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Sortir du nucléaire n°42

Mai 2009

Etats-Unis

Climat : Al Gore écarte l’énergie nucléaire

Mai 2009




Al Gore s’est adressé aux sénateurs américains pour rappeler l’urgence de parvenir à un accord international lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique qui se tiendra en décembre 2009. Il a énoncé les cinq facteurs clés de succès de la conférence de Copenhague et esquissé la liste des alternatives qu’il juge les plus prometteuses, le nucléaire n’en faisant pas partie.



Le prochain sommet de négociation du traité post-Kyoto sur le changement climatique se tiendra à Copenhague en décembre 2009. A 10 mois de cette échéance cruciale, le Prix Nobel de la Paix et ancien vice-président américain Al Gore a été entendu par la Commission des Affaires Etrangères du Sénat Américain le 28 janvier 2009. Il a alerté les membres de la Commission, de manière parfois dramatique, sur les risques liés à l’inaction face au changement climatique.
“Notre maison est en danger” a déclaré Al Gore. Il a estimé que la dépendance envers les carburants fossiles constitue un lien étroit entre le défi du changement climatique, la crise économique mondiale et la sécurité nationale des Etats-Unis.

Plaidoyer pour une action rapide

Clairement partisan d’un leadership réaffirmé des Etats-Unis, M. Gore a plaidé pour l’adoption rapide de mesures concrètes par son pays. Insistant sur l’urgence, il a martelé que le traité de Copenhague “doit être négocié cette année. Pas l’année prochaine.”
Malgré la présentation de données inquiétantes, Al Gore s’est déclaré optimiste sur les chances d’aboutir, pour trois raisons principales : les signaux forts de l’administration Obama, les propositions constructives de pays émergents (Brésil, Indonésie), le changement progressif dans l’opinion publique américaine.

Le charbon et le nucléaire écartés, le solaire applaudi

Interrogé sur les solutions technologiques possibles, l’ex-vice-président Gore a réaffirmé son opposition à la construction de toute nouvelle centrale thermique au charbon, arguant du fait que la technologie de capture et de stockage du CO2 était loin d’être déployable à grande échelle.
Al Gore s’est également montré très réservé sur le potentiel de l’énergie nucléaire, en raison du volume de déchets, des questions de prolifération à l’échelle mondiale et de l’incapacité des industriels américains à investir les sommes requises pour un véritable développement de cette technologie.
A contrario, Al Gore s’est montré très favorable à l’efficacité énergétique, à la géothermie et au premier chef, au solaire à concentration, dont il a affirmé qu’un carré dédié de 160 km de côté pourrait suffire à alimenter l’ensemble du pays, sous réserve que le réseau électrique soit fortement consolidé et optimisé. L’ancien vice-président a affirmé qu’à condition de réellement se mettre au travail, les Etats-Unis pouvaient obtenir “100% leur électricité de sources renouvelables ou sans carbone en l’espace de 10 ans”.


Cinq facteurs clés de succès pour la conférence de Copenhague

Le Prix Nobel de la Paix s’est ensuite attaché à identifier les cinq facteurs qui selon lui détermineraient le succès d’un accord à Copenhague :

1. l’affirmation d’objectifs et d’échéances de caractère ambitieux de la part des pays industrialisés et l’acceptation d’obligations “différenciées mais obligatoires” par les pays en développement.
2. l’inclusion de la déforestation dans la négociation, car celle-ci est responsable de près de 20% de l’émission de CO2 d’origine anthropique dans l’atmosphère chaque année.
3. l’addition de puits de carbone supplémentaires, provenant notamment des terres agricoles et de pâturages.
4. la garantie offerte aux pays en développement qu’ils auront accès à des mécanismes de financement pour l’adaptation au changement climatique.
5. l’existence d’un régime de conformité et de vérification sans faille.


Des sénateurs ébranlés

Les sénateurs de la Commission se sont montrés à la fois impressionnés et résolus à “faire tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir la pression” a affirmé le Président de séance. Néanmoins, alors même que le “Goracle” s’exprimait, un communiqué de presse était distribué dans la salle par plusieurs assistants parlementaires, visant à discréditer les sources scientifiques sur lesquelles Al Gore s’est toujours appuyé. Cela laisse présager des débats moins consensuels lors de prochaines séances.

Source : Enerzine - 03.02.09

Le prochain sommet de négociation du traité post-Kyoto sur le changement climatique se tiendra à Copenhague en décembre 2009. A 10 mois de cette échéance cruciale, le Prix Nobel de la Paix et ancien vice-président américain Al Gore a été entendu par la Commission des Affaires Etrangères du Sénat Américain le 28 janvier 2009. Il a alerté les membres de la Commission, de manière parfois dramatique, sur les risques liés à l’inaction face au changement climatique.
“Notre maison est en danger” a déclaré Al Gore. Il a estimé que la dépendance envers les carburants fossiles constitue un lien étroit entre le défi du changement climatique, la crise économique mondiale et la sécurité nationale des Etats-Unis.

Plaidoyer pour une action rapide

Clairement partisan d’un leadership réaffirmé des Etats-Unis, M. Gore a plaidé pour l’adoption rapide de mesures concrètes par son pays. Insistant sur l’urgence, il a martelé que le traité de Copenhague “doit être négocié cette année. Pas l’année prochaine.”
Malgré la présentation de données inquiétantes, Al Gore s’est déclaré optimiste sur les chances d’aboutir, pour trois raisons principales : les signaux forts de l’administration Obama, les propositions constructives de pays émergents (Brésil, Indonésie), le changement progressif dans l’opinion publique américaine.

Le charbon et le nucléaire écartés, le solaire applaudi

Interrogé sur les solutions technologiques possibles, l’ex-vice-président Gore a réaffirmé son opposition à la construction de toute nouvelle centrale thermique au charbon, arguant du fait que la technologie de capture et de stockage du CO2 était loin d’être déployable à grande échelle.
Al Gore s’est également montré très réservé sur le potentiel de l’énergie nucléaire, en raison du volume de déchets, des questions de prolifération à l’échelle mondiale et de l’incapacité des industriels américains à investir les sommes requises pour un véritable développement de cette technologie.
A contrario, Al Gore s’est montré très favorable à l’efficacité énergétique, à la géothermie et au premier chef, au solaire à concentration, dont il a affirmé qu’un carré dédié de 160 km de côté pourrait suffire à alimenter l’ensemble du pays, sous réserve que le réseau électrique soit fortement consolidé et optimisé. L’ancien vice-président a affirmé qu’à condition de réellement se mettre au travail, les Etats-Unis pouvaient obtenir “100% leur électricité de sources renouvelables ou sans carbone en l’espace de 10 ans”.


Cinq facteurs clés de succès pour la conférence de Copenhague

Le Prix Nobel de la Paix s’est ensuite attaché à identifier les cinq facteurs qui selon lui détermineraient le succès d’un accord à Copenhague :

1. l’affirmation d’objectifs et d’échéances de caractère ambitieux de la part des pays industrialisés et l’acceptation d’obligations “différenciées mais obligatoires” par les pays en développement.
2. l’inclusion de la déforestation dans la négociation, car celle-ci est responsable de près de 20% de l’émission de CO2 d’origine anthropique dans l’atmosphère chaque année.
3. l’addition de puits de carbone supplémentaires, provenant notamment des terres agricoles et de pâturages.
4. la garantie offerte aux pays en développement qu’ils auront accès à des mécanismes de financement pour l’adaptation au changement climatique.
5. l’existence d’un régime de conformité et de vérification sans faille.


Des sénateurs ébranlés

Les sénateurs de la Commission se sont montrés à la fois impressionnés et résolus à “faire tout ce qui est en notre pouvoir pour maintenir la pression” a affirmé le Président de séance. Néanmoins, alors même que le “Goracle” s’exprimait, un communiqué de presse était distribué dans la salle par plusieurs assistants parlementaires, visant à discréditer les sources scientifiques sur lesquelles Al Gore s’est toujours appuyé. Cela laisse présager des débats moins consensuels lors de prochaines séances.

Source : Enerzine - 03.02.09



Thèmes
Energies renouvelables Politique énergétique Nucléaire et climat