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Sortir du nucléaire n°68

Février 2016

Documenter la catastrophe qui n’a pas encore eu lieu

Février 2016




La réalisatrice Christina Firmino prépare un "documentaire d’anticipation" pour mettre en lumière ce que pourraient être les conséquences d’une catastrophe nucléaire en France. En parallèle, Romain Étienne, photographe, a choisi d’aller rencontrer militants, travailleurs et riverains des installations nucléaires, pour en tirer une exposition sur la chaîne de production de l’électricité nucléaire et les risques nucléaires aujourd’hui, en mêlant images et entretiens.



Christina, peux-tu résumer en quelques mots le scénario de ton film ?

En juillet 2018, une succession d’incidents dans la tranche n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin mène au désastre. Un an après, la France subit les conséquences de cette catastrophe nucléaire majeure. Scientifiques, politiques et habitants impactés racontent la France post-catastrophe de 2019 et esquissent des solutions de sortie de crise.

Pour quelles raisons as-tu choisi cette forme bien particulière, le "documentaire d’anticipation" ?

Le choix de nous projeter avec ce film dans un futur proche s’est très vite imposé. C’est une manière pour moi de montrer la portée du nucléaire, de percevoir l’imaginaire qu’il dessine. Cette forme "fictionnalisée" me permet de rendre palpable les aspects quotidiens et vitaux de nos vies. C’est aussi une façon de remettre au premier plan la valeur humaine et au second la production d’électricité. Et c’est une forme qui me permet d’avoir un peu d’humour, en tout cas de dépasser mes peurs et mes angoisses.

En imaginant ce film, par quelles autres œuvres d’anticipation ou documentaires as-tu été influencée ?

C’est en revoyant The War Game de Watkins et Dr Folamour de Kubrick que je me suis dit que l’anticipation était l’approche adéquate. Mais j’ai été davantage influencée par des œuvres documentaires, comme Plogoff, des pierres contre des fusils (Le Garec), La bataille de Tchernobyl (Johnson), Into Eternity (Madsen), Welcome to Fukushima (De Halleux). Mais aussi le spectacle Avenir Radieux, Une fission française de Nicolas Lambert et certains livres, La Supplication (Alexievitch) et La condition nucléaire (Delfour), pour ne citer qu’eux.

Montrer la catastrophe nucléaire comme si elle était déjà survenue en France : certains pourraient trouver ça fataliste, ou bien alarmiste... non ?

C’est la situation actuelle qui est fataliste : nous habitons dans le pays le plus nucléarisé d’Europe et il semblerait qu’il ne peut pas en être autrement. Aucune discussion, aucun débat n’est réellement souhaité. Quant à être alarmiste... le risque d’accident existe bel et bien. Même les experts disent "le risque zéro n’existe pas", comme pour nous préparer au pire.

Ce film est avant tout un appel à une réflexion générale sur le futur tel qu’il se dessine et sur celui que nous voulons avoir. Quelle civilisation sommes-nous en train de construire avec cette énergie ? Et y a-t-il des alternatives ?

Romain, tu vas rencontrer des travailleurs et des riverains bien réels. En quoi vos deux démarches sont-elles complémentaires, reliées ?

Nous avons pensé nos projets pour qu’ils se complètent, le travail de Christina aborde un futur proche qui va s’ancrer dans la réalité d’aujourd’hui, celle du travail photographique. L’état des lieux sur lequel je travaille devra permettre aux spectateurs de mieux comprendre les enjeux de notre futur en matière énergétique. Ce sera une sorte de mise en condition. Et l’objectif premier est d’apporter un contenu informatif, documenté et l’esthétique se met au service du propos dans le sens où il facilite la compréhension de l’image.

Soutenir le projet

Un tel projet peut difficilement se construire dans les circuits habituels de production audiovisuelle, notamment télévisuels. Aussi Christina et Romain font appel à vous pour cofinancer leur travail. Pré-achat du film, du livre, de projections : la souscription est lancée ! Toutes les infos : www.jusquicitoutvabien.net

Christina, peux-tu résumer en quelques mots le scénario de ton film ?

En juillet 2018, une succession d’incidents dans la tranche n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin mène au désastre. Un an après, la France subit les conséquences de cette catastrophe nucléaire majeure. Scientifiques, politiques et habitants impactés racontent la France post-catastrophe de 2019 et esquissent des solutions de sortie de crise.

Pour quelles raisons as-tu choisi cette forme bien particulière, le "documentaire d’anticipation" ?

Le choix de nous projeter avec ce film dans un futur proche s’est très vite imposé. C’est une manière pour moi de montrer la portée du nucléaire, de percevoir l’imaginaire qu’il dessine. Cette forme "fictionnalisée" me permet de rendre palpable les aspects quotidiens et vitaux de nos vies. C’est aussi une façon de remettre au premier plan la valeur humaine et au second la production d’électricité. Et c’est une forme qui me permet d’avoir un peu d’humour, en tout cas de dépasser mes peurs et mes angoisses.

En imaginant ce film, par quelles autres œuvres d’anticipation ou documentaires as-tu été influencée ?

C’est en revoyant The War Game de Watkins et Dr Folamour de Kubrick que je me suis dit que l’anticipation était l’approche adéquate. Mais j’ai été davantage influencée par des œuvres documentaires, comme Plogoff, des pierres contre des fusils (Le Garec), La bataille de Tchernobyl (Johnson), Into Eternity (Madsen), Welcome to Fukushima (De Halleux). Mais aussi le spectacle Avenir Radieux, Une fission française de Nicolas Lambert et certains livres, La Supplication (Alexievitch) et La condition nucléaire (Delfour), pour ne citer qu’eux.

Montrer la catastrophe nucléaire comme si elle était déjà survenue en France : certains pourraient trouver ça fataliste, ou bien alarmiste... non ?

C’est la situation actuelle qui est fataliste : nous habitons dans le pays le plus nucléarisé d’Europe et il semblerait qu’il ne peut pas en être autrement. Aucune discussion, aucun débat n’est réellement souhaité. Quant à être alarmiste... le risque d’accident existe bel et bien. Même les experts disent "le risque zéro n’existe pas", comme pour nous préparer au pire.

Ce film est avant tout un appel à une réflexion générale sur le futur tel qu’il se dessine et sur celui que nous voulons avoir. Quelle civilisation sommes-nous en train de construire avec cette énergie ? Et y a-t-il des alternatives ?

Romain, tu vas rencontrer des travailleurs et des riverains bien réels. En quoi vos deux démarches sont-elles complémentaires, reliées ?

Nous avons pensé nos projets pour qu’ils se complètent, le travail de Christina aborde un futur proche qui va s’ancrer dans la réalité d’aujourd’hui, celle du travail photographique. L’état des lieux sur lequel je travaille devra permettre aux spectateurs de mieux comprendre les enjeux de notre futur en matière énergétique. Ce sera une sorte de mise en condition. Et l’objectif premier est d’apporter un contenu informatif, documenté et l’esthétique se met au service du propos dans le sens où il facilite la compréhension de l’image.

Soutenir le projet

Un tel projet peut difficilement se construire dans les circuits habituels de production audiovisuelle, notamment télévisuels. Aussi Christina et Romain font appel à vous pour cofinancer leur travail. Pré-achat du film, du livre, de projections : la souscription est lancée ! Toutes les infos : www.jusquicitoutvabien.net



Thèmes
Luttes et actions Risque nucléaire