Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°63

Novembre 2014

Actions et vie des groupes

Grande braderie du nucléaire, nous y étions !

Novembre 2014




Au mois d’octobre se sont tenus deux évènements majeurs de la filière nucléaire : les salons "Nukléa" et "Ultrapropre" à Grenoble, suivis du "World Nuclear Exhibition" au Bourget, près de Paris. Des grand-messes qui ont réuni le gratin de la mafia nucléaire ; des fournisseurs, en passant par les transporteurs, jusqu’aux plus gros consortiums nucléaires, pas une entreprise complice n’a manqué à l’appel !



Aux côtés des groupes et militants de Grenoble et d’Ile-de-France, nous étions mobilisés contre ces salons indécents à la gloire d’une industrie en déclin, qui peine de plus en plus à masquer ses dérives, coûts cachés et nuisances.

Nukléa et Ultrapropre : une coexistence lourde de sens

C’est la ville de Grenoble qui a ouvert le bal des nucléocrates, les 1er et 2 octobre, avec la tenue des salons Nukléa et Ultrapropre.

Nukléa, c’est le salon des fournisseurs de l’énergie nucléaire, un partenaire privilégié de la filière nucléaire et des laboratoires de recherches. Il s’adresse à tous les professionnels du secteur et apparentés. Cela permet de mettre en relation clients et fournisseurs, le salon jouant ainsi depuis plusieurs années un rôle d’intermédiaire actif dans le trafic de la mafia atomique.

Parallèlement à Nukléa 2014, s’est tenue la 7e édition du salon Ultrapropre, le salon de "la maîtrise de la contamination". Comble du cynisme, on peut lire sur le site de présentation de l’évènement que "la vocation du salon Ultrapropre est de démontrer comment produire propre, en toute sûreté et en toute sécurité. Dans un monde industriel en pleine mutation, ces deux événements bénéficient d’une incontestable complémentarité". Et les organisateurs de se targuer de ne pas avoir choisi la ville de Grenoble par hasard. Après Lille capitale européenne de la culture, on vous présente "Grenoble capitale européenne du nucléaire". Il fallait oser, l’industrie nucléaire l’a fait ! Dans la région la plus nucléarisée d’Europe, largement touchée par des incidents et problèmes en série, l’industrie nucléaire tente de redorer son image à coups de propagande et de nous faire croire que le nucléaire peut être propre.

Le WNE, ou comment faire pour vendre un max de centrales !

En juillet 2013, naissait l’Association des Industriels Français Exportateurs de Nucléaire (AIFEN), avec pour objectif principal l’organisation du premier salon international de la filière nucléaire, le World Nuclear Exhibition (WNE), qui s’est tenu au Bourget du 14 au 16 octobre. Sur leur site web, les organisateurs annonçaient cet événement comme un rendez-vous d’affaires dont l’ambition est de permettre aux acteurs du nucléaire de développer leurs activités à l’export. Au programme de ces trois jours de salon, plus de 400 exposants qui montrent leurs technologies aux potentiels clients internationaux.

Dès la conférence de presse de présentation, organisée à Paris le 5 juin, on sentait bien la grandiloquence des organisateurs, qui vendent l’évènement comme un moment incontournable de la filière. Mais aussi, un salon placé sous haute surveillance. La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), déjà bien présente le 5 juin, travaille en lien étroit avec les organisateurs, il ne s’agit pas que les antinucléaires viennent troubler la fête de l’année !

Une débauche de moyens donc, n’arrivant pas à cacher une industrie malade depuis la catastrophe de Fukushima, qui cherche à se vendre à tout prix ! En effet, sur les 437 exposants, 391 sont des entreprises françaises. Après tout, pas besoin d’exposant étranger pour monter un salon mondial. Elle est belle l’exception nucléaire française. Cocorico !

Derrière la vitrine des salons, une industrie en déclin

À l’heure où la question du nucléaire refait surface dans l’espace public, à l’occasion des débats sur la loi de "transition énergétique pour la croissance verte", l’objectif de ces salons est clair : présenter le nucléaire comme une énergie d’avenir et comme une solution au changement climatique. Des vitrines destinées à redorer l’image de l’industrie nucléaire et à donner le change face à l’inéluctable déclin de la filière dans le monde, aux difficultés et déboires qu’elle traverse.

Non contente d’avoir souillé de nombreuses régions du globe, l’industrie nucléaire française se sert de ces salons pour vendre et exporter dans le monde entier ses technologies mortifères : réacteurs, combustibles (notamment combustible MOX), services de pompier-pyromane en décontamination… Plutôt que de promouvoir la sobriété et les alternatives énergétiques, la France préfère vendre des réacteurs ! La tenue de ces salons en pleine période du vote sur la "loi de transition énergétique pour une croissance verte", tout comme sa tenue au Bourget où se tiendra la COP21 (conférence internationale sur le climat) l’année prochaine, est un affront fait aux écologistes.

Des actions pour dénoncer "les salons qui tuent"

À Grenoble, SDN 38 et le Réseau se sont mobilisés pour contrecarrer la propagande du lobby. Le 1er octobre, jour de l’ouverture, devant Alpexpo, lieu où se tenaient Nukléa et Ultrapropre, une série d’actions a été organisée, rassemblant des militants venus de toute la région. Dès 8h, le rond-point à la sortie de la rocade et juste à l’approche du salon, était occupé et redécoré jusque la fin de la matinée par un premier groupe.

À l’ouverture du salon, une cinquantaine de personnes s’est rassemblée à proximité de l’entrée, à côté d’une centrale en carton, toute fissurée et rafistolée, et ont distribué des tracts pour informer les passants. Vers 10h30, pendant les prises de parole sur les raisons de notre action, la banderole "Le nucléaire tue l’avenir" a été déployée sur la façade du bâtiment faisant face au salon.

Contre le WNE, les militants des collectifs locaux Sortir du nucléaire Paris, du Collectif citoyen d’Information sur la Radioactivité et le Nucléaire (CIREN 77), et des organisations nationales, le Réseau "Sortir du nucléaire", ATTAC France ainsi que les Amis de la Terre, se sont retrouvés le samedi 11 octobre à Paris, pour manifester contre la tenue de ce "salon qui tue" et affirmer haut et fort qu’il ne peut y avoir de transition énergétique sans sortie du nucléaire.

La manifestation commence par un happening mettant en scène le lobby nucléaire, personnalisé notamment par la marionnette géante Édouard de Fission, et l’arrivée des participants (industriels, élus complaisants...) au World Nuclear Exhibition. La fête est cependant troublée par un "léger accident" à la centrale nucléaire de Nogent... Alors que le public gisant à terre est recouvert d’une immense bâche frappée de l’inscription "Le nucléaire tue l’avenir", les industriels s’enfuient vite, très loin, cela ne les regarde plus, ils sont partis signer des contrats ailleurs !

Le cortège est ensuite parti en musique défiler dans les rues, avant de revenir vers 16h place de la République pour une convergence avec les manifestations contre le TAFTA et les gaz de schistes. Puis en amont et pendant toute la tenue du salon, des actions de tractage et de collage ont été organisées, ciblant aussi bien les exposants que les alentours du Bourget pour dire "non" à ce salon indécent.

Mélisande Seyzériat et Laura Hameaux

Aux côtés des groupes et militants de Grenoble et d’Ile-de-France, nous étions mobilisés contre ces salons indécents à la gloire d’une industrie en déclin, qui peine de plus en plus à masquer ses dérives, coûts cachés et nuisances.

Nukléa et Ultrapropre : une coexistence lourde de sens

C’est la ville de Grenoble qui a ouvert le bal des nucléocrates, les 1er et 2 octobre, avec la tenue des salons Nukléa et Ultrapropre.

Nukléa, c’est le salon des fournisseurs de l’énergie nucléaire, un partenaire privilégié de la filière nucléaire et des laboratoires de recherches. Il s’adresse à tous les professionnels du secteur et apparentés. Cela permet de mettre en relation clients et fournisseurs, le salon jouant ainsi depuis plusieurs années un rôle d’intermédiaire actif dans le trafic de la mafia atomique.

Parallèlement à Nukléa 2014, s’est tenue la 7e édition du salon Ultrapropre, le salon de "la maîtrise de la contamination". Comble du cynisme, on peut lire sur le site de présentation de l’évènement que "la vocation du salon Ultrapropre est de démontrer comment produire propre, en toute sûreté et en toute sécurité. Dans un monde industriel en pleine mutation, ces deux événements bénéficient d’une incontestable complémentarité". Et les organisateurs de se targuer de ne pas avoir choisi la ville de Grenoble par hasard. Après Lille capitale européenne de la culture, on vous présente "Grenoble capitale européenne du nucléaire". Il fallait oser, l’industrie nucléaire l’a fait ! Dans la région la plus nucléarisée d’Europe, largement touchée par des incidents et problèmes en série, l’industrie nucléaire tente de redorer son image à coups de propagande et de nous faire croire que le nucléaire peut être propre.

Le WNE, ou comment faire pour vendre un max de centrales !

En juillet 2013, naissait l’Association des Industriels Français Exportateurs de Nucléaire (AIFEN), avec pour objectif principal l’organisation du premier salon international de la filière nucléaire, le World Nuclear Exhibition (WNE), qui s’est tenu au Bourget du 14 au 16 octobre. Sur leur site web, les organisateurs annonçaient cet événement comme un rendez-vous d’affaires dont l’ambition est de permettre aux acteurs du nucléaire de développer leurs activités à l’export. Au programme de ces trois jours de salon, plus de 400 exposants qui montrent leurs technologies aux potentiels clients internationaux.

Dès la conférence de presse de présentation, organisée à Paris le 5 juin, on sentait bien la grandiloquence des organisateurs, qui vendent l’évènement comme un moment incontournable de la filière. Mais aussi, un salon placé sous haute surveillance. La DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure), déjà bien présente le 5 juin, travaille en lien étroit avec les organisateurs, il ne s’agit pas que les antinucléaires viennent troubler la fête de l’année !

Une débauche de moyens donc, n’arrivant pas à cacher une industrie malade depuis la catastrophe de Fukushima, qui cherche à se vendre à tout prix ! En effet, sur les 437 exposants, 391 sont des entreprises françaises. Après tout, pas besoin d’exposant étranger pour monter un salon mondial. Elle est belle l’exception nucléaire française. Cocorico !

Derrière la vitrine des salons, une industrie en déclin

À l’heure où la question du nucléaire refait surface dans l’espace public, à l’occasion des débats sur la loi de "transition énergétique pour la croissance verte", l’objectif de ces salons est clair : présenter le nucléaire comme une énergie d’avenir et comme une solution au changement climatique. Des vitrines destinées à redorer l’image de l’industrie nucléaire et à donner le change face à l’inéluctable déclin de la filière dans le monde, aux difficultés et déboires qu’elle traverse.

Non contente d’avoir souillé de nombreuses régions du globe, l’industrie nucléaire française se sert de ces salons pour vendre et exporter dans le monde entier ses technologies mortifères : réacteurs, combustibles (notamment combustible MOX), services de pompier-pyromane en décontamination… Plutôt que de promouvoir la sobriété et les alternatives énergétiques, la France préfère vendre des réacteurs ! La tenue de ces salons en pleine période du vote sur la "loi de transition énergétique pour une croissance verte", tout comme sa tenue au Bourget où se tiendra la COP21 (conférence internationale sur le climat) l’année prochaine, est un affront fait aux écologistes.

Des actions pour dénoncer "les salons qui tuent"

À Grenoble, SDN 38 et le Réseau se sont mobilisés pour contrecarrer la propagande du lobby. Le 1er octobre, jour de l’ouverture, devant Alpexpo, lieu où se tenaient Nukléa et Ultrapropre, une série d’actions a été organisée, rassemblant des militants venus de toute la région. Dès 8h, le rond-point à la sortie de la rocade et juste à l’approche du salon, était occupé et redécoré jusque la fin de la matinée par un premier groupe.

À l’ouverture du salon, une cinquantaine de personnes s’est rassemblée à proximité de l’entrée, à côté d’une centrale en carton, toute fissurée et rafistolée, et ont distribué des tracts pour informer les passants. Vers 10h30, pendant les prises de parole sur les raisons de notre action, la banderole "Le nucléaire tue l’avenir" a été déployée sur la façade du bâtiment faisant face au salon.

Contre le WNE, les militants des collectifs locaux Sortir du nucléaire Paris, du Collectif citoyen d’Information sur la Radioactivité et le Nucléaire (CIREN 77), et des organisations nationales, le Réseau "Sortir du nucléaire", ATTAC France ainsi que les Amis de la Terre, se sont retrouvés le samedi 11 octobre à Paris, pour manifester contre la tenue de ce "salon qui tue" et affirmer haut et fort qu’il ne peut y avoir de transition énergétique sans sortie du nucléaire.

La manifestation commence par un happening mettant en scène le lobby nucléaire, personnalisé notamment par la marionnette géante Édouard de Fission, et l’arrivée des participants (industriels, élus complaisants...) au World Nuclear Exhibition. La fête est cependant troublée par un "léger accident" à la centrale nucléaire de Nogent... Alors que le public gisant à terre est recouvert d’une immense bâche frappée de l’inscription "Le nucléaire tue l’avenir", les industriels s’enfuient vite, très loin, cela ne les regarde plus, ils sont partis signer des contrats ailleurs !

Le cortège est ensuite parti en musique défiler dans les rues, avant de revenir vers 16h place de la République pour une convergence avec les manifestations contre le TAFTA et les gaz de schistes. Puis en amont et pendant toute la tenue du salon, des actions de tractage et de collage ont été organisées, ciblant aussi bien les exposants que les alentours du Bourget pour dire "non" à ce salon indécent.

Mélisande Seyzériat et Laura Hameaux