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Des accidents nucléaires partout

France : Belleville : Un problème sur une pompe du circuit primaire engendre l’arrêt du réacteur 2




23 juin 2018


Un problème sur l’une des pompes qui fait circuler l’eau dans le circuit primaire a obligé l’exploitant de la centrale de Belleville à arrêter le réacteur 2 ce 23 juin 2018 au petit matin. L’eau du circuit primaire* permettant de refroidir le combustible contenu dans la cuve d’un réacteur nucléaire, cette fonction essentielle de refroidissement était menacée par un niveau d’huile "ne correspondant pas au niveau requis".


Le réacteur a redémarré après que le niveau d’huile ait été réajusté. Rappelons que ce réacteur avait déjà été arrêté il y a moins d’un mois, en raison d’une défaillance sur une carte électronique. Déjà arrêté pour maintenance en octobre 2017, l’arrêt a été prolongé jusqu’au 18 mars 2018 alors qu’il devait se terminer en février. Le blocage de grappe de commande entrainé par l’usure d’une pièce adjacente a occasionné d’importants travaux et des interventions dangereuses pour la santé des travailleurs. Rappelons également que le site nucléaire de Belleville-sur-Loire est placée sous surveillance renforcée par l’Autorité de sûreté nucléaire depuis septembre 2017 en raison d’une augmentation du nombre d’incidents, de problèmes de conduite des réacteurs, d’un manque de suivi et de surveillance des installations et d’équipements dans un état de délabrement importants. Une plainte pour 46 infractions a d’ailleurs été déposée à l’encontre d’EDF et du directeur de la centrale le 20 octobre 2017 par le Réseau “Sortir du nucléaire“ et l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye. La division Centre - Val de Loire de l’ASN a annoncé fin mai 2018 maintenir sa vigilance renforcée sur le site, les performances en matières de sûreté de celui-ci n’allant pas en s’améliorant.

Ce que dit l’ASN :

Le 30/05/18

La centrale de Belleville est en retrait

(...) les performances de la centrale de Belleville-sur-Loire sont jugées en retrait dans le domaine de la sûreté nucléaire. L’absence de progrès significatifs constatée lors de l’arrêt pour visite partielle du réacteur 1 a conduit l’ASN à placer la centrale de Belleville-sur-Loire sous surveillance renforcée au mois de septembre 2017. Cette décision a été motivée par l’augmentation du nombre des évènements significatifs en particulier ceux ayant pour origine un défaut de surveillance de la conduite des réacteurs, et par des défaillances répétées dans l’identification et l’analyse des conséquences d’anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté. Depuis le début de l’année 2018, l’ASN note des améliorations sensibles dans l’identification des écarts et la qualité des informations transmises à l’ASN. L’ASN reste vigilante quant à la rigueur d’exploitation des réacteurs et à la consolidation des progrès observés sur le terrain.

https://www.asn.fr/L-ASN/L-ASN-en-region/Centre-Val-de-Loire/Actualites-de-votre-region/En-2017-la-surete-nucleaire-et-la-radioprotection-sont-globalement-satisfaisantes


Ce que dit EDF :

  • Découplage de l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire - Le 22/06/18

Samedi 23 juin vers 5h du matin, les équipes de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire vont procéder au découplage de l’unité de production n°2, en toute sûreté et conformément aux procédures d’exploitation, afin de réaliser une opération de maintenance suite à la détection d’un dysfonctionnement sur une pompe située dans la partie nucléaire de l’installation.

Le niveau d’huile de cette pompe, servant à faire circuler l’eau dans le circuit primaire, ne correspond pas au niveau requis d’exploitation optimal du matériel.

Cette opération de maintenance va permettre d’effectuer un diagnostic précis et de réaliser les réparations nécessaires au retour sur le réseau de l’unité de production n° 2 dans les meilleurs délais.

Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement. L’Autorité de sûreté nucléaire et les pouvoirs publics ont été informés de l’événement. L’unité de production n°1 de la centrale de Belleville-sur-Loire est en fonctionnement et alimente le réseau électrique.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-belleville/actualites/decouplage-de-l-unite-de-production-ndeg2-de-la-centrale-nucleaire-de-belleville-sur-loire

  • L’unité de production n°2 est à la disposition du réseau électrique national - Le 25/06/18

L’unité de production n°2 a été reconnectée au réseau électrique national samedi 23 juin à 23h et a désormais atteint sa pleine puissance.

Elle avait été découplée tôt dans la matinée du 23 juin pour réaliser une opération de maintenance suite à la détection d’un dysfonctionnement sur une pompe située dans la partie nucléaire de l’installation. Le niveau d’huile de cette pompe, servant à faire circuler l’eau dans le circuit primaire, ne correspondait pas au niveau requis d’exploitation optimal du matériel.

Le niveau d’huile a été ajusté, les contrôles réalisés ont confirmé la conformité du niveau d’huile. Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement.

Les deux unités de production de la centrale de Belleville-sur-Loire sont à la disposition du réseau électrique.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-belleville/actualites/l-unite-de-production-ndeg2-est-a-la-disposition-du-reseau-electrique-national-2


* Le circuit primaire est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Cette eau s’échauffe dans la cuve du réacteur au contact des éléments combustibles. Dans les générateurs de vapeur, elle cède la chaleur acquise à l’eau du circuit secondaire pour produire la vapeur destinée à entrainer le groupe turboalternateur.

L’eau du circuit primaire est mise en mouvement par trois pompes dites "pompes primaires". Plusieurs circuits hydrauliques annexes sont branchés sur le circuit primaire principal ; ces circuits sont munis de vannes manœuvrables à partir de la salle de commande. Un programme d’essais périodiques est destiné à s’assurer du bon fonctionnement de ces vannes.

Le circuit primaire permet de refroidir le combustible contenu dans la cuve du réacteur en cédant sa chaleur par l’intermédiaire des générateurs de vapeur lorsqu’il produit de l’électricité ou par l’intermédiaire du circuit de refroidissement à l’arrêt lorsqu’il est en cours de redémarrage après rechargement en combustible. La température du circuit primaire principal est encadrée par des limites afin de garantir le maintien dans un état sûr des installations en cas d’accident. https://www.asn.fr/Lexique/C/Circuit-primaire

Les pompes primaires assurent la circulation de l’eau dans le circuit primaire et donc le refroidissement du cœur. Les réacteurs à eau sous pression de 900 MWe sont équipés de trois pompes primaires ; les réacteurs à eau sous pression de 1300 MWe sont équipés de quatre pompes primaires. Sur chaque circuit primaire sont installés deux dispositifs de détections d’incendie indépendants, comportant chacun plusieurs capteurs. La défaillance d’un capteur rend le dispositif correspondant inopérant et active une alarme en salle de commande. Les spécifications techniques d’exploitation demandent alors d’intervenir dans un délai de trois jours, en mettant hors service le capteur défaillant, ce qui rend à nouveau opérant le dispositif de détection. Le capteur défaillant peut être réparé à l’arrêt pour rechargement suivant. https://www.asn.fr/Lexique/P/Pompes-primaires