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Sortir du nucléaire n°57

Printemps 2013

Déchets nucléaires

L’Andra a-t-elle trompé sur les ressources géothermiques ?

Printemps 2013




D’un côté l’Andra qui dit, pas d’eau chaude souterraine à Bure ; de l’autre, trois géologues qui montrent que les investigations n’ont pas été honnêtes dès le départ.

Les critères que doit respecter la géologie d’un site favorable à l’implantation d’un centre de stockage profond sont fixés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (Règle fondamentale de Sûreté, 1991 / Guide de Sûreté 2008) : l’absence de ressources exploitables à proximité est indispensable, de même qu’il ne doit pas y avoir de potentiel géothermique.

Ce dossier avait été porté à la connaissance du Comité Local d’Information et de Suivi (CLIS) de Bure en 2002 par le géophysicien André Mourot. Les rapports du Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), service géologique de l’État, montraient déjà que Bure se trouve pile sur une zone de bon potentiel pour la géothermie.

De l’eau chaude à 68° C - 69°C

Depuis les années 1980, on exploite en France ces eaux chaudes profondes. Ces "doublets" (un forage pour prélever et un forage pour renvoyer l’eau) bien connus dans l’Est et le Sud-Est de la région parisienne fournissent chacun 39700 MWh/an (moyenne calculée sur 31 installations) à un prix particulièrement compétitif. Ainsi la géothermie alimente 50% des réseaux de chaleur du Val- de-Marne.

En préalable à la loi de gestion des déchets nucléaires de 2006, l’Andra concluait en 2005 à la faisabilité du stockage à Bure.

Les tests hydrauliques que l’Andra a enfin fait effectuer en 2008 à la suite d’une demande du CLIS datant de 2003 ont conclu, très discrètement, à une bonne transmissivité (facilité de l’eau à voyager dans les grès), mais tout en affirmant que la ressource est "faible". Ce résultat officiel incohérent ne visait-t-il pas à cacher le non- respect des critères posés par le Guide de Sûreté 2008 ? Il existe en tout cas de l’eau chaude à 68°C - 69°C dans le sous-sol de Bure à une profondeur de 1900 m.

L’Andra n’a-t-elle pas un peu beaucoup minimisé la ressource ?

"La production mesurée en test dans EST433 (5 m3/h) est nettement inférieure à la gamme de débits des exploitations géothermiques (150 à 400 m3/h)" (Andra, Synthèse zone transposition, 2009). 5 m3/h ! Mais alors que fait-on des mesures de bonne perméabilité/transmissivité ? Ce que l’Agence a omis de dire, c’est que la pompe de forage de recherche ne pouvait guère aller au delà de 6 m3/h et qu’en plus elle a fait travailler ses opérateurs dans un forage rempli de boue gélatineuse qui a obstrué l’outil. Avec une perméabilité égale mais plus d’épaisseur, l’aquifère géothermique de Bure doit avoir un débit au contraire supérieur à celui des exploitations parisiennes. De plus, il y a juste dessous une épaisseur exceptionnelle de 2800 m du même type de roche partiellement perméable d’après un vieux forage, et bien plus chaude... on pourrait même faire de l’électricité avec.

Double problème

Si le stockage souterrain s’installe, la ressource énergétique est définitivement stérilisée. Enfouir les déchets à cet endroit, c’est chercher les ennuis dès la conception puisque les humains auront toujours tendance à aller là où il y a des ressources. Géothermie et déchets nucléaires ne sont pas compatibles. Y a-t-il eu un choix opéré sans consulter la collectivité ?

Mise en demeure de l’Andra

Le Réseau "Sortir du nucléaire" et six associations ont mis en demeure l’Andra en décembre 2012. La réponse est instructive. L’Andra affirmait jusque là que le débit était "nettement inférieur" à ce qu’il faudrait pour une exploitation, que la ressource était "faible". Ce qu’elle dit désormais est bien différent : la ressource est "banale", pas "exceptionnelle". "Banale" ? comme celle de la région parisienne qui chauffe des quartiers entiers sans déchets depuis 30 ans ? Les 5 m3/h c’était donc de l’intox ? Il y aurait bien richesse sous la Meuse ? Allez... un petit effort et on finira par connaître la vérité. À suivre !

D’un côté l’Andra qui dit, pas d’eau chaude souterraine à Bure ; de l’autre, trois géologues qui montrent que les investigations n’ont pas été honnêtes dès le départ.

Les critères que doit respecter la géologie d’un site favorable à l’implantation d’un centre de stockage profond sont fixés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (Règle fondamentale de Sûreté, 1991 / Guide de Sûreté 2008) : l’absence de ressources exploitables à proximité est indispensable, de même qu’il ne doit pas y avoir de potentiel géothermique.

Ce dossier avait été porté à la connaissance du Comité Local d’Information et de Suivi (CLIS) de Bure en 2002 par le géophysicien André Mourot. Les rapports du Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM), service géologique de l’État, montraient déjà que Bure se trouve pile sur une zone de bon potentiel pour la géothermie.

De l’eau chaude à 68° C - 69°C

Depuis les années 1980, on exploite en France ces eaux chaudes profondes. Ces "doublets" (un forage pour prélever et un forage pour renvoyer l’eau) bien connus dans l’Est et le Sud-Est de la région parisienne fournissent chacun 39700 MWh/an (moyenne calculée sur 31 installations) à un prix particulièrement compétitif. Ainsi la géothermie alimente 50% des réseaux de chaleur du Val- de-Marne.

En préalable à la loi de gestion des déchets nucléaires de 2006, l’Andra concluait en 2005 à la faisabilité du stockage à Bure.

Les tests hydrauliques que l’Andra a enfin fait effectuer en 2008 à la suite d’une demande du CLIS datant de 2003 ont conclu, très discrètement, à une bonne transmissivité (facilité de l’eau à voyager dans les grès), mais tout en affirmant que la ressource est "faible". Ce résultat officiel incohérent ne visait-t-il pas à cacher le non- respect des critères posés par le Guide de Sûreté 2008 ? Il existe en tout cas de l’eau chaude à 68°C - 69°C dans le sous-sol de Bure à une profondeur de 1900 m.

L’Andra n’a-t-elle pas un peu beaucoup minimisé la ressource ?

"La production mesurée en test dans EST433 (5 m3/h) est nettement inférieure à la gamme de débits des exploitations géothermiques (150 à 400 m3/h)" (Andra, Synthèse zone transposition, 2009). 5 m3/h ! Mais alors que fait-on des mesures de bonne perméabilité/transmissivité ? Ce que l’Agence a omis de dire, c’est que la pompe de forage de recherche ne pouvait guère aller au delà de 6 m3/h et qu’en plus elle a fait travailler ses opérateurs dans un forage rempli de boue gélatineuse qui a obstrué l’outil. Avec une perméabilité égale mais plus d’épaisseur, l’aquifère géothermique de Bure doit avoir un débit au contraire supérieur à celui des exploitations parisiennes. De plus, il y a juste dessous une épaisseur exceptionnelle de 2800 m du même type de roche partiellement perméable d’après un vieux forage, et bien plus chaude... on pourrait même faire de l’électricité avec.

Double problème

Si le stockage souterrain s’installe, la ressource énergétique est définitivement stérilisée. Enfouir les déchets à cet endroit, c’est chercher les ennuis dès la conception puisque les humains auront toujours tendance à aller là où il y a des ressources. Géothermie et déchets nucléaires ne sont pas compatibles. Y a-t-il eu un choix opéré sans consulter la collectivité ?

Mise en demeure de l’Andra

Le Réseau "Sortir du nucléaire" et six associations ont mis en demeure l’Andra en décembre 2012. La réponse est instructive. L’Andra affirmait jusque là que le débit était "nettement inférieur" à ce qu’il faudrait pour une exploitation, que la ressource était "faible". Ce qu’elle dit désormais est bien différent : la ressource est "banale", pas "exceptionnelle". "Banale" ? comme celle de la région parisienne qui chauffe des quartiers entiers sans déchets depuis 30 ans ? Les 5 m3/h c’était donc de l’intox ? Il y aurait bien richesse sous la Meuse ? Allez... un petit effort et on finira par connaître la vérité. À suivre !



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Nucléaire et démocratie Déchets radioactifs Bure - CIGEO