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Projet Cigéo à Bure : non à l’enfouissement des déchets radioactifs !

Bure : c’est dans ce petit village de la Meuse que l’industrie nucléaire veut enfouir ses déchets les plus dangereux, qui resteront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années.


CIGEO/Bure - Actualités de campagne

Discours prononcé lors de la mobilisation à Bar-Le-Duc

19 juillet 2018 |




Discours prononcé le 16 juin 2018 lors de la mobilisation contre la poubelle nucléaire à Bar-Le-Duc rédigé par les collectifs Cedra 52, EODRA et les Chouettes Hiboux de Bure :

Aujourd’hui 16 juin 2018, des composantes très variées de la lutte anti cigeo sont réunies.

Toutes les générations et plein de sensibilités.

Et c’est pour cela que nous sommes nombreuses et nombreux. Toutes et tous rassemblé.e.s par un même dégoût et une même rage contre ce que l’Etat voudrait mettre en oeuvre en Meuse : enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux, au mépris indiscutable de la sécurité et de l’intégrité de notre génération et de celles qui vont suivre.



Rage face à l’énormité évidente de cette infamie. Dégoût face aux méthodes utilisées ici et ailleurs :

 Le flicage généralisé, la répression policière et le harcèlement judiciaire contre celles et ceux qui osent résister : du drone à l’hélicoptère en passant par les écoutes. Des interdictions de territoire aux peines de prison en passant par les perquisitions : l’Etat déploie contre nous tout son arsenal. Et comme cela ne suffit pas à dissuader les opposants, il criminalise les personnes en lutte en les accusant par exemple d’association de malfaiteurs. Il va même jusqu’à blesser gravement nos camarades.

Tout cela sans compter tout le reste :

 L’arrosage financier des collectivités, des entreprises, des associations et des particuliers : déjà un milliard d’euros dépensé pour un projet sans existence légale,

 Les faux débats publics auxquels on nous somme de participer mais qui -nous dit-on- ne changeront rien au choix final, ni même au calendrier. Et lorsque nous perturbons cette mascarade, c’est nous qui sommes accusé.e.s de ne pas être des démocrates. Alors même que les pouvoirs publics ont toujours refusé la moindre consultation réelle de la population

Bref ! Toutes les abominations du système sont réunies à Bure et ses alentours, cristallisées par ce projet ignoble. Face à cet état de fait, nous avons pensé qu’il était nécessaire d’opposer une solidarité totale et déterminée. Une solidarité pour dire de 1000 manières que la seule solution au grave problème des déchets radioactifs, c’est d’arrêter d’en produire ! Pour cela pas d’autre choix que l’arrêt du nucléaire !

Et concernant les déchets existants, ne surtout pas les enfouir. Car aujourd’hui, nous le répétons sans cesse : il n’y a aucune bonne solution pour les déchets nucléaires déjà produits. Nul ne sait comment se débarrasser de cette menace. Le pire serait d’anéantir toute possibilité de contrôler et d’accéder à ces déchets. Les avis des scientifiques indépendants sont clairs : Cigéo rendra les déchets inaccessibles. Les déchets existants doivent rester là où ils sont, près des lieux de production afin de ne pas multiplier les risques. Il faut les transporter le moins possible. Il faut refuser ces transports incessants qui menacent chaque jour les grands axes de circulation français et européens. Ni ici, ni à la Hague, ni à Belleville sur Loire où il est envisagé une gigantesque piscine de stockage, nous ne voulons de site où toute la radioactivité soit concentrée. La population française est déjà menacée par trop de sites nucléaires, nous n’en voulons pas d’autres !

Donc Cigeo c’est non non et encore non !

Mais si cette journée contre la poubelle nucléaire ne ressemble pas aux autres rassemblements de lutte, c’est qu’elle n’est pas uniquement un message anti-Cigéo. L’opposition à ce projet est profonde, inscrite dans l’histoire personnelle de beaucoup d’entre nous. Cette opposition de conviction est ainsi devenue charnelle. Et parce qu’elle nous anime, elle nous guide. Pas aveuglément. Nous sommes sans cesse conforté.e.s dans notre combat commun et ce pour des raisons complémentaires. Notre ténacité est aussi avérée que la dangerosité sociale et scientifique de cigeo est confimée ! Le feu n’est pas prêt de s’éteindre : il est sans cesse ravivé par des braises différentes. Certains et certaines d’entre nous martelons depuis 20 ans notre détermination à anéantir Cigéo. Nous continuerons à la réaffirmer avec celles et ceux qui nous rejoignent.

Par ce 16 juin, nous souhaitons rendre visible les nouvelles couleurs de notre mobilisation et que soit palpable ce que l’on s’acharne à répéter sans être écouté.e.s depuis des années. L’arrivée de militants et militantes de tous horizons a ouvert une autre page de la lutte contre la poubelle nucléaire, et c’est ensemble que nous écrivons cette histoire. Depuis, la mobilisation croît, s’épanouit, s’émancipe, se démultiplie : il faut croire que le terreau était fertile.

Nous souhaitons que chacun, chacune puisse trouver sa place et les espaces pour exprimer son opposition par les moyens qui correspondent à sa sensibilité. De la manifestation de masse festive familiale et colorée à des expressions plus conflictuelles d’une rage provoquée par la violence de l’Etat et de ses sbires. Nous ne partageons pas toutes et tous les mêmes stratégies, les mêmes réflexions sur le monde, ni parfois les mêmes objectifs pour le futur. Peu importe, nous tolérons nos méthodes respectives.

Nous nous retrouvons autour d’une détermination commune, et c’est précisément ce qui est intolérable pour le gouvernement. Là où le gouvernement, en mal d’argument, se tourne vers la répression et cherche à semer la discorde. Surprenons-le par notre capacité à rebondir, soyons conscient-es de notre force face à ses aveux de faiblesse ! Là où il cherche à identifier les postures de chacun-e, soyons indiscernables ! Voici tout l’esprit de cette journée que nous souhaitons voir perdurer par la suite.

L’objectif initial de ce rassemblement était d’affirmer un soutien à l’occupation du Bois Lejuc, qui a depuis été expulsé. Pour les associations dites historiques, comme le Cedra et l’Eodra, cela revenait à envoyer un message fort aux pouvoirs publics : il n’y a pas d’opposant légaux d’une part et illégaux d’autre part, il n’y a que des opposant-es. Si le contexte a évolué depuis l’expulsion du bois, nous tenions à ce que le message reste le même : Nous sommes réuni-es pour démontrer que les stratégies de division entreprises par le gouvernement depuis des mois, sont vaines. Nous ne laisserons pas au gouvernement le luxe de choisir le calendrier, ses interlocuteurs, de rythmer le dialogue. Nous n’obéirons pas à ses schémas. Aujourd’hui, nous tenons à mener la danse, à ce que le mouvement d’opposition à Cigéo résonne partout de ses multiples voix.

Les gouvernements successifs se sont mis dans une impasse en supprimant petit à petit toutes les options en dehors de l’enfouissement. Aujourd’hui, acculé dans cette impasse c’est le gouvernement qui se radicalise et nous aussi par la force des choses. Aujourd’hui on nous propose le choix entre BURE ou BURE. C’est inacceptable pour nous ! Aussi nous sommes plus que jamais unis et déterminés à bloquer ce projet fou par tous le moyens. Pendant que le gouvernement endort et rassure en martelant le dialogue à la population, il continue à préparer le territoire pour Cigéo. C’est la politique du fait accompli : l’Etat tente la réalisation de travaux annexes alors qu’aucune validation du projet n’est acquise. En réalité, la demande d’autorisation de création de Cigéo n’est même pas encore déposée, et ne le sera, PEUT-ÊTRE, qu’en 2019 ! Pourtant, l’Andra s’apprête à demander une autorisation de défrichement de 134 hectares dans le Bois Lejuc et donc à détruire une forêt pour un projet qui n’existe tout simplement pas ! Et comme si ça ne suffisait pas, un immense transformateur RTE est prêt à sortir de terre à la sortie de Bure.

Mais les pouvoirs publics ne s’arrêtent pas là ! Ce sont tous les territoires autour de Bure qui se trouvent nucléarisés par une multitude de projets invisibles dans l’ombre du titan CIGEO :

- Blanchisserie à Joinville pour le linge contaminé des travailleurs et travailleuses du parc nucléaire français et étranger - Voies ferrées entre Gondrecourt et Mandres en Barrois - Base de maintenance EDF à Saint Dizier - Plateforme de pièces de rechanges pour toutes les centrales à Velaines - Base logistique de transport à Void-Vacon - Stockages de déchets radioactifs à Soulaines et à Morvilliers

C’est la nucléarisation en marche !

L’automne prochain, nous assisterons au summum de l’hypocrisie du gouvernement. Vous entendrez parler d’un débat public sur les déchets nucléaires, de concertation avec la population locale. Ce ne seront que des éléments de langage classiques d’un gouvernement expérimenté dans l’art de la manipulation et de la séduction. Nous savons déjà qu’’en aucun cas ce débat ne remettra en cause le lancement de Cigéo.

Nous appelons toutes les associations anti-nucléaires et de défense de l’environnement, qu’elles soient locales ou nationales, à boycotter ce débat qui ne nous apprendra rien, qui ne sera pas plus entendu qu’en 2005 : notre présence ne servirait que de caution au verni démocratique d’un débat qui ne remet en cause ni Cigéo, ni sa filière nucléaire mortifère. Faisons front commun, nous aurons plus de poids pour exiger la sortie du nucléaire. Dans tous les cas, aucune association qui déciderait la participation à ce débat ne pourra prétendre parler en notre nom.

D’autant plus que ce débat bidon est appuyé par une concertation locale menée en catimini par l’Andra associant habitant-es et riverain-es au lancement de cigéo à travers des réunions autour de thématiques comme les infrastructures de transports ou le cycle de l’eau. Ainsi la population est conduite sournoisement à travailler elle-même à la destruction programmée de son propre territoire.

En fin de compte la seule part laissée aux citoyens et aux citoyennes se résume à quelques miettes de décisions prises en amont. Rien n’a changé depuis 20 ans. Nous refusons de rentrer dans ce jeu et de cautionner ce faux débat. Ici en Meuse et en Haute Marne, sur ce petit morceau de la planète, se joue une partie que nous ne devons et ne laisserons pas perdre. C’est pour ça que nous sommes toutes et tous là aujourd’hui. Et cette lutte capitale, impossible à ignorer, nous allons la continuer, la diversifier, l’amplifier, et leur montrer qu’ils ne nous atomiseront jamais !

Pause cri ? ca donnerait de la force aux perspectives qui vont suivre

Une chose est sûre : l’expulsion du bois Lejuc n’aura fait que renforcer encore notre détermination, notamment grâce aux comités de soutien qui ont fleuri partout en France et ailleurs depuis les perquisitions de l’automne dernier.

Nous vous encourageons à prendre les devants dans la lutte contre CIGÉO, à vous approprier la question du nucléaire, à vous autonomiser dans vos initiatives et à ne pas être seulement un soutien à celles et ceux qui luttent à Bure, mais aussi à venir renforcer le réseau qui s’est tissé au fil des années entre toutes les luttes et zones en lutte. Nous vous remercions sincèrement pour tout ce que vous avez fait depuis des mois : vous avez été pour nous une source d’énergie très importante, et vous êtes parvenu.e.s à porter la lutte au-delà de nos frontières.

La lutte contre CIGEO doit se réinventer à nouveau, et pour cela de multiples perspectives se profilent dans les mois à venir :

Bien entendu il faut :

 Continuer la lutte quotidienne tant sur le plan juridique que sur le terrain !
 Continuer à rester solidaires les uns avec les autres face à la répression !
 Continuer de désenclaver cette lutte en nouant des liens forts partout en France et à l’international !

Pour tout cela n’hésitez pas à rester la semaine prochaine : de nombreuses activités sont prévues autour de Bure, où l’on prépare déjà la rentrée : du 3 au 10 septembre, un grand rassemblement sera bientôt annoncé.

Mais aussi :

- Comme toute la filière nucléaire, CIGEO, pour réduire les coûts au mépris de la sûreté, pratique la sous-traitance à tout bout de champ. La réussite de CIGEO dépend donc aussi de ses sous-traitants, implantés un peu partout. Les monstres de Cigéo, c’est le nom que nous avons choisi pour nommer cette emprise tentaculaire de Cigéo sur le territoire. C’est aussi le nom du site internet créé pour vous informer et donner des idées d’actions décentralisées contre ces entreprises.

 Enfin, nous lançons ce samedi 16 Juin 2016 un appel à une grande action partout en France : dès la rentrée, participer et organiser des concertations autogérées près de chez vous pour montrer à l’Etat qu’après 2005, qu’après 2013, ce troisième débat public n’a aucune légitimité ! Le mot concertation vient du latin concertare, qui veut dire : « projeter quelque chose en commun ». Nous souhaitons prendre la définition à la lettre, et l’Etat au mot, en vous proposant de projeter quelques chose en commun : l’arrêt immédiat du nucléaire ! Comme de multiples manières de se concerter sont envisageables : une plateforme internet sera créé dans l’été pour fédérer les rassemblements et actions à inventer dans le cadre de ces concertations autogérées. Elle contiendra des contenus d’éducation populaire, des outils de mutualisation et des propositions d’actions. Elle sera un espace d’autonomie qui viendra contrer la future plateforme ressource de l’Etat sur CIGEO dans leur débat public.

Pour inaugurer cet appel, nous vous invitons à faire ensemble la première concertation autogérée ici, devant la préfecture, qui exécute les ordres du gouvernement, publie des arrêtés liberticides, donnent les autorisations pour détruire nos forets, saccager nos terres agricoles et entrer par effraction dans nos lieux de vie !

Entre la faillite des entreprises du nucléaire, le vieillissement des installations nucléaires et la volonté d’imposer CIGEO par la force, 2018-2019 est une année charnière pour le programme nucléaire français.

Sans oublier évidemment les multiples scandales et le lancement sans cesse retardé de l’EPR de Flamanville. Il faut par tous les moyens empêcher son démarrage car s’il démarre, il ouvrira la voie royale pour la poursuite du programme nucléaire français, CIGEO en tête !

Mais cet état de faiblesse ne durera pas : on l’a vu ce printemps, la machine macroniste est en marche et il est clair qu’elle compte s’obstiner à faire du nucléaire l’énergie propre et décarbonée du XXIe siècle. C’est l’occasion ou jamais de porter un coup fatal en faisant de ces concertations autogérées bien plus qu’un boycott : une offensive contre le nucléaire et son monde, un raz de marée d’intelligence collective, de vitalité et d’actions populaires pour faire prendre conscience au plus grand nombre qu’il faut définitivement arrêter cette catastrophe !

Pour l’arrêt immédiat du nucléaire ! Bloquons le défrichement du bois Lejuc. Bloquons les transformateurs RTE ici comme à Saint Victor ! Bloquons les voies ferrées et leur réforme SNCF (avec des fers à béton !) ! Bloquons les sous-traitants monstres de Cigéo ! Bloquons Vinci, son aéroport comme son grand contournement, Vinci ni à l’ouest, ni à l’est ! Dès la rentrée, rendez vous en septembre à Bure et concertations autogérées sur tout le territoire !

Rage face à l’énormité évidente de cette infamie. Dégoût face aux méthodes utilisées ici et ailleurs :

 Le flicage généralisé, la répression policière et le harcèlement judiciaire contre celles et ceux qui osent résister : du drone à l’hélicoptère en passant par les écoutes. Des interdictions de territoire aux peines de prison en passant par les perquisitions : l’Etat déploie contre nous tout son arsenal. Et comme cela ne suffit pas à dissuader les opposants, il criminalise les personnes en lutte en les accusant par exemple d’association de malfaiteurs. Il va même jusqu’à blesser gravement nos camarades.

Tout cela sans compter tout le reste :

 L’arrosage financier des collectivités, des entreprises, des associations et des particuliers : déjà un milliard d’euros dépensé pour un projet sans existence légale,

 Les faux débats publics auxquels on nous somme de participer mais qui -nous dit-on- ne changeront rien au choix final, ni même au calendrier. Et lorsque nous perturbons cette mascarade, c’est nous qui sommes accusé.e.s de ne pas être des démocrates. Alors même que les pouvoirs publics ont toujours refusé la moindre consultation réelle de la population

Bref ! Toutes les abominations du système sont réunies à Bure et ses alentours, cristallisées par ce projet ignoble. Face à cet état de fait, nous avons pensé qu’il était nécessaire d’opposer une solidarité totale et déterminée. Une solidarité pour dire de 1000 manières que la seule solution au grave problème des déchets radioactifs, c’est d’arrêter d’en produire ! Pour cela pas d’autre choix que l’arrêt du nucléaire !

Et concernant les déchets existants, ne surtout pas les enfouir. Car aujourd’hui, nous le répétons sans cesse : il n’y a aucune bonne solution pour les déchets nucléaires déjà produits. Nul ne sait comment se débarrasser de cette menace. Le pire serait d’anéantir toute possibilité de contrôler et d’accéder à ces déchets. Les avis des scientifiques indépendants sont clairs : Cigéo rendra les déchets inaccessibles. Les déchets existants doivent rester là où ils sont, près des lieux de production afin de ne pas multiplier les risques. Il faut les transporter le moins possible. Il faut refuser ces transports incessants qui menacent chaque jour les grands axes de circulation français et européens. Ni ici, ni à la Hague, ni à Belleville sur Loire où il est envisagé une gigantesque piscine de stockage, nous ne voulons de site où toute la radioactivité soit concentrée. La population française est déjà menacée par trop de sites nucléaires, nous n’en voulons pas d’autres !

Donc Cigeo c’est non non et encore non !

Mais si cette journée contre la poubelle nucléaire ne ressemble pas aux autres rassemblements de lutte, c’est qu’elle n’est pas uniquement un message anti-Cigéo. L’opposition à ce projet est profonde, inscrite dans l’histoire personnelle de beaucoup d’entre nous. Cette opposition de conviction est ainsi devenue charnelle. Et parce qu’elle nous anime, elle nous guide. Pas aveuglément. Nous sommes sans cesse conforté.e.s dans notre combat commun et ce pour des raisons complémentaires. Notre ténacité est aussi avérée que la dangerosité sociale et scientifique de cigeo est confimée ! Le feu n’est pas prêt de s’éteindre : il est sans cesse ravivé par des braises différentes. Certains et certaines d’entre nous martelons depuis 20 ans notre détermination à anéantir Cigéo. Nous continuerons à la réaffirmer avec celles et ceux qui nous rejoignent.

Par ce 16 juin, nous souhaitons rendre visible les nouvelles couleurs de notre mobilisation et que soit palpable ce que l’on s’acharne à répéter sans être écouté.e.s depuis des années. L’arrivée de militants et militantes de tous horizons a ouvert une autre page de la lutte contre la poubelle nucléaire, et c’est ensemble que nous écrivons cette histoire. Depuis, la mobilisation croît, s’épanouit, s’émancipe, se démultiplie : il faut croire que le terreau était fertile.

Nous souhaitons que chacun, chacune puisse trouver sa place et les espaces pour exprimer son opposition par les moyens qui correspondent à sa sensibilité. De la manifestation de masse festive familiale et colorée à des expressions plus conflictuelles d’une rage provoquée par la violence de l’Etat et de ses sbires. Nous ne partageons pas toutes et tous les mêmes stratégies, les mêmes réflexions sur le monde, ni parfois les mêmes objectifs pour le futur. Peu importe, nous tolérons nos méthodes respectives.

Nous nous retrouvons autour d’une détermination commune, et c’est précisément ce qui est intolérable pour le gouvernement. Là où le gouvernement, en mal d’argument, se tourne vers la répression et cherche à semer la discorde. Surprenons-le par notre capacité à rebondir, soyons conscient-es de notre force face à ses aveux de faiblesse ! Là où il cherche à identifier les postures de chacun-e, soyons indiscernables ! Voici tout l’esprit de cette journée que nous souhaitons voir perdurer par la suite.

L’objectif initial de ce rassemblement était d’affirmer un soutien à l’occupation du Bois Lejuc, qui a depuis été expulsé. Pour les associations dites historiques, comme le Cedra et l’Eodra, cela revenait à envoyer un message fort aux pouvoirs publics : il n’y a pas d’opposant légaux d’une part et illégaux d’autre part, il n’y a que des opposant-es. Si le contexte a évolué depuis l’expulsion du bois, nous tenions à ce que le message reste le même : Nous sommes réuni-es pour démontrer que les stratégies de division entreprises par le gouvernement depuis des mois, sont vaines. Nous ne laisserons pas au gouvernement le luxe de choisir le calendrier, ses interlocuteurs, de rythmer le dialogue. Nous n’obéirons pas à ses schémas. Aujourd’hui, nous tenons à mener la danse, à ce que le mouvement d’opposition à Cigéo résonne partout de ses multiples voix.

Les gouvernements successifs se sont mis dans une impasse en supprimant petit à petit toutes les options en dehors de l’enfouissement. Aujourd’hui, acculé dans cette impasse c’est le gouvernement qui se radicalise et nous aussi par la force des choses. Aujourd’hui on nous propose le choix entre BURE ou BURE. C’est inacceptable pour nous ! Aussi nous sommes plus que jamais unis et déterminés à bloquer ce projet fou par tous le moyens. Pendant que le gouvernement endort et rassure en martelant le dialogue à la population, il continue à préparer le territoire pour Cigéo. C’est la politique du fait accompli : l’Etat tente la réalisation de travaux annexes alors qu’aucune validation du projet n’est acquise. En réalité, la demande d’autorisation de création de Cigéo n’est même pas encore déposée, et ne le sera, PEUT-ÊTRE, qu’en 2019 ! Pourtant, l’Andra s’apprête à demander une autorisation de défrichement de 134 hectares dans le Bois Lejuc et donc à détruire une forêt pour un projet qui n’existe tout simplement pas ! Et comme si ça ne suffisait pas, un immense transformateur RTE est prêt à sortir de terre à la sortie de Bure.

Mais les pouvoirs publics ne s’arrêtent pas là ! Ce sont tous les territoires autour de Bure qui se trouvent nucléarisés par une multitude de projets invisibles dans l’ombre du titan CIGEO :

- Blanchisserie à Joinville pour le linge contaminé des travailleurs et travailleuses du parc nucléaire français et étranger - Voies ferrées entre Gondrecourt et Mandres en Barrois - Base de maintenance EDF à Saint Dizier - Plateforme de pièces de rechanges pour toutes les centrales à Velaines - Base logistique de transport à Void-Vacon - Stockages de déchets radioactifs à Soulaines et à Morvilliers

C’est la nucléarisation en marche !

L’automne prochain, nous assisterons au summum de l’hypocrisie du gouvernement. Vous entendrez parler d’un débat public sur les déchets nucléaires, de concertation avec la population locale. Ce ne seront que des éléments de langage classiques d’un gouvernement expérimenté dans l’art de la manipulation et de la séduction. Nous savons déjà qu’’en aucun cas ce débat ne remettra en cause le lancement de Cigéo.

Nous appelons toutes les associations anti-nucléaires et de défense de l’environnement, qu’elles soient locales ou nationales, à boycotter ce débat qui ne nous apprendra rien, qui ne sera pas plus entendu qu’en 2005 : notre présence ne servirait que de caution au verni démocratique d’un débat qui ne remet en cause ni Cigéo, ni sa filière nucléaire mortifère. Faisons front commun, nous aurons plus de poids pour exiger la sortie du nucléaire. Dans tous les cas, aucune association qui déciderait la participation à ce débat ne pourra prétendre parler en notre nom.

D’autant plus que ce débat bidon est appuyé par une concertation locale menée en catimini par l’Andra associant habitant-es et riverain-es au lancement de cigéo à travers des réunions autour de thématiques comme les infrastructures de transports ou le cycle de l’eau. Ainsi la population est conduite sournoisement à travailler elle-même à la destruction programmée de son propre territoire.

En fin de compte la seule part laissée aux citoyens et aux citoyennes se résume à quelques miettes de décisions prises en amont. Rien n’a changé depuis 20 ans. Nous refusons de rentrer dans ce jeu et de cautionner ce faux débat. Ici en Meuse et en Haute Marne, sur ce petit morceau de la planète, se joue une partie que nous ne devons et ne laisserons pas perdre. C’est pour ça que nous sommes toutes et tous là aujourd’hui. Et cette lutte capitale, impossible à ignorer, nous allons la continuer, la diversifier, l’amplifier, et leur montrer qu’ils ne nous atomiseront jamais !

Pause cri ? ca donnerait de la force aux perspectives qui vont suivre

Une chose est sûre : l’expulsion du bois Lejuc n’aura fait que renforcer encore notre détermination, notamment grâce aux comités de soutien qui ont fleuri partout en France et ailleurs depuis les perquisitions de l’automne dernier.

Nous vous encourageons à prendre les devants dans la lutte contre CIGÉO, à vous approprier la question du nucléaire, à vous autonomiser dans vos initiatives et à ne pas être seulement un soutien à celles et ceux qui luttent à Bure, mais aussi à venir renforcer le réseau qui s’est tissé au fil des années entre toutes les luttes et zones en lutte. Nous vous remercions sincèrement pour tout ce que vous avez fait depuis des mois : vous avez été pour nous une source d’énergie très importante, et vous êtes parvenu.e.s à porter la lutte au-delà de nos frontières.

La lutte contre CIGEO doit se réinventer à nouveau, et pour cela de multiples perspectives se profilent dans les mois à venir :

Bien entendu il faut :

 Continuer la lutte quotidienne tant sur le plan juridique que sur le terrain !
 Continuer à rester solidaires les uns avec les autres face à la répression !
 Continuer de désenclaver cette lutte en nouant des liens forts partout en France et à l’international !

Pour tout cela n’hésitez pas à rester la semaine prochaine : de nombreuses activités sont prévues autour de Bure, où l’on prépare déjà la rentrée : du 3 au 10 septembre, un grand rassemblement sera bientôt annoncé.

Mais aussi :

- Comme toute la filière nucléaire, CIGEO, pour réduire les coûts au mépris de la sûreté, pratique la sous-traitance à tout bout de champ. La réussite de CIGEO dépend donc aussi de ses sous-traitants, implantés un peu partout. Les monstres de Cigéo, c’est le nom que nous avons choisi pour nommer cette emprise tentaculaire de Cigéo sur le territoire. C’est aussi le nom du site internet créé pour vous informer et donner des idées d’actions décentralisées contre ces entreprises.

 Enfin, nous lançons ce samedi 16 Juin 2016 un appel à une grande action partout en France : dès la rentrée, participer et organiser des concertations autogérées près de chez vous pour montrer à l’Etat qu’après 2005, qu’après 2013, ce troisième débat public n’a aucune légitimité ! Le mot concertation vient du latin concertare, qui veut dire : « projeter quelque chose en commun ». Nous souhaitons prendre la définition à la lettre, et l’Etat au mot, en vous proposant de projeter quelques chose en commun : l’arrêt immédiat du nucléaire ! Comme de multiples manières de se concerter sont envisageables : une plateforme internet sera créé dans l’été pour fédérer les rassemblements et actions à inventer dans le cadre de ces concertations autogérées. Elle contiendra des contenus d’éducation populaire, des outils de mutualisation et des propositions d’actions. Elle sera un espace d’autonomie qui viendra contrer la future plateforme ressource de l’Etat sur CIGEO dans leur débat public.

Pour inaugurer cet appel, nous vous invitons à faire ensemble la première concertation autogérée ici, devant la préfecture, qui exécute les ordres du gouvernement, publie des arrêtés liberticides, donnent les autorisations pour détruire nos forets, saccager nos terres agricoles et entrer par effraction dans nos lieux de vie !

Entre la faillite des entreprises du nucléaire, le vieillissement des installations nucléaires et la volonté d’imposer CIGEO par la force, 2018-2019 est une année charnière pour le programme nucléaire français.

Sans oublier évidemment les multiples scandales et le lancement sans cesse retardé de l’EPR de Flamanville. Il faut par tous les moyens empêcher son démarrage car s’il démarre, il ouvrira la voie royale pour la poursuite du programme nucléaire français, CIGEO en tête !

Mais cet état de faiblesse ne durera pas : on l’a vu ce printemps, la machine macroniste est en marche et il est clair qu’elle compte s’obstiner à faire du nucléaire l’énergie propre et décarbonée du XXIe siècle. C’est l’occasion ou jamais de porter un coup fatal en faisant de ces concertations autogérées bien plus qu’un boycott : une offensive contre le nucléaire et son monde, un raz de marée d’intelligence collective, de vitalité et d’actions populaires pour faire prendre conscience au plus grand nombre qu’il faut définitivement arrêter cette catastrophe !

Pour l’arrêt immédiat du nucléaire ! Bloquons le défrichement du bois Lejuc. Bloquons les transformateurs RTE ici comme à Saint Victor ! Bloquons les voies ferrées et leur réforme SNCF (avec des fers à béton !) ! Bloquons les sous-traitants monstres de Cigéo ! Bloquons Vinci, son aéroport comme son grand contournement, Vinci ni à l’ouest, ni à l’est ! Dès la rentrée, rendez vous en septembre à Bure et concertations autogérées sur tout le territoire !


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