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Sortir du nucléaire n°35

Juin-juillet 2007

Déchets nucléaires

Bure : la colonisation nucléaire

Juin-juillet 2007




Depuis le vote de la loi de gestion des déchets radioactifs en juin 2006, les plans de l’ANDRA (l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) s’éxécutent inexorablement et l’implantation du lobby nucléaire dans la région se généralise d’une manière inquiétante.



Si on connaît avec exactitude l’agenda de l’enfouissement des déchets tel qu’il a été défini par la loi ainsi que ses modalités, on découvre peu à peu que AREVA, EDF et le CEA ont jeté leur dévolu sur ce coin de terre. Alors que certaines régions ont fortement résisté à l’implantation des installations nucléaires, d’autres se sont montrées sinon consentantes, pour le moins largement indifférentes ou résignées. C’est le cas de la Meuse et de la Haute Marne qui outre leur faiblesse économique et démographique ont fait les frais de fines stratégies élaborées par le lobby.

Chronique d’une catastrophe annoncée
Les programmes scientifiques et techniques de l’ANDRA s’étendront de 2007 à 2009 et seront suivis par des formalités diverses : consultation locale, ciblage de la zone restreinte, débat public, demandes d’autorisation, loi sur la réversibilité, décret, et finalement, mise en exploitation du stockage en 2025. L’enchaînement de ces étapes et leur issue finale ne laisse aucune place à la remise en cause de l’enfouissement, seule la réversibilité du stockage continue d’être invoquée pour laisser croire à une possible et lointaine issue. 14 nouveaux forages sont prévus dans le cadre de ce programme dès septembre 2007, ils serviront notamment à délimiter le lieu exact du futur centre de stockage souterrain qui aura une superficie en surface de 4 km2 et de 1500 hectares en sous-sol pour un total de 300 km de galeries. C’est contre ces forages qu’il faut à présent résister, car ils préfigurent l’occupation de nouvelles terres par l’ANDRA ; son extension hors des limites du laboratoire est la première phase concrète de réalisation de son projet industriel.

Le Cartel de Bure
L’ANDRA et ses partenaires forment une sorte de maffia extrêmement persuasive qui en agissant sous couvert du développement local, se livre à la colonisation progressive du territoire. D’ailleurs, peut-être ne sommes nous pas au bout de nos surprises, puisqu’une récente publication du Conseil Général de Meuse annonçait qu’EDF, le CEA et AREVA formaient de grands projets industriels pour Bure et sa région : promesse plutôt préoccupante qui pourrait concerner de nouvelles installations nucléaires... Enfin, le partenariat signé avec les universités nancéennes mérite qu’on s’y attarde pour en étudier l’article portant sur la confidentialité.

Les universités mises au secret
Un accord de partenariat a été signé en février dernier entre l’ANDRA et trois universités nancéennes dans le cadre de la professionnalisation des universités (c’est à dire du remplacement du financement public par le financement privé). Cet accord impose la confidentialité des recherches et prévoit même de manipuler les résultats qui seraient “de nature à porter préjudice à une exploitation industrielle et commerciale. “La loi 2006 sur les déchets nucléaires autorise l’ANDRA à enfouir les déchets les plus toxiques à Bure à condition que des recherches complémentaires en confirment le bien fondé. Déjà refusé citoyennement lors du débat public de 2005-2006, la thèse de l’enfouissement des déchets s’appuie sur des études incomplètes et souffre d’un manque d’expertises indépendantes. Les conditions de l’accord qui vient d’être signé montrent l’asservissement de la recherche et de l’enseignement supérieur à la cause du nucléaire et mettent gravement en cause la fiabilité des résultats qui seront produits. L’ANDRA place sous son contrôle strict toutes les recherches qui relèvent de ses programmes, que ce soit sur le plan de la géologie (comportement des roches), de l’environnement (impact sur la biosphère), de l’ingénierie (modalités d’enfouissement) ou des sciences humaines et sociales (réaction des populations). Elle ordonnera, évaluera et se permettra de censurer ou de falsifier les résultats qui ne serviraient pas ses intérêts.

Extraits de l’accord de partenariat :
Accord ANDRA / Universités (INPL, UHP, Nancy 2) - article 11 “En conséquence, tout projet de publication ou communication sera soumis à l’avis de l’autre partie qui pourra modifier ou supprimer certaines précisions dont la divulgation serait de nature à porter préjudice à l’exploitation industrielle et commerciale dans de bonnes conditions, (...)” “De telles suppressions ou modifications ne porteront pas atteinte à la valeur scientifique de la publication.”
Ces accords rappellent ceux qui lient l’OMS à L’AIEA et sont emblématiques de l’opacité qui règne historiquement dans le domaine du nucléaire.
L’association CACENDR l’a souligné le 26 avril dernier, en faisant entrer une poubelle nucléaire de 4 mètres de haut au beau milieu du campus de l’université de Nancy 2. Des extraits de l’accord ont été lus et commentés au porte-voix à l’intention des étudiants et de la presse. Un nouveau collectif “STOP ANDRA” a vu le jour chez les étudiants nancéens.

EDF : le prix de la contamination
Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) a maintenant doublé ses subsides, celles-ci passant de près de 10 millions à 20 millions d’euros par an et par département. Parallèlement, des dotations exceptionnelles sont accordées aux communes de la zone de proximité faisant exploser leurs maigres budgets et soulevant malheureusement très peu d’indignation. EDF (le pollueur-payeur) n’est pas en reste, puisqu’il a débloqué une somme équivalente à celle du GIP pour isoler les maisons des particuliers et les aider à s’équiper en énergies renouvelables à des taux records. Les habitants sont actuellement démarchés en porte à porte et mis en relation avec des entreprises locales, elles aussi associées au juteux marché. On leur promet ainsi une valorisation de leur patrimoine tout en leur assurant sur le ton de la confidence que “tout ça c’est grâce à l’ANDRA” (EDF ne précise pas si l’isolation des maisons se fera en plomb...).

AREVA confie ses précieuses archives à la Meuse
Le constructeur de centrales est en train de terminer l’édification de son centre d’archives national à quelques kilomètres de Bure. Avec quelques dix emplois à la clé, ce centre est surtout symbolique d’un département rabaissé au rang de musée. AREVA installe aussi un parc éolien de 18 MW non loin de là pour cultiver son image écolo et novatrice...

Politique : la crise de foi
Cette année, à défaut d’interpellation, les candidats aux élections législatives autour de Bure ont juste reçu une lettre ouverte où les opposants disent n’avoir aucune question à leur poser, étant donné qu’ils connaissent déjà leurs réponses et ce qu’elles valent... Il est vrai que les élus locaux ont réussi à décourager les tentatives de dialogue tant ils ont par le passé souvent trahi leurs engagements. Seuls certains petits partis échappent à l’influence du lobby et assument une opposition radicale à l’enfouissement des déchets.
Les Buriens réagissent !

TRANS’ MUTANCE et actions non violentes cet été à BURE

Venez lutter à nos côtés fin août contre les sombres projets de l’ANDRA :

Les 20 et 21 août : inscrivez-vous à une formation aux actions non violentes en compagnie de Xavier Renou
(administrateur du Réseau).
Cette formation aura lieu à la maison de la résistance de Bure Zone Libre ; l’hébergement est possible en dortoir ou sous tente.
S’inscrire au 03 29 45 41 77 ou sur burezonelibre@free.fr
Chantiers, actions, informations : la maison de BZL vous attend tout au long de l’été.

Du 22 au 25 août : participez à quatre journées d’actions non violentes autour de Bure.

Le dimanche 26 août :
les collectifs Bure Stop organisent la “TRANS’MUTANCE”, marche d’une journée vers Bure qui sera suivie d’une soirée festive
(renseignements au 03 25 04 91 41 ou permanent@burestop.org)

Contacts :

- Bure Zone Libre
2 rue de l’église
55 290 BURE
http://burezonelibre.free.fr

- Bure Stop
Chemin de Guédonval
55000 BAR LE DUC
http://www.burestop.org
Isabelle Guillaume
isabelle.guillaume@sortirdunucleaire.fr

Si on connaît avec exactitude l’agenda de l’enfouissement des déchets tel qu’il a été défini par la loi ainsi que ses modalités, on découvre peu à peu que AREVA, EDF et le CEA ont jeté leur dévolu sur ce coin de terre. Alors que certaines régions ont fortement résisté à l’implantation des installations nucléaires, d’autres se sont montrées sinon consentantes, pour le moins largement indifférentes ou résignées. C’est le cas de la Meuse et de la Haute Marne qui outre leur faiblesse économique et démographique ont fait les frais de fines stratégies élaborées par le lobby.

Chronique d’une catastrophe annoncée
Les programmes scientifiques et techniques de l’ANDRA s’étendront de 2007 à 2009 et seront suivis par des formalités diverses : consultation locale, ciblage de la zone restreinte, débat public, demandes d’autorisation, loi sur la réversibilité, décret, et finalement, mise en exploitation du stockage en 2025. L’enchaînement de ces étapes et leur issue finale ne laisse aucune place à la remise en cause de l’enfouissement, seule la réversibilité du stockage continue d’être invoquée pour laisser croire à une possible et lointaine issue. 14 nouveaux forages sont prévus dans le cadre de ce programme dès septembre 2007, ils serviront notamment à délimiter le lieu exact du futur centre de stockage souterrain qui aura une superficie en surface de 4 km2 et de 1500 hectares en sous-sol pour un total de 300 km de galeries. C’est contre ces forages qu’il faut à présent résister, car ils préfigurent l’occupation de nouvelles terres par l’ANDRA ; son extension hors des limites du laboratoire est la première phase concrète de réalisation de son projet industriel.

Le Cartel de Bure
L’ANDRA et ses partenaires forment une sorte de maffia extrêmement persuasive qui en agissant sous couvert du développement local, se livre à la colonisation progressive du territoire. D’ailleurs, peut-être ne sommes nous pas au bout de nos surprises, puisqu’une récente publication du Conseil Général de Meuse annonçait qu’EDF, le CEA et AREVA formaient de grands projets industriels pour Bure et sa région : promesse plutôt préoccupante qui pourrait concerner de nouvelles installations nucléaires... Enfin, le partenariat signé avec les universités nancéennes mérite qu’on s’y attarde pour en étudier l’article portant sur la confidentialité.

Les universités mises au secret
Un accord de partenariat a été signé en février dernier entre l’ANDRA et trois universités nancéennes dans le cadre de la professionnalisation des universités (c’est à dire du remplacement du financement public par le financement privé). Cet accord impose la confidentialité des recherches et prévoit même de manipuler les résultats qui seraient “de nature à porter préjudice à une exploitation industrielle et commerciale. “La loi 2006 sur les déchets nucléaires autorise l’ANDRA à enfouir les déchets les plus toxiques à Bure à condition que des recherches complémentaires en confirment le bien fondé. Déjà refusé citoyennement lors du débat public de 2005-2006, la thèse de l’enfouissement des déchets s’appuie sur des études incomplètes et souffre d’un manque d’expertises indépendantes. Les conditions de l’accord qui vient d’être signé montrent l’asservissement de la recherche et de l’enseignement supérieur à la cause du nucléaire et mettent gravement en cause la fiabilité des résultats qui seront produits. L’ANDRA place sous son contrôle strict toutes les recherches qui relèvent de ses programmes, que ce soit sur le plan de la géologie (comportement des roches), de l’environnement (impact sur la biosphère), de l’ingénierie (modalités d’enfouissement) ou des sciences humaines et sociales (réaction des populations). Elle ordonnera, évaluera et se permettra de censurer ou de falsifier les résultats qui ne serviraient pas ses intérêts.

Extraits de l’accord de partenariat :
Accord ANDRA / Universités (INPL, UHP, Nancy 2) - article 11 “En conséquence, tout projet de publication ou communication sera soumis à l’avis de l’autre partie qui pourra modifier ou supprimer certaines précisions dont la divulgation serait de nature à porter préjudice à l’exploitation industrielle et commerciale dans de bonnes conditions, (...)” “De telles suppressions ou modifications ne porteront pas atteinte à la valeur scientifique de la publication.”
Ces accords rappellent ceux qui lient l’OMS à L’AIEA et sont emblématiques de l’opacité qui règne historiquement dans le domaine du nucléaire.
L’association CACENDR l’a souligné le 26 avril dernier, en faisant entrer une poubelle nucléaire de 4 mètres de haut au beau milieu du campus de l’université de Nancy 2. Des extraits de l’accord ont été lus et commentés au porte-voix à l’intention des étudiants et de la presse. Un nouveau collectif “STOP ANDRA” a vu le jour chez les étudiants nancéens.

EDF : le prix de la contamination
Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) a maintenant doublé ses subsides, celles-ci passant de près de 10 millions à 20 millions d’euros par an et par département. Parallèlement, des dotations exceptionnelles sont accordées aux communes de la zone de proximité faisant exploser leurs maigres budgets et soulevant malheureusement très peu d’indignation. EDF (le pollueur-payeur) n’est pas en reste, puisqu’il a débloqué une somme équivalente à celle du GIP pour isoler les maisons des particuliers et les aider à s’équiper en énergies renouvelables à des taux records. Les habitants sont actuellement démarchés en porte à porte et mis en relation avec des entreprises locales, elles aussi associées au juteux marché. On leur promet ainsi une valorisation de leur patrimoine tout en leur assurant sur le ton de la confidence que “tout ça c’est grâce à l’ANDRA” (EDF ne précise pas si l’isolation des maisons se fera en plomb...).

AREVA confie ses précieuses archives à la Meuse
Le constructeur de centrales est en train de terminer l’édification de son centre d’archives national à quelques kilomètres de Bure. Avec quelques dix emplois à la clé, ce centre est surtout symbolique d’un département rabaissé au rang de musée. AREVA installe aussi un parc éolien de 18 MW non loin de là pour cultiver son image écolo et novatrice...

Politique : la crise de foi
Cette année, à défaut d’interpellation, les candidats aux élections législatives autour de Bure ont juste reçu une lettre ouverte où les opposants disent n’avoir aucune question à leur poser, étant donné qu’ils connaissent déjà leurs réponses et ce qu’elles valent... Il est vrai que les élus locaux ont réussi à décourager les tentatives de dialogue tant ils ont par le passé souvent trahi leurs engagements. Seuls certains petits partis échappent à l’influence du lobby et assument une opposition radicale à l’enfouissement des déchets.
Les Buriens réagissent !

TRANS’ MUTANCE et actions non violentes cet été à BURE

Venez lutter à nos côtés fin août contre les sombres projets de l’ANDRA :

Les 20 et 21 août : inscrivez-vous à une formation aux actions non violentes en compagnie de Xavier Renou
(administrateur du Réseau).
Cette formation aura lieu à la maison de la résistance de Bure Zone Libre ; l’hébergement est possible en dortoir ou sous tente.
S’inscrire au 03 29 45 41 77 ou sur burezonelibre@free.fr
Chantiers, actions, informations : la maison de BZL vous attend tout au long de l’été.

Du 22 au 25 août : participez à quatre journées d’actions non violentes autour de Bure.

Le dimanche 26 août :
les collectifs Bure Stop organisent la “TRANS’MUTANCE”, marche d’une journée vers Bure qui sera suivie d’une soirée festive
(renseignements au 03 25 04 91 41 ou permanent@burestop.org)

Contacts :

- Bure Zone Libre
2 rue de l’église
55 290 BURE
http://burezonelibre.free.fr

- Bure Stop
Chemin de Guédonval
55000 BAR LE DUC
http://www.burestop.org
Isabelle Guillaume
isabelle.guillaume@sortirdunucleaire.fr



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