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Revue de presse

Mai 2014 / Ouest France

Japon. Un manga sur Fukushima au cœur d’une polémique



Source : Ouest France

Japon. Un manga sur Fukushima au cœur d’une polémique

La municipalité japonaise de Futaba, évacuée après l’accident nucléaire de Fukushima s’est insurgé contre un manga insinuant que les habitants sont victimes de maux étranges.

Les autorités municipales ont écrit mercredi à la maison d’édition japonaise Shokagukan pour dénoncer selon elle les contre-vérités apparues dans un récent épisode du célèbre manga sur la gastronomie appelé « Oishinbo » publié en feuilleton depuis trois décennies dans le magazine hebdomadaire de manga Big Comic Spirits.

Des saignements de nez au cœur de la polémique

Un des personnages dessinés par Akira Hanasaki y dit que de nombreuses personnes de Fukushima sont victimes de saignements de nez inexpliqués.

« Futaba est la ville qui héberge la centrale accidentée Fukushima Daiichi et qui par conséquent a été évacuée immédiatement après la catastrophe », a rappelé la municipalité dans sa lettre. Et de poursuivre : « à l’heure actuelle, il est inexact que de nombreux administrés se soient plaints de saignements de nez inexpliqués ».

Un risque de discrimination pour les habitants

« A cause de la publication de cet épisode, ce ne sont pas seulement les ex-habitants de Futaba mais aussi toutes les personnes de la région de Fukushima qui risquent d’être victimes de discrimination », s’inquiètent les édiles qui dénoncent une publication mauvaise pour la reconstruction de la région.

Selon la municipalité, le scénariste du manga, Tetsu Kariya, « n’a pas du tout enquêté » et ne fait qu’émettre une opinion « unilatérale ».

Les internautes s’en mêlent

Cette affaire déchaîne depuis plusieurs jours les internautes, dont certains ex-habitants de la région qui disent avoir effectivement souffert de saignements de nez, tandis que d’autres disent le contraire.

Certains réclament une étude poussée plutôt qu’une bagarre entre un scénariste de manga et une municipalité.« J’imaginais bien que le fait d’évoquer ces saignements de nez allait entraîner des protestations, mais je ne pensais pas que cela allait provoquer une tourmente pareille », a écrit sur son blog l’auteur, Tetsu Kariya.

« Je ne peux raconter que la vérité »

« Je ne comprends pas pourquoi lorsque l’on écrit la vérité telle qu’elle est, cela doit être critiqué », affirme cet homme de 72 ans qui dit avoir effectué deux ans d’étude sur le terrain pour relater ce qu’il a vu.

« Tout le monde aurait sans doute été content de lire que Fukushima était sûr, sans problème et que la reconstruction avançait », mais « je ne peux raconter que la vérité », dit-il encore affirmant son intention de continuer à parler de Fukushima dans les épisodes suivants avec des éléments encore plus précis sur le même sujet polémique, le tout en dénonçant une atmosphère dans laquelle on préfère selon lui mettre la tête dans le sable.

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