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Sortir du nucléaire n°32

Septembre 2006

Fuite en avant

ITER et fusion nucléaire : la politique des effets d’annonce

Septembre 2006




Une dépêche AFP du 21 juillet 2006 nous apprend que “L’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA) a annoncé avoir franchi une étape technique cruciale pour le projet de réacteur expérimental à fusion nucléaire contrôlée international ITER.”



Il convient de replacer cette annonce dans son contexte : elle tombe juste avant que les divers pays engagés ne se prononcent sur la ratification de l’accord international sur ITER. Car, cela a soigneusement été caché à l’opinion, ITER est encore un projet virtuel et pourrait bien ne jamais voir le jour. Tout va se jouer dans les semaines qui viennent. En particulier, le Sénat des Etats-Unis pourrait bien refuser son accord non pas par conviction antinucléaire, hélas, mais pour des raisons budgétaires. Les USA ont leurs propres projets dans la fusion nucléaire et, le budget n’étant pas extensible, ces projets seraient remis en cause par la participation à ITER.

Pour les physiciens nucléaires, cela consiste à se faire attribuer des budgets colossaux et à convaincre les politiciens de continuer à les soutenir. Et cela passe par de belles annonces au moment les plus opportuns. Quelques rappels :

Mai 2006 : une annonce fort suspecte…

Le 21 mai 2006, trois jours seulement avant la date de signature de l’accord international sur ITER, les promoteurs de la fusion ont opportunément annoncé qu’ “un obstacle important à la fusion nucléaire industrielle a été franchi en laboratoire”.

Mais, quant on prend le temps de lire avec attention le communiqué de mai dernier, on note “Les chercheurs estiment que cela pourrait régler un obstacle rencontré par toutes les installations travaillant sur la fusion”. En vérité, le problème technologique (l’érosion des parois internes du réacteur par les neutrons de très haute énergie émis par la fusion) reste donc entier ! Peu importe, l’essentiel était d’annoncer une “grande avancée” afin que les signataires ne flanchent pas au moment de parapher...

Décembre 2003 : un record du monde bien opportun.

Le 5 décembre 2003, l’installation Tore supra de Cadarache bat un “record du monde”, une décharge de plasma d’une durée de 6 minutes. Comme par hasard, cet “exploit” survenait deux semaines à peine avant une importante réunion à Washington qui pouvait décider du site d’implantation d’ITER. Il faudra en fait plusieurs mois supplémentaires et des concessions colossales, en particulier financières, pour que la France ne décroche ITER.

Remontons plus loin encore : novembre 1991.

Un exemple d’annonce tonitruante… jamais confirmée :

Le Monde - 12 Novembre 1991 - Extrait : Les physiciens européens ont, semble-t-il, franchi un grand pas, samedi 9 novembre, à Culham (Grande-Bretagne) en produisant de l’énergie par fusion nucléaire. Ce résultat est une étape décisive dans un processus qui doit conduire au contrôle d’une énergie presque inépuisable. Est-ce l’événement que tous les physiciens attendaient ? Vraisemblablement oui, à en croire les responsables du Joint European Torus (JET) de Culham qui, dans une espèce de grosse chambre à air métallique de quelques mètres de diamètre, ont réussi, pendant un court instant, à “mettre le Soleil en bouteille”.

Cela fait donc des décennies qu’on nous annonce que la fusion nucléaire fait des avancées extraordinaires... tout en restant totalement virtuelle. Il y a 50 ans, on nous annonçait la fusion pour “dans 50 ans”. Maintenant, c’est pour “dans 100 ans”. Au mieux. En réalité, c’est sûrement pour jamais...

Conclusion

Les chercheurs en fusion nucléaire nous prennent pour des imbéciles et se livrent à de basses manœuvres pour obtenir… notre argent. Concernant les politiciens, la seule chose qui est difficile à déterminer est celle-ci : sont-ils complices de ces manoeuvres, ou bien sont-ils totalement crédules face aux effets d’annonce du lobby nucléaire ? On doit bien en trouver dans les deux catégories. Mais, en fin de compte, il est probable que fort peu de gens croient réellement parvenir à quelque chose. D’ailleurs, on commence à lire ici ou là que, même s’il n’aboutit jamais, le projet ITER aura au moins servi à “dynamiser la recherche”, à “développer la région Provence Alpes Côtes d’Azur”, etc. C’est à la fois dérisoire et indigne : une véritable tromperie de l’opinion et un gaspillage inouï d’argent public.
Mobilisez-vous en région PACA contre le projet ITER

Rejoignez l’association MEDIANE qui coordonne l’opposition à ce projet, ITER.

Voici les dernières informations que nous a transmis Antoine Calandra de Médiane :

“Le combat contre Iter va se poursuivre à l’automne avec l’enquête publique sur l’itinéraire ITER sur la base de "la concertation publique" qui a eu lieu du 26 juin au 21 juillet dans le plus grand silence et l’indifférence absolue bien sûr vue les dates choisies.

Au terme de cette enquête, une commission rendra son rapport au préfet des Bouches-du-Rhônes qui signera l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique de l’itinéraire ITER, avec la mise en compatibilité des POS ( Plan d’Occupation des Sols ) et PLU ( Plans Locaux d’Urbanisme ) ainsi qu’au déclassement de plusieurs Espaces Boisées Classées.

L’itinéraire traversera des "Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique ( ZNIEFF) et des Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO).

Il y aura aussi bien sûr des procédures d’ expropriation qui seront engagées dés la fin 2006.

Le coût de l’itinéraire est évalué à 81 millions ?. Réalisation des travaux 2007-2009.

Le passage des premiers convois est prévu pour l’été 2009. Les plus lourds péseront 450 tonnes, les plus longs 47 mètres, les plus larges 8,50 mètres et les plus hauts 9,10 mètres.

Ceci pour donner une idée des dégâts environnementaux à venir entre Berre et Cadarache (100km environ) : abattage d’arbres, démolition et reconstruction de ponts, surélévation de pylones très haute tension, élargissement de routes, aménagement de traversées d’autoroutes, de carrefours modifications/ remplacements d’équipements de la route, etc...

La construction du réacteur ITER devrait débuter en 2009 (et les premières expériences dés 2016).

Nous espérons que de nombreuses personnes se mobiliseront à nos côtés comme il en a été lors du débat public ITER. Nous devons tout faire pour empêcher ce gaspillage d’argent et d’énergie pour un projet dangereux et sans avenir. Nous donnerons des dates dès que nous en saurons plus. L’enquête publique devrait avoir lieu au dernier trimestre 2006.”

Contact : Mediane

Jean Marcon

c/o MCA 167 rue Resini 84120 Pertuis

Tél : 04 90 07 30 92 - Fax : 04 90 07 30 92

E-mail : a.mediane@free.fr
Stéphane Lhomme

Il convient de replacer cette annonce dans son contexte : elle tombe juste avant que les divers pays engagés ne se prononcent sur la ratification de l’accord international sur ITER. Car, cela a soigneusement été caché à l’opinion, ITER est encore un projet virtuel et pourrait bien ne jamais voir le jour. Tout va se jouer dans les semaines qui viennent. En particulier, le Sénat des Etats-Unis pourrait bien refuser son accord non pas par conviction antinucléaire, hélas, mais pour des raisons budgétaires. Les USA ont leurs propres projets dans la fusion nucléaire et, le budget n’étant pas extensible, ces projets seraient remis en cause par la participation à ITER.

Pour les physiciens nucléaires, cela consiste à se faire attribuer des budgets colossaux et à convaincre les politiciens de continuer à les soutenir. Et cela passe par de belles annonces au moment les plus opportuns. Quelques rappels :

Mai 2006 : une annonce fort suspecte…

Le 21 mai 2006, trois jours seulement avant la date de signature de l’accord international sur ITER, les promoteurs de la fusion ont opportunément annoncé qu’ “un obstacle important à la fusion nucléaire industrielle a été franchi en laboratoire”.

Mais, quant on prend le temps de lire avec attention le communiqué de mai dernier, on note “Les chercheurs estiment que cela pourrait régler un obstacle rencontré par toutes les installations travaillant sur la fusion”. En vérité, le problème technologique (l’érosion des parois internes du réacteur par les neutrons de très haute énergie émis par la fusion) reste donc entier ! Peu importe, l’essentiel était d’annoncer une “grande avancée” afin que les signataires ne flanchent pas au moment de parapher...

Décembre 2003 : un record du monde bien opportun.

Le 5 décembre 2003, l’installation Tore supra de Cadarache bat un “record du monde”, une décharge de plasma d’une durée de 6 minutes. Comme par hasard, cet “exploit” survenait deux semaines à peine avant une importante réunion à Washington qui pouvait décider du site d’implantation d’ITER. Il faudra en fait plusieurs mois supplémentaires et des concessions colossales, en particulier financières, pour que la France ne décroche ITER.

Remontons plus loin encore : novembre 1991.

Un exemple d’annonce tonitruante… jamais confirmée :

Le Monde - 12 Novembre 1991 - Extrait : Les physiciens européens ont, semble-t-il, franchi un grand pas, samedi 9 novembre, à Culham (Grande-Bretagne) en produisant de l’énergie par fusion nucléaire. Ce résultat est une étape décisive dans un processus qui doit conduire au contrôle d’une énergie presque inépuisable. Est-ce l’événement que tous les physiciens attendaient ? Vraisemblablement oui, à en croire les responsables du Joint European Torus (JET) de Culham qui, dans une espèce de grosse chambre à air métallique de quelques mètres de diamètre, ont réussi, pendant un court instant, à “mettre le Soleil en bouteille”.

Cela fait donc des décennies qu’on nous annonce que la fusion nucléaire fait des avancées extraordinaires... tout en restant totalement virtuelle. Il y a 50 ans, on nous annonçait la fusion pour “dans 50 ans”. Maintenant, c’est pour “dans 100 ans”. Au mieux. En réalité, c’est sûrement pour jamais...

Conclusion

Les chercheurs en fusion nucléaire nous prennent pour des imbéciles et se livrent à de basses manœuvres pour obtenir… notre argent. Concernant les politiciens, la seule chose qui est difficile à déterminer est celle-ci : sont-ils complices de ces manoeuvres, ou bien sont-ils totalement crédules face aux effets d’annonce du lobby nucléaire ? On doit bien en trouver dans les deux catégories. Mais, en fin de compte, il est probable que fort peu de gens croient réellement parvenir à quelque chose. D’ailleurs, on commence à lire ici ou là que, même s’il n’aboutit jamais, le projet ITER aura au moins servi à “dynamiser la recherche”, à “développer la région Provence Alpes Côtes d’Azur”, etc. C’est à la fois dérisoire et indigne : une véritable tromperie de l’opinion et un gaspillage inouï d’argent public.
Mobilisez-vous en région PACA contre le projet ITER

Rejoignez l’association MEDIANE qui coordonne l’opposition à ce projet, ITER.

Voici les dernières informations que nous a transmis Antoine Calandra de Médiane :

“Le combat contre Iter va se poursuivre à l’automne avec l’enquête publique sur l’itinéraire ITER sur la base de "la concertation publique" qui a eu lieu du 26 juin au 21 juillet dans le plus grand silence et l’indifférence absolue bien sûr vue les dates choisies.

Au terme de cette enquête, une commission rendra son rapport au préfet des Bouches-du-Rhônes qui signera l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique de l’itinéraire ITER, avec la mise en compatibilité des POS ( Plan d’Occupation des Sols ) et PLU ( Plans Locaux d’Urbanisme ) ainsi qu’au déclassement de plusieurs Espaces Boisées Classées.

L’itinéraire traversera des "Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique ( ZNIEFF) et des Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO).

Il y aura aussi bien sûr des procédures d’ expropriation qui seront engagées dés la fin 2006.

Le coût de l’itinéraire est évalué à 81 millions ?. Réalisation des travaux 2007-2009.

Le passage des premiers convois est prévu pour l’été 2009. Les plus lourds péseront 450 tonnes, les plus longs 47 mètres, les plus larges 8,50 mètres et les plus hauts 9,10 mètres.

Ceci pour donner une idée des dégâts environnementaux à venir entre Berre et Cadarache (100km environ) : abattage d’arbres, démolition et reconstruction de ponts, surélévation de pylones très haute tension, élargissement de routes, aménagement de traversées d’autoroutes, de carrefours modifications/ remplacements d’équipements de la route, etc...

La construction du réacteur ITER devrait débuter en 2009 (et les premières expériences dés 2016).

Nous espérons que de nombreuses personnes se mobiliseront à nos côtés comme il en a été lors du débat public ITER. Nous devons tout faire pour empêcher ce gaspillage d’argent et d’énergie pour un projet dangereux et sans avenir. Nous donnerons des dates dès que nous en saurons plus. L’enquête publique devrait avoir lieu au dernier trimestre 2006.”

Contact : Mediane

Jean Marcon

c/o MCA 167 rue Resini 84120 Pertuis

Tél : 04 90 07 30 92 - Fax : 04 90 07 30 92

E-mail : a.mediane@free.fr
Stéphane Lhomme


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