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Sortir du nucléaire n°69

Mai 2016

Ça bouge dans le Réseau !

Mai 2016 | Quelques moments forts sur le terrain




Impossible de parler de tout, mais voici en bref, quelques temps forts passés ou à venir, en complément des actions mises en lumière dans les autres pages de cette revue. Pour alimenter cette rubrique, merci d’écrire par e-mails à Mélisande Seyzériat, coordinatrice nationale des groupes et actions. Contact : mobilisations@sortirdunucleaire.fr



Stoppons Tchernocampus !

Sortir du nucléaire Pays nantais était présent jeudi 15 octobre 2015 lors de l’inauguration de Technocampus Océan, ou plutôt "Tchernocampus" tant ce bâtiment constitue un cadeau fait à l’industrie nucléaire. Des tracts informatifs ont pu êtres distribués à tous les participants à cette inauguration. "Technocampus Océan" est un bâtiment de 17 000 m2 de bureaux et d’ateliers construit à Bouguenais, près de l’aéroport Nantes Atlantique, par le Conseil régional des Pays-de-la-Loire et financé par de nombreuses collectivités locales pour un financement total de près de 40 millions d’euros.

Ce Technocampus est supposé abriter des activités de recherche sur les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Or, environ la moitié du Technocampus bénéficiera à DCNS (anciens arsenaux devenus une entreprise de droit privé dont l’État reste l’actionnaire majoritaire), qui est l’industriel majeur du naval de défense en France. DCNS réalise notamment les porte-avions à propulsion nucléaire, les sous-marins nucléaires d’attaque, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (de M51 par exemple). DCNS se diversifie aussi vers le nucléaire civil (sous-traitant d’Areva pour les EPR, réacteur pour le CEA à Cadarache, projet de centrales nucléaires sous-marines) et prétend se diversifier aussi dans les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Mais sur ce dernier point cela semble bien moins concret : DCNS ne compte que sur quelques "GéoTrouvetou" !

Il est à noter que la "diversification" de DCNS vers le nucléaire civil se fait à perte (des provisions ont été passées en 2013 et 2014), l’aide des collectivités va sans doute aller combler ce trou-là et, même si ce n’était pas le cas, elle va de toute façon faciliter l’activité militaire et nucléaire "tout venant" de DCNS. Technocampus Océan est donc une imposture consistant à financer, construire et louer "à prix d’ami" un projet immobilier sur mesure à DCNS, dont l’activité principale reste la construction navale militaire, notamment nucléaire, et dont la diversification principale est le nucléaire civil et non les Énergies Marines Renouvelables ! Ce bâtiment aurait pu être loué à de véritables professionnels des énergies renouvelables plutôt qu’à ces imposteurs atomiques.


Les plans particuliers d’intervention et la distribution des pastilles d’iode en question à Bugey

Le 27 février, l’association SDN Bugey menait une action dans la commune de Saint-Romain-de-Jalionas, afin d’in- terpeller les élus et d’alerter la population sur le risque d’accident lié à la centrale du Bugey. Cette commune se situe à l’intérieur du périmètre concerné par le PPI (Plan Particulier d’Intervention) où les habitants doivent notamment êtres fournis en pastilles d’iode.

La grande majorité de la population ignore qu’en cas d’accident, elle devra tout laisser derrière elle, sa vie, sa maison, son travail... L’association a donc demandé aux élus d’ajouter un panneau "zone à évacuer d’urgence en cas d’accident nucléaire majeur" dans toutes les communes du bassin de vie de la centrale, à commencer par toutes celles appartenant au PPI, pour informer la population des dangers.

Suite à une annonce de Ségolène Royal, le 26 avril dernier, le PPI devrait passer de 10 à 20 km, mais selon l’ANCCLI, (Agence nationale des commissions locales d’information), il faudrait l’étendre à un minimum de... 80 km. Si ce périmètre était mis en place, l’agglomération lyon- naise située à 35 km de la centrale en ferait partie et cela concernerait 2 millions d’habitants... Sachant que les autorités ont déjà du mal à procéder à la distribution des pastilles d’iode dans un rayon de 10 km, on imagine que ça ne va pas les encourager à prendre les mesures demandées par l’ANCCLI par rapport au PPI.


Fukushima+5, Tchernobyl+30 : 200 actions ont eu lieu partout en France !

Dès début mars débutaient partout en France les commémorations des catastrophes nucléaires de Fukushima et Tchernobyl, qui soufflaient tristement Leurs 5 et 30 bougies. En tout, nous avons dénombré environ 200 actions sur tout le territoire en mémoire des victimes, pour réclamer la sortie du nucléaire, et pour que ces catastrophes n’arrivent plus jamais !

Action à Rouen devant une agence EDF par SENPNA et Greenpeace

De nombreuses conférences, projections, débats, actions ont été organisés et plein d’initiatives ont vu le jour à ces occasions, notamment l’appel à insurrection artistique lancé par Brut de Béton, dans le cadre duquel ont été organisées des expositions, des pièces de théâtre, de la musique, des installations.

À Grenoble, Sortir du nucléaire 38 et IndependentWHO ont répondu à cet appel à insurrection, contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète, en organisant un grand événe- ment sur 12 jours dans différents lieux : exposition d’une vingtaine d’artistes dans un musée, 4 projections-débats, 3 représentations théâtrales de "La supplication", une conférence du médecin Abraham Béhar et un rassemblement en centre-ville ! À l’occasion de l’inauguration de cet événement, environ 400 personnes se sont rendues sur les lieux, une belle récompense pour les organisateurs qui n’ont pas démérités ! C’était aussi l’occasion pour Géraud Bournet de présenter son magnifique roman graphique "Franckushima".

Tournée de liquidateurs de Tchernobyl

De nombreux groupes antinucléaires ont souhaité faire venir témoigner des liquidateurs de Tchernobyl, véritables sacrifiés de la catastrophe, sans qui les conséquences de l’accident auraient été encore plus graves. En effet, dès les premiers jours de la catastrophe, des milliers de pompiers, de réservistes ou de simples citoyens soviétiques ont été envoyés à Tchernobyl pour éteindre le feu qui ravageait la centrale accidentée, provoquant un nuage extrêmement toxique. Nous ne savons pas exactement combien de personnes ont péri dans cette catastrophe, mais ce que nous avons pu encore une fois constater grâce au témoignage des liquidateurs Oleg Veklenko et Natalia Manzourova, c’est que les victimes sont beaucoup plus nombreuses que ce que le lobby voudrait nous faire croire depuis 30 ans. Sur les photos prises par Oleg à Tchernobyl, presque tous sont morts aujourd’hui. Les deux liquidateurs ont donc parcouru le territoire français, Oleg de Lyon à Paris en passant par Bure et Fessenheim, dont il a rencontré le maire pour lui rappeler la nécessité absolue de sortir du nucléaire avant la catastrophe. En échange d’une photo de liquidateurs prise par Oleg en 1986, le maire de Fessenheim lui a offert un livre très sérieusement intitulé "Vive le nucléaire heureux"... Il y a encore de boulot avec les nucléocrates en costume !

De gauche à droite : Le maire de Fessenheim, la traductrice franco-ukrainienne et Oleg.

De gauche à droite Nadejda, la traductrice franco-russe et Natalia

Natalia quant à elle a fait un périple dans l’ouest de la France, de Montreuil à Brest en passant par Lorient... Elle était aussi accompagnée de Nadejda Koutepova, militante antinucléaire russe qui a dû s’exiler en France à cause de la répression dont elle faisait l’objet dans son pays.

Le lieutenant Oleg Veklenko, ancien officier de l’armée, artiste plasticien, professeur à l’Institut Kharkiv d’arts industriels, est mobilisé comme des milliers de réservistes par les forces armées de la défense chimique le 29 avril 1986. Le 3 mai, il est à Tchernobyl même. Durant ces mois inquiétants, il fera des centaines de photos. En particulier de personnes auxquelles on ne prête pas attention en général. Ces photos exceptionnelles et inédites ont été présentées pendant toute la tournée. Natalia Manzourova, biologiste spécialisée en radioprotection, travaillait dans un centre scientifique secret auprès du com- binat radiochimique "Maïak" à Ozersk, lorsque, en avril 1986, comme beaucoup d’autres spécialistes du nucléaire, elle fut envoyée de toute urgence en mission à Tchernobyl.


Des actions coordonnées d’occupation de l’espace public autour des deux plus vieilles centrales de France !

Le 23 avril, plusieurs associations ont occupé les ronds-points autour de la centrale du Bugey, équipés de costumes de liquidateurs et de banderoles réclamant la fermeture de la "pétaudière de l’Ain", comme l’ont surnommé nos amis suisses. En Alsace, ce sont les ponts du Rhin qui ont été occupés pour rappeler les dangers de la centrale de Fessenheim, qui n’est pas seulement la plus vieille de France, mais qui est aussi située dans une région sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace. Si un séisme devait arriver, la centrale serait submergée... Comme à Fukushima.


Tcherno23 : le marathon antinucléaire diffusé en direct !

À la mairie du 2ème arrondissement de Paris, trois jours avant l’anniversaire de Tchernobyl c’est un véritable marathon de conférences qui a eu lieu. De nombreux intervenants comme Michèle Rivasi, Roland Desbordes, Corinne Lepage, Yves Lenoir, sont venus témoigner et apporter des éclairages sur la situation post-Fukushima, sur l’état très préoccupant du nucléaire français, sur ce qui se trame au niveau européen vis-à-vis de la radioprotection... En tout, 15 heures de débats que vous pouvez visionner sur la chaîne YouTube Tcherno23. Environ 200 personnes étaient présentes sur la journée.


Cycle de conférences pour sortir du nucléaire

Deux conférences sur la transition énergétique à Embrun et Briançon ont rassemblé 140 personnes fin avril, proposées par la Société Alpine de Protection de la Nature et Sortir du nucléaire 05. Emmanuel Rauzier, professeur d’université spécialisé dans le domaine de l’énergie, a présenté le scénario élaboré par les membres de l’association négaWatt pour sortir du nucléaire et basculer vers une production d’énergies 100% renouvelables. Ce scénario, publié en 2011, va être actualisé d’ici peu grâce à un financement participatif qui a rassemblé plus de 40000 euros en un mois, via internet.

Après la conférence du 23 avril, Pierre Leroy, maire de Puy St André, a présenté le Territoire à Énergie Positive (TEPOS) du pays Briançonnais, tandis que d’autres intervenants ont présenté le fournisseur d’électricité verte Enercoop, la société de production d’électricité citoyenne SEVE (Soleil Eau Vent Énergie), ou encore le CPIE (point info énergie). Devant ce succès, la SAPN et SDN 05 envisagent d’organiser d’autres conférences similaires dans l’ouest du département.


Une installation artistique sur le Pont des Arts en mémoire des victimes

Le lundi 25 avril, sur le parvis de l’Académie française, juste devant le Pont des Arts à Paris avait lieu une commémoration un peu particulière car pendant toute la journée, des artistes ont mis en place une installation avec des ballons en forme de nuage – pour rappeler le nuage de Tchernobyl – où les passants étaient invités à venir laisser leurs messages au feutre. Cette performance a attiré beaucoup de gens malgré le temps maus- sade. Ensuite, un temps de recueillement a eu lieu en présence de la fondatrice de la CRIIRAD, Michèle Rivasi, qui a rappelé les mensonges du professeur Pellerin et des autorités sur le nuage.


Nuit Debout débat du nucléaire

Le 26 avril sur la Place de la République avait lieu un débat à l’occasion de l’anniversaire de Tchernobyl où des militants antinucléaires ont pu échanger avec les militants du mouvement "Nuit debout". Malgré le froid et la neige (oui, la neige !) les échanges étaient très riches, partant des catastrophes, ils en sont venus au constat que le nucléaire français va coûter de plus en plus cher tout en étant de plus en plus risqué, et enfin, ils ont parlé des perspectives de mobilisations (Bure, Flamanville...).

La commission écologie de Nuit Debout devrait poursuivre son travail sur la question du nucléaire. Affaire à suivre donc !


La conférence de la honte à Strasbourg

La MAIF "assureur militant" avait décidé le 26 avril, jour de l’anniversaire de Tchernobyl, d’organiser dans ses locaux de Strasbourg une conférence sur le changement climatique dispensée par... Sauvons le climat ! Une association pro-nucléaire qui vend le nucléaire comme solution face aux dérèglements climatiques. On retrouve entre autres dans Sauvons le climat la SFEN et l’association des retraités du CEA. La plaisanterie n’a pas franchement plu aux militants alsaciens. Ils ont donc fait le déplacement pour d’une part contrecarrer le discours de l’intervenant, mais aussi pour dénoncer l’assureur dégoûtant !

Stoppons Tchernocampus !

Sortir du nucléaire Pays nantais était présent jeudi 15 octobre 2015 lors de l’inauguration de Technocampus Océan, ou plutôt "Tchernocampus" tant ce bâtiment constitue un cadeau fait à l’industrie nucléaire. Des tracts informatifs ont pu êtres distribués à tous les participants à cette inauguration. "Technocampus Océan" est un bâtiment de 17 000 m2 de bureaux et d’ateliers construit à Bouguenais, près de l’aéroport Nantes Atlantique, par le Conseil régional des Pays-de-la-Loire et financé par de nombreuses collectivités locales pour un financement total de près de 40 millions d’euros.

Ce Technocampus est supposé abriter des activités de recherche sur les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Or, environ la moitié du Technocampus bénéficiera à DCNS (anciens arsenaux devenus une entreprise de droit privé dont l’État reste l’actionnaire majoritaire), qui est l’industriel majeur du naval de défense en France. DCNS réalise notamment les porte-avions à propulsion nucléaire, les sous-marins nucléaires d’attaque, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (de M51 par exemple). DCNS se diversifie aussi vers le nucléaire civil (sous-traitant d’Areva pour les EPR, réacteur pour le CEA à Cadarache, projet de centrales nucléaires sous-marines) et prétend se diversifier aussi dans les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Mais sur ce dernier point cela semble bien moins concret : DCNS ne compte que sur quelques "GéoTrouvetou" !

Il est à noter que la "diversification" de DCNS vers le nucléaire civil se fait à perte (des provisions ont été passées en 2013 et 2014), l’aide des collectivités va sans doute aller combler ce trou-là et, même si ce n’était pas le cas, elle va de toute façon faciliter l’activité militaire et nucléaire "tout venant" de DCNS. Technocampus Océan est donc une imposture consistant à financer, construire et louer "à prix d’ami" un projet immobilier sur mesure à DCNS, dont l’activité principale reste la construction navale militaire, notamment nucléaire, et dont la diversification principale est le nucléaire civil et non les Énergies Marines Renouvelables ! Ce bâtiment aurait pu être loué à de véritables professionnels des énergies renouvelables plutôt qu’à ces imposteurs atomiques.


Les plans particuliers d’intervention et la distribution des pastilles d’iode en question à Bugey

Le 27 février, l’association SDN Bugey menait une action dans la commune de Saint-Romain-de-Jalionas, afin d’in- terpeller les élus et d’alerter la population sur le risque d’accident lié à la centrale du Bugey. Cette commune se situe à l’intérieur du périmètre concerné par le PPI (Plan Particulier d’Intervention) où les habitants doivent notamment êtres fournis en pastilles d’iode.

La grande majorité de la population ignore qu’en cas d’accident, elle devra tout laisser derrière elle, sa vie, sa maison, son travail... L’association a donc demandé aux élus d’ajouter un panneau "zone à évacuer d’urgence en cas d’accident nucléaire majeur" dans toutes les communes du bassin de vie de la centrale, à commencer par toutes celles appartenant au PPI, pour informer la population des dangers.

Suite à une annonce de Ségolène Royal, le 26 avril dernier, le PPI devrait passer de 10 à 20 km, mais selon l’ANCCLI, (Agence nationale des commissions locales d’information), il faudrait l’étendre à un minimum de... 80 km. Si ce périmètre était mis en place, l’agglomération lyon- naise située à 35 km de la centrale en ferait partie et cela concernerait 2 millions d’habitants... Sachant que les autorités ont déjà du mal à procéder à la distribution des pastilles d’iode dans un rayon de 10 km, on imagine que ça ne va pas les encourager à prendre les mesures demandées par l’ANCCLI par rapport au PPI.


Fukushima+5, Tchernobyl+30 : 200 actions ont eu lieu partout en France !

Dès début mars débutaient partout en France les commémorations des catastrophes nucléaires de Fukushima et Tchernobyl, qui soufflaient tristement Leurs 5 et 30 bougies. En tout, nous avons dénombré environ 200 actions sur tout le territoire en mémoire des victimes, pour réclamer la sortie du nucléaire, et pour que ces catastrophes n’arrivent plus jamais !

Action à Rouen devant une agence EDF par SENPNA et Greenpeace

De nombreuses conférences, projections, débats, actions ont été organisés et plein d’initiatives ont vu le jour à ces occasions, notamment l’appel à insurrection artistique lancé par Brut de Béton, dans le cadre duquel ont été organisées des expositions, des pièces de théâtre, de la musique, des installations.

À Grenoble, Sortir du nucléaire 38 et IndependentWHO ont répondu à cet appel à insurrection, contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète, en organisant un grand événe- ment sur 12 jours dans différents lieux : exposition d’une vingtaine d’artistes dans un musée, 4 projections-débats, 3 représentations théâtrales de "La supplication", une conférence du médecin Abraham Béhar et un rassemblement en centre-ville ! À l’occasion de l’inauguration de cet événement, environ 400 personnes se sont rendues sur les lieux, une belle récompense pour les organisateurs qui n’ont pas démérités ! C’était aussi l’occasion pour Géraud Bournet de présenter son magnifique roman graphique "Franckushima".

Tournée de liquidateurs de Tchernobyl

De nombreux groupes antinucléaires ont souhaité faire venir témoigner des liquidateurs de Tchernobyl, véritables sacrifiés de la catastrophe, sans qui les conséquences de l’accident auraient été encore plus graves. En effet, dès les premiers jours de la catastrophe, des milliers de pompiers, de réservistes ou de simples citoyens soviétiques ont été envoyés à Tchernobyl pour éteindre le feu qui ravageait la centrale accidentée, provoquant un nuage extrêmement toxique. Nous ne savons pas exactement combien de personnes ont péri dans cette catastrophe, mais ce que nous avons pu encore une fois constater grâce au témoignage des liquidateurs Oleg Veklenko et Natalia Manzourova, c’est que les victimes sont beaucoup plus nombreuses que ce que le lobby voudrait nous faire croire depuis 30 ans. Sur les photos prises par Oleg à Tchernobyl, presque tous sont morts aujourd’hui. Les deux liquidateurs ont donc parcouru le territoire français, Oleg de Lyon à Paris en passant par Bure et Fessenheim, dont il a rencontré le maire pour lui rappeler la nécessité absolue de sortir du nucléaire avant la catastrophe. En échange d’une photo de liquidateurs prise par Oleg en 1986, le maire de Fessenheim lui a offert un livre très sérieusement intitulé "Vive le nucléaire heureux"... Il y a encore de boulot avec les nucléocrates en costume !

De gauche à droite : Le maire de Fessenheim, la traductrice franco-ukrainienne et Oleg.

De gauche à droite Nadejda, la traductrice franco-russe et Natalia

Natalia quant à elle a fait un périple dans l’ouest de la France, de Montreuil à Brest en passant par Lorient... Elle était aussi accompagnée de Nadejda Koutepova, militante antinucléaire russe qui a dû s’exiler en France à cause de la répression dont elle faisait l’objet dans son pays.

Le lieutenant Oleg Veklenko, ancien officier de l’armée, artiste plasticien, professeur à l’Institut Kharkiv d’arts industriels, est mobilisé comme des milliers de réservistes par les forces armées de la défense chimique le 29 avril 1986. Le 3 mai, il est à Tchernobyl même. Durant ces mois inquiétants, il fera des centaines de photos. En particulier de personnes auxquelles on ne prête pas attention en général. Ces photos exceptionnelles et inédites ont été présentées pendant toute la tournée. Natalia Manzourova, biologiste spécialisée en radioprotection, travaillait dans un centre scientifique secret auprès du com- binat radiochimique "Maïak" à Ozersk, lorsque, en avril 1986, comme beaucoup d’autres spécialistes du nucléaire, elle fut envoyée de toute urgence en mission à Tchernobyl.


Des actions coordonnées d’occupation de l’espace public autour des deux plus vieilles centrales de France !

Le 23 avril, plusieurs associations ont occupé les ronds-points autour de la centrale du Bugey, équipés de costumes de liquidateurs et de banderoles réclamant la fermeture de la "pétaudière de l’Ain", comme l’ont surnommé nos amis suisses. En Alsace, ce sont les ponts du Rhin qui ont été occupés pour rappeler les dangers de la centrale de Fessenheim, qui n’est pas seulement la plus vieille de France, mais qui est aussi située dans une région sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace. Si un séisme devait arriver, la centrale serait submergée... Comme à Fukushima.


Tcherno23 : le marathon antinucléaire diffusé en direct !

À la mairie du 2ème arrondissement de Paris, trois jours avant l’anniversaire de Tchernobyl c’est un véritable marathon de conférences qui a eu lieu. De nombreux intervenants comme Michèle Rivasi, Roland Desbordes, Corinne Lepage, Yves Lenoir, sont venus témoigner et apporter des éclairages sur la situation post-Fukushima, sur l’état très préoccupant du nucléaire français, sur ce qui se trame au niveau européen vis-à-vis de la radioprotection... En tout, 15 heures de débats que vous pouvez visionner sur la chaîne YouTube Tcherno23. Environ 200 personnes étaient présentes sur la journée.


Cycle de conférences pour sortir du nucléaire

Deux conférences sur la transition énergétique à Embrun et Briançon ont rassemblé 140 personnes fin avril, proposées par la Société Alpine de Protection de la Nature et Sortir du nucléaire 05. Emmanuel Rauzier, professeur d’université spécialisé dans le domaine de l’énergie, a présenté le scénario élaboré par les membres de l’association négaWatt pour sortir du nucléaire et basculer vers une production d’énergies 100% renouvelables. Ce scénario, publié en 2011, va être actualisé d’ici peu grâce à un financement participatif qui a rassemblé plus de 40000 euros en un mois, via internet.

Après la conférence du 23 avril, Pierre Leroy, maire de Puy St André, a présenté le Territoire à Énergie Positive (TEPOS) du pays Briançonnais, tandis que d’autres intervenants ont présenté le fournisseur d’électricité verte Enercoop, la société de production d’électricité citoyenne SEVE (Soleil Eau Vent Énergie), ou encore le CPIE (point info énergie). Devant ce succès, la SAPN et SDN 05 envisagent d’organiser d’autres conférences similaires dans l’ouest du département.


Une installation artistique sur le Pont des Arts en mémoire des victimes

Le lundi 25 avril, sur le parvis de l’Académie française, juste devant le Pont des Arts à Paris avait lieu une commémoration un peu particulière car pendant toute la journée, des artistes ont mis en place une installation avec des ballons en forme de nuage – pour rappeler le nuage de Tchernobyl – où les passants étaient invités à venir laisser leurs messages au feutre. Cette performance a attiré beaucoup de gens malgré le temps maus- sade. Ensuite, un temps de recueillement a eu lieu en présence de la fondatrice de la CRIIRAD, Michèle Rivasi, qui a rappelé les mensonges du professeur Pellerin et des autorités sur le nuage.


Nuit Debout débat du nucléaire

Le 26 avril sur la Place de la République avait lieu un débat à l’occasion de l’anniversaire de Tchernobyl où des militants antinucléaires ont pu échanger avec les militants du mouvement "Nuit debout". Malgré le froid et la neige (oui, la neige !) les échanges étaient très riches, partant des catastrophes, ils en sont venus au constat que le nucléaire français va coûter de plus en plus cher tout en étant de plus en plus risqué, et enfin, ils ont parlé des perspectives de mobilisations (Bure, Flamanville...).

La commission écologie de Nuit Debout devrait poursuivre son travail sur la question du nucléaire. Affaire à suivre donc !


La conférence de la honte à Strasbourg

La MAIF "assureur militant" avait décidé le 26 avril, jour de l’anniversaire de Tchernobyl, d’organiser dans ses locaux de Strasbourg une conférence sur le changement climatique dispensée par... Sauvons le climat ! Une association pro-nucléaire qui vend le nucléaire comme solution face aux dérèglements climatiques. On retrouve entre autres dans Sauvons le climat la SFEN et l’association des retraités du CEA. La plaisanterie n’a pas franchement plu aux militants alsaciens. Ils ont donc fait le déplacement pour d’une part contrecarrer le discours de l’intervenant, mais aussi pour dénoncer l’assureur dégoûtant !



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