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Des accidents nucléaires partout

France : Anomalie générique de niveau 2 affectant les ancrages des diesels de secours en cas de séisme : Bugey et Fessenheim également concernées




30 octobre 2017


Le 20 juin 2017, EDF déclarait une grave anomalie générique concernant les 20 réacteurs de 1300 MWe : les ancrages des diesels ne résisteront pas en cas de séisme. En cas de perte de l’alimentation électrique externe, cet équipement qui assure l’alimentation de certains systèmes de sûreté ne tiendrait pas. L’exploitant vient de déclarer que des réacteurs de 900 MWe sont aussi affectés par ce problème de sûreté. Ces anomalies viennent en effet d’être détectées sur les réacteurs 1 et 2 de Fessenheim et les réacteurs 2 et 5 de Bugey. Les réacteurs 3 et 4 de Bugey pourraient aussi être concernés. Ce sont donc entre 24 et 26 réacteurs qui sont touchées par ce défaut, défaut sérieux au point qu’il a été classé au niveau 2 par l’ASN qui vient d’établir une décision prescrivant à EDF de réaliser des travaux de renforcement.


Le 20 juin 2017, EDF déclarait que les 20 réacteurs français de 1300 MW étaient touchés par une anomalie générique affectant la sûreté : les ancrages des sources électriques de secours ne résisteront pas en cas de séisme. Mais on apprend quelques mois plus tard que cette grave anomalie, qui pourrait entrainer la perte d’alimentation électrique en cas de tremblement de terre, affecte aussi d’autres réacteurs et non des moindres puisque ce sont les 2 plus vieilles centrales françaises qui sont concernées : Fessenheim et Bugey. Au total, ce sont donc entre 24 et 26 réacteurs touchés par ce risque de perte d’alimentation électrique en cas de séisme, soit près de la moitié du parc nucléaire de l’hexagone.

Ce que dit l’ASN :

Le 30/10/2017

Incident de niveau 2 relatif aux groupes électrogènes de secours à moteur diesel : les centrales nucléaires du Bugey et de Fessenheim concernées

L’ASN classe au niveau 2 de l’échelle INES un événement significatif pour la sûreté relatif à un défaut de résistance au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur diesel (diesels de secours) des réacteurs 2 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey et des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Un événement similaire a fait l’objet d’une première note d’information le 20 juin 2017 pour vingt réacteurs de 1300 MWe [1].

Le 13 octobre 2017, EDF a déclaré à l’ASN que l’absence de démonstration de la tenue au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur diesel ne concernait pas uniquement les réacteurs de 1300 MWe mais également certains réacteurs de 900 MWe : les réacteurs 2 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey ainsi que les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Des vérifications sont en cours sur les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire du Bugey qui pourraient également être concernés.

Chacun des réacteurs de 900 MWe et 1300 MWe des centrales nucléaires françaises dispose de deux diesels de secours. Ces équipements assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes, notamment à la suite d’un séisme. Les diesels de secours sont composés d’un alternateur, d’un moteur diesel et de systèmes auxiliaires (circuits de refroidissement, de prégraissage, etc.).

L’événement significatif porte sur l’absence de démonstration de résistance au séisme des ancrages [2] dans le génie civil de systèmes auxiliaires des diesels de secours. En cas de perte des alimentations électriques externes provoquée par un séisme, le fonctionnement des diesels de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de la défaillance de leurs systèmes auxiliaires.

L’ASN a prescrit le 26 octobre 2017 à EDF de procéder aux travaux nécessaires de renforcement pour les réacteurs concernés des centrales nucléaires du Bugey et de Fessenheim (voir la décision de l’ASN du 26 octobre 2017).

Compte tenu de ses conséquences potentielles pour la sûreté des centrales nucléaires en cas de séisme, l’événement est classé au niveau 2 de l’échelle INES, pour les réacteurs 2 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey et 1 et 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Pour ce qui concerne les 20 réacteurs de 1 300 MWe qui ont fait l’objet, le 20 juin 2017, d’une déclaration d’événement significatif pour la sûreté de niveau 2 sur l’échelle INES, EDF a procédé, conformément aux prescriptions de l’ASN formulées dans sa décision du 22 juin 2017, à des travaux pour renforcer les ancrages des systèmes auxiliaires des diesels de secours de ces réacteurs. Ces travaux ont fait l’objet d’inspections de l’ASN.

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Incident-de-niveau-2-relatif-aux-groupes-electrogenes-de-secours-a-moteur-diesel


Ce que dit EDF :

Le 16/10/2017

Extension du périmètre de l’événement de niveau 2 (échelle INES) lié à l’indisponibilité potentielle de sources électriques en cas de séisme, pour y intégrer les centrales de 900 MWe de Bugey et Fessenheim

Après avoir déclaré, le 20 juin 2017, un événement significatif de sûreté « générique » de niveau 2 concernant le sous-dimensionnement des ancrages de certaines structures métalliques des diesels de secours dans les centrales de 1300 MWe, la direction d’EDF a décidé de réaliser un bilan détaillé des matériels assurant le fonctionnement des diesels de secours sur l’ensemble du parc nucléaire.

Les analyses ont mis en évidence que la robustesse des ancrages de certains matériels auxiliaires des diesels ne pouvait être démontrée sur les unités de production n°1 et 2 de Fessenheim et n°2 et 5 de Bugey, en cas de séisme équivalent aux séismes « de référence » [3], tandis que la caractérisation des unités de production n°3 et 4 de Bugey est en cours.

Par conséquent, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le 13 octobre 2017, une mise à jour de l’événement significatif de sûreté « générique » de niveau 2 du 20 juin 2017, afin d’y intégrer les centrales de 900 MWe de Bugey et Fessenheim.

Les matériels auxiliaires des unités de production n°1 de Fessenheim, 2 et 5 de Bugey ont d’ores et déjà été remis en conformité.

La caractérisation et les remises en conformité des matériels seront achevées pour un des deux diesels des unités de production 3 et 4 de Bugey au plus tard le 6 novembre 2017 et pour les deux diesels de ces deux unités d’ici à fin novembre 2017. Ces remises en conformité seront réalisées d’ici le redémarrage de l’unité de production n°2 de Fessenheim.

Les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement.

https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/producteur-industriel/nucleaire/Notes%20d%27information/20171016_noteinformationessniveau2indice1palier900.pdf


[1Voir la note d’information publiée par l’ASN le 20 juin 2017. Il s’agit des réacteurs de 1 300 MWe des centrales nucléaires de Belleville-sur-Loire, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly et Saint-Alban.

[2Dispositif de fixation d’un élément (structure, système ou équipement) à un point stable, permettant une reprise des efforts exercés sur cet élément, notamment en cas de séisme.

[3Le dimensionnement des systèmes d’une centrale nucléaire implique la définition de deux niveaux de séisme de référence : le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) qui est supérieur à tous les séismes s’étant produit au voisinage de la centrale depuis mille ans, et le séisme majoré de sécurité (SMS), séisme hypothétique d’intensité encore supérieure.