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Sortir du nucléaire n°31

Juin 2006

Débat

De Tchernobyl en Tchernobyls

Juin 2006




Georges Charpak, Prix Nobel, lanceur d’alerte, touché par la grâce dans une conversion tardive ?



S’appuyant sur une déclaration de Hajima Maeda, président de l’Association des exploitants de centrales nucléaires (WANO), publiée dans Nucleonics Weeks d’octobre 2003, et l’accident d’avril 2005 dans l’usine de retraitement de Sellafield en Angleterre, l’auteur veut montrer que l’industrie électronucléaire ne peut pas se développer dans les conditions d’insécurité actuelles.
“Un mal terrible menace de l’intérieur les établissements des opérateurs nucléaires” a déclaré le président Hajima Maeda. “… une négligence dans le maintien d’une culture de sécurité en raison de pressions considérables exercées pour réduire les coûts, comme suite à la déréglementation du marché de l’énergie”. En avril 2005 à Sellafield, 80 m3 d’acide nitrique contenant 20 tonnes d’uranium et 200 kg de plutonium se sont écoulés d’un tuyau sans être détectés pendant plusieurs mois. L’incident est passé inaperçu dans la presse. Huit accidents graves se sont produits en Europe, ces dernières années, auxquels il faut ajouter des falsifications des données de sûreté au Japon et à Sellafield (Grande-Bretagne).
Bien qu’ils considèrent l’électricité nucléaire comme indispensable pour satisfaire les besoins futurs de pays en voie de développement comme la Chine et l’Inde, les auteurs mettent en garde les décideurs sur la nécessité de mieux maîtriser la sécurité des installations et l’usage possible des matières nucléaires par les pays ou groupes terroristes. Il s’en suit un manuel de 568 pages extrêmement documenté (453 références et sites internet) sur l’état actuel de l’industrie électronucléaire et sur les armes qui lui sont associées.
Nucléaire : la CGT alerte sur la sécurité des centrales
La CGT s’est inquiétée d’une multiplication des incidents dans les centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine (Aube), Belleville (Cher) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), dénonçant une "dérive financière" d’EDF, nuisible à la sûreté des installations.

"Il y a une dérive financière qui remet en cause la sûreté. Si on poursuit dans cette logique on risque d’arriver à un incident nucléaire", a affirmé Pascal Painault, secrétaire CGT du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, au cours d’une conférence de presse.

Rappelant que trois incidents s’étaient produits en moins de six mois à Nogent-sur-Seine, M. Painault a mis en cause la politique d’EDF, où "toutes les organisations du travail et les moyens affectés ne visent qu’à la réduction des coûts de maintenance et d’exploitation".

"Avant, un arrêt de tranche pour maintenance durait de 35 à 40 jours, aujourd’hui il faut tout relancer en moins de 25 jours", a-t-il fait valoir, affirmant que ces délais restreints provoquaient "une fois sur deux" un nouvel arrêt de la centrale "dans les quinze jours suivants".
Source : AFP (22 févr. 2006)
Jean Pierre Morichaud
Georges Charpak, Richard L. Garwin, Venance Journé, De Tchernobyl en Tchernobyls, Editions Odile Jacob, 2005 - 568 pages - 25,90 euros.

S’appuyant sur une déclaration de Hajima Maeda, président de l’Association des exploitants de centrales nucléaires (WANO), publiée dans Nucleonics Weeks d’octobre 2003, et l’accident d’avril 2005 dans l’usine de retraitement de Sellafield en Angleterre, l’auteur veut montrer que l’industrie électronucléaire ne peut pas se développer dans les conditions d’insécurité actuelles.
“Un mal terrible menace de l’intérieur les établissements des opérateurs nucléaires” a déclaré le président Hajima Maeda. “… une négligence dans le maintien d’une culture de sécurité en raison de pressions considérables exercées pour réduire les coûts, comme suite à la déréglementation du marché de l’énergie”. En avril 2005 à Sellafield, 80 m3 d’acide nitrique contenant 20 tonnes d’uranium et 200 kg de plutonium se sont écoulés d’un tuyau sans être détectés pendant plusieurs mois. L’incident est passé inaperçu dans la presse. Huit accidents graves se sont produits en Europe, ces dernières années, auxquels il faut ajouter des falsifications des données de sûreté au Japon et à Sellafield (Grande-Bretagne).
Bien qu’ils considèrent l’électricité nucléaire comme indispensable pour satisfaire les besoins futurs de pays en voie de développement comme la Chine et l’Inde, les auteurs mettent en garde les décideurs sur la nécessité de mieux maîtriser la sécurité des installations et l’usage possible des matières nucléaires par les pays ou groupes terroristes. Il s’en suit un manuel de 568 pages extrêmement documenté (453 références et sites internet) sur l’état actuel de l’industrie électronucléaire et sur les armes qui lui sont associées.
Nucléaire : la CGT alerte sur la sécurité des centrales
La CGT s’est inquiétée d’une multiplication des incidents dans les centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine (Aube), Belleville (Cher) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), dénonçant une "dérive financière" d’EDF, nuisible à la sûreté des installations.

"Il y a une dérive financière qui remet en cause la sûreté. Si on poursuit dans cette logique on risque d’arriver à un incident nucléaire", a affirmé Pascal Painault, secrétaire CGT du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, au cours d’une conférence de presse.

Rappelant que trois incidents s’étaient produits en moins de six mois à Nogent-sur-Seine, M. Painault a mis en cause la politique d’EDF, où "toutes les organisations du travail et les moyens affectés ne visent qu’à la réduction des coûts de maintenance et d’exploitation".

"Avant, un arrêt de tranche pour maintenance durait de 35 à 40 jours, aujourd’hui il faut tout relancer en moins de 25 jours", a-t-il fait valoir, affirmant que ces délais restreints provoquaient "une fois sur deux" un nouvel arrêt de la centrale "dans les quinze jours suivants".
Source : AFP (22 févr. 2006)
Jean Pierre Morichaud
Georges Charpak, Richard L. Garwin, Venance Journé, De Tchernobyl en Tchernobyls, Editions Odile Jacob, 2005 - 568 pages - 25,90 euros.



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Risque nucléaire