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Des accidents nucléaires partout

France : Saint-Alban : anomalie sur une grappe de commande : 3 semaines d’arrêt




3 novembre 2017


Le 3 novembre 2017, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Saint-Alban a été arrêté pour "anomalie de fonctionnement d’une grappe de commande". 10 jours plus tard, toujours pas de redémarrage annoncé. L’anomalie présentée comme presque anodine dans la communication ne l’est pas tant que ça. Il aura d’ailleurs fallu 3 semaines d’arrêt complet du réacteur pour la résoudre.


Le 3 novembre 2017, EDF annonce discrètement la mise à l’arrêt du réacteur 2 de Saint-Alban. Cet arrêt est nécessaire pour une "opération de maintenance". En effet, il y a une "anomalie de fonctionnement d’une grappe de commande". Cette anomalie paraitrait presque anodine tant la communication d’EDF est légère. Mais 10 jours plus tard, le réacteur n’a toujours pas redémarré, preuve que l’anomalie n’a rien de léger et que l’opération de maintenance n’est pas si simple.

L’exploitant se garde bien de le rappeler dans son communiqué, mais les grappes de commande sont un des 2 seuls moyens existant pour contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur. Les grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons. II convient, en marche normale du réacteur, de maintenir certaines grappes à un niveau suffisant, fixé par les spécifications techniques, d’une part pour que leur chute puisse étouffer efficacement la réaction nucléaire en cas d’arrêt d’urgence, d’autre part pour assurer une bonne répartition du flux de neutrons [1].

Un défaut sur ce système de régulation de la réaction nucléaire est donc un réel problème de sûreté. Et les 10 jours d’arrêts du réacteur qui s’ensuivent montrent bien que le problème est sérieux. La communication de l’exploitant, en revanche, ne nous dit rien de tout ça. Comme souvent, elle ne nous dit pas grand chose en fait.

Ce que dit EDF :

  • Le 03/11/17

Mise à l’arrêt de l’unité de production n°2 suite à anomalie sur une grappe de commande

Le 3 novembre 2017 à 18h52, en application des spécifications techniques d’exploitation, l’unité de production n°2 a été découplée du réseau électrique national suite à une anomalie de fonctionnement d’une grappe de commande.

Cette mise à l’arrêt va permettre la réalisation d’opération de maintenance.

Cet événement n’a aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement. L’unité de production n°1 est en fonctionnement à la disposition du réseau électrique national.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-saint-alban/actualites/mise-a-l-arret-de-l-unite-de-production-ndeg2-suite-a-anomalie-sur-une-grappe-de-commande

  • Le 24/11/17

Redémarrage de l’unité de production n°2

L’unité de production n°2 a été reconnectée au réseau de distribution d’électricité national le 23 novembre à 5h30. Conformément aux procédures, elle a été arrêtée le 3 novembre dernier suite à une anomalie de fonctionnement sur une des 65 grappes de commande situées dans le réacteur [2].

En lien avec l’Autorité de sûreté nucléaire, les équipes d’exploitation et de maintenance de la centrale ont procédé à de nombreux essais permettant de garantir la sûreté de l’installation et le bon fonctionnement des grappes de commande.

Depuis le 23 novembre à 21h, l’unité de production est à sa puissance maximale, soit 1 300 MW.

Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ni l’environnement. Les deux unités de production sont en fonctionnement, à la disposition du réseau électrique national.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-saint-alban/actualites/redemarrage-de-l-unite-de-production-ndeg2-de-la-centrale-de-saint-alban-saint-maurice-1


[2Les 65 grappes de commande sont un des outils utilisés pour contrôler la puissance du réacteur et de l’arrêt en moins de deux secondes en cas de nécessité.