s qui ont bien voulu répondre à mes questions et ont permis l’écriture de cet article.

Mélisande Seyzériat



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Bure - CIGEO