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Sortir du nucléaire n°59

Novembre 2013

Nucléaire militaire

Cent jeûneurs pour le désarmement nucléaire !

Novembre 2013




Cent jeûneuses et jeûneurs : 80 à Paris, 6 à Aldermaston, près de Londres, et 15 à Büchel, près de Bonn... Pour libérer l’Europe des armes nucléaires. Quatre jours d’actions mémorables. Récit.



Ils et elles ont commencé par la Bourgogne. Arrivés de Londres, tard le soir à la Maison de Vigilance à Paris et partis le lendemain matin pour Dijon. Ce sont onze Anglais-e-s qui sont venu-e-s dénoncer l’accord entre la France et le Royaume-Uni, accord qui va mettre en œuvre la modernisation des armes nucléaires de ces deux pays pendant les prochaines... 50 années !

Une manifestation avec le soutien du Mouvement de la Paix de Bourgogne. Devant le Centre du CEA de Valduc. Manifestation interdite... Mais FR3 a sauvé la mise. Comment interdire une manifestation en présence de la télé ? Les banderoles sur les grilles du CEA ont dénoncé cet accord franco-anglais, le "Traité Teutatès", qui viole les lois internationales : communiquer des informations confidentielles sur les armes nucléaires est interdit. Et ceci est explicitement violé dans l’article 12 du Traité !

Le 5 août : stage sur la "non-violence active", avec les experts formateurs des Désobéissants. Un stage suivi par une cinquantaine de participants. Et qui s’est révélé très utile.

Organisé par la Maison de Vigilance, Armes nucléaires STOP et le Réseau "Sortir du nucléaire", le jeûne-action a commencé le 6 août au matin, avec la cérémonie de commémoration du bombardement d’Hiroshima. Avec des artistes japonais venus pour exprimer le drame du crime contre l’Humanité par leur trompette et leurs divers instruments. Un moment fort de recueillement et de dénonciation des 2083 essais nucléaires qui ont fait d’autres nombreuses victimes. La France, avec 210 essais n’a pas été en reste ! Sahara pollué, Polynésie polluée, de nombreux décès dus à la radioactivité... Et la France n’accepte toujours pas d’indemniser les victimes...

Chaque jour, manifestation sous la Tour Eiffel. Distribution de tracts en dix langues différentes. Un rituel depuis sept ans que le jeûne-action se fait au Mur pour la Paix. Une manifestation "interdite" mais "tolérée" qui a rendu certains policiers un peu nerveux quant à notre "trouble" mais les "habitués" savaient difficile, ou plutôt impossible, de s’opposer à notre non-violence active... D’autant plus que, lorsqu’on dénonce l’arme nucléaire, le public approuve largement ! Pour ceux qui sont couchés par terre dans leur die-in et qui se voient photographiés par des centaines de touristes, c’est rassurant ! Beaucoup mieux qu’un tract ! Ils garderont dans leurs photos de vacances la trace de nos banderoles "libérer le monde des armes nucléaires, c’est possible !"

Deux moments un peu "chauds"... Ce furent les demandes de rendez-vous au Parti socialiste et au ministère de la Santé. Décidés par les jeûneurs. Au Parti socialiste, rue Solférino, nous avions une promesse d’entrevue l’année dernière. Elle n’a pas abouti depuis un an. De quoi aller demander des explications. Ce ne sont pas les explications qui sont arrivées mais des CRS. Parler de désarmement nucléaire, c’est un sujet qui fâche.

La seconde demande d’entrevue a été plus positive. Au ministère de la Santé, nous sommes allés demander ce qui était prévu en cas de frappe nucléaire sur une ville : 20 000 bombes sont en service, 2000 en état d’alerte, dont 96 françaises. Une erreur peut arriver comme le montre les archives récemment déclassifiées. Réponse du ministère : "rien n’est prévu". Et il nous a été accordé une entrevue... sous bonne garde de CRS.

Ce furent quatre jours de jeûne... À l’eau. Les médias se sont déplacés pour la première fois. La mairie de Paris-2e nous offrait le logement et le repas de rupture de jeûne. Ce furent vraiment de grands moments !

 

Dominique Lalanne

Armes nucléaires STOP

Ils et elles ont commencé par la Bourgogne. Arrivés de Londres, tard le soir à la Maison de Vigilance à Paris et partis le lendemain matin pour Dijon. Ce sont onze Anglais-e-s qui sont venu-e-s dénoncer l’accord entre la France et le Royaume-Uni, accord qui va mettre en œuvre la modernisation des armes nucléaires de ces deux pays pendant les prochaines... 50 années !

Une manifestation avec le soutien du Mouvement de la Paix de Bourgogne. Devant le Centre du CEA de Valduc. Manifestation interdite... Mais FR3 a sauvé la mise. Comment interdire une manifestation en présence de la télé ? Les banderoles sur les grilles du CEA ont dénoncé cet accord franco-anglais, le "Traité Teutatès", qui viole les lois internationales : communiquer des informations confidentielles sur les armes nucléaires est interdit. Et ceci est explicitement violé dans l’article 12 du Traité !

Le 5 août : stage sur la "non-violence active", avec les experts formateurs des Désobéissants. Un stage suivi par une cinquantaine de participants. Et qui s’est révélé très utile.

Organisé par la Maison de Vigilance, Armes nucléaires STOP et le Réseau "Sortir du nucléaire", le jeûne-action a commencé le 6 août au matin, avec la cérémonie de commémoration du bombardement d’Hiroshima. Avec des artistes japonais venus pour exprimer le drame du crime contre l’Humanité par leur trompette et leurs divers instruments. Un moment fort de recueillement et de dénonciation des 2083 essais nucléaires qui ont fait d’autres nombreuses victimes. La France, avec 210 essais n’a pas été en reste ! Sahara pollué, Polynésie polluée, de nombreux décès dus à la radioactivité... Et la France n’accepte toujours pas d’indemniser les victimes...

Chaque jour, manifestation sous la Tour Eiffel. Distribution de tracts en dix langues différentes. Un rituel depuis sept ans que le jeûne-action se fait au Mur pour la Paix. Une manifestation "interdite" mais "tolérée" qui a rendu certains policiers un peu nerveux quant à notre "trouble" mais les "habitués" savaient difficile, ou plutôt impossible, de s’opposer à notre non-violence active... D’autant plus que, lorsqu’on dénonce l’arme nucléaire, le public approuve largement ! Pour ceux qui sont couchés par terre dans leur die-in et qui se voient photographiés par des centaines de touristes, c’est rassurant ! Beaucoup mieux qu’un tract ! Ils garderont dans leurs photos de vacances la trace de nos banderoles "libérer le monde des armes nucléaires, c’est possible !"

Deux moments un peu "chauds"... Ce furent les demandes de rendez-vous au Parti socialiste et au ministère de la Santé. Décidés par les jeûneurs. Au Parti socialiste, rue Solférino, nous avions une promesse d’entrevue l’année dernière. Elle n’a pas abouti depuis un an. De quoi aller demander des explications. Ce ne sont pas les explications qui sont arrivées mais des CRS. Parler de désarmement nucléaire, c’est un sujet qui fâche.

La seconde demande d’entrevue a été plus positive. Au ministère de la Santé, nous sommes allés demander ce qui était prévu en cas de frappe nucléaire sur une ville : 20 000 bombes sont en service, 2000 en état d’alerte, dont 96 françaises. Une erreur peut arriver comme le montre les archives récemment déclassifiées. Réponse du ministère : "rien n’est prévu". Et il nous a été accordé une entrevue... sous bonne garde de CRS.

Ce furent quatre jours de jeûne... À l’eau. Les médias se sont déplacés pour la première fois. La mairie de Paris-2e nous offrait le logement et le repas de rupture de jeûne. Ce furent vraiment de grands moments !

 

Dominique Lalanne

Armes nucléaires STOP



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