Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°50

Eté 2011

Actions et vie des groupes

Avril 2011 : 25 ans de Tchernobyl - Retour sur un mois riche en actions

Eté 2011




En ce printemps 2011, alors que la catastrophe de Tchernobyl dure depuis 25 ans, un nouveau désastre nucléaire majeur s’est déclenché au Japon.

En février dernier, le Réseau "Sortir du nucléaire" lançait un appel à 25 jours d’actions à l’occasion des 25 ans de Tchernobyl. Le 11 mars, la catastrophe de Fukushima venait dramatiquement donner – s’il en était besoin – encore plus de sens à ces 25 jours d’actions.

Pendant tout le mois d’avril, les antinucléaires ont donné de la voix pour affirmer haut et fort "Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça". Informer, mobiliser, dénoncer et montrer que les solutions pour sortir du nucléaire existent, tels étaient les objectifs de ces 25 jours d’actions.

Au total, ce sont 532 initiatives qui ont été organisées dans 27 pays, dont 366 actions rien qu’en France. Actions de rues, de sensibilisation et d’information, actions de désobéissance civile, conférences-débats, projections, manifestations et rassemblements ont ponctué ce mois de mobilisation.

Pendant le week-end de Pâques, ce sont 100 manifestations qui ont eu lieu, rassemblant plus de 20 000 personnes.

Voici un aperçu de ce mois de mobilisation à travers quelques exemples d’actions. Pour consulter les très nombreux comptes rendus d’actions, rendez-vous sur notre site www.chernobyl-day.org



Des actions de rue, de sensibilisation et d’information

À l’occasion des 25 ans de Tchernobyl, le Réseau "Sortir du nucléaire" avait lancé une action phare, l’opération "Tcherno-ville". Opération à laquelle s’est ajoutée toute une diversité d’actions de sensibilisation, d’interpellation et d’information.


Quand les antinucléaires rebaptisent leur commune en "Tcherno-ville"

L’opération phare que nous proposions a rencontré un franc succès chez les sympathisants du Réseau. Elle prenait la forme d’une flash-mob ou mobilisation-éclair et était destinée à rebaptiser les communes de France, en apposant l’écriteau TCHERNO-VILLE en dessous du panneau d’entrée ou de sortie de la ville, afin d’illustrer le danger permanent auquel nous expose le nucléaire. En voici quelques exemples.

À Épinal, l’opération Tchernoville a eu lieu le samedi 23 avril et a été répétée à plusieurs reprises au cours de la journée le long de plusieurs routes départementales. L’association "Vosges Alternative au Nucléaire", à l’initiative de cette action, a couplé cette opération avec des distributions de tracts, une vente d’oeufs peints à la main au profit de l’association "Les Enfants de Tchernobyl" sur le marché spinalien, ainsi qu’un pique-nique et une manifestation. L’opération été annoncée dans la presse et a été reprise par plusieurs journaux locaux.

À Gravelines, les antinucléaires nordistes ont organisé une opération Tcherno-ville un peu particulière. Ils ont apposé des écriteaux sur chaque panneau des communes situées dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Gravelines. Une "zone interdite" symbolique, descendant jusqu’en Flandre intérieure et faisant une large incursion dans l’Audomarois et le Calaisis. Initiée par des militants de la région d’Hazebrouck, rejoints par des Dunkerquois et des Calaisiens, cette opération avait pour but de marquer les esprits. Comme l’expliquait Antoine Bonduelle, membre d’Europe Écologie - Les Verts en Flandre, membre du GIEC et ingénieur spécialisé dans l’écologie et l’environnement, dans le journal local La Voix du Nord, "Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’ils vivent si près d’une des plus grandes centrales nucléaires d’Europe". Cette action était aussi une manière d’être solidaires des Japonais après l’accident nucléaire de Fukushima.

La mairie d’Aubenas, en Ardèche, s’est associée aux antinucléaires pour interpeller et informer la population. Les militants ont investi un rond-point et y ont installé un visuel en hommage aux victimes du nucléaire passées, présentes et futures.


De Brioude à Clermont-Ferrand à la rencontre des habitants

Le 26 avril, en Auvergne, deux membres du Groupe brivadois Sortir du nucléaire, accompagnés d’une antinucléaire en herbe, ont donné de leur personne en reliant Brioude à Clermont-Ferrand – soit 70 km– à pied ou à vélo, afin d’interpeller les populations et passants sur leur trajet. À Clermont, un comité d’accueil les attendait pour essuyer les gouttes de sueur et les ravitailler.


Hommage aux liquidateurs et enfants de Tchernobyl au Trocadéro

Les 23 et 24 avril, le Collectif pour l’indépendance de l’OMS et pour la vérité sur les conséquences de Tchernobyl (IndependentWHO) a organisé, en hommage aux liquidateurs de Tchernobyl et de Fukushima, une exposition de 300 portraits de liquidateurs décédés, sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, lieu parisien symbolique qui voit passer des milliers de parisiens et touristes chaque jour. Deux jours plus tard, à Genève, le collectif organisait une grande vigie devant l’OMS.


Des actions de désobéissance civile

L’information est un mode d’action, la désobéissance civile et la contestation en est un autre. Cette année, les militants auront rivalisé d’inventivité pour mettre des bâtons dans les rouages du système.


Ils ont muré AREVA

Dans la nuit du 7 au 8 avril, un groupe de militants antinucléaires a muré la porte de l’agence d’Areva à Rennes-St-Grégoire pour protester contre le système nucléaire et les ravages causés par la multinationale. Voici le message placardé sur la porte de l’agence :

Areva, toutes les industries nucléaires et les gouvernements qui les soutiennent nous emportent vers une liquidation totale de la planète. Contaminer et détruire de larges espaces de vie, tuer, empoisonner et déplacer des millions de personnes et d’êtres vivants : immédiatement ou progressivement, ce n’est qu’une question de temps et d’accidents ?

Areva, nous ne voulons plus vivre sous la menace de tes bombes à retardement. Nous ne voulons plus risquer nos vies pour tes profits. Notre confort ne doit pas avoir ce prix.

Avant ce désastre mondial, nous murons la porte d’Areva à Rennes - St-Grégoire et déclarons ouverte sa liquidation totale !
Nous, ce que nous voulons liquider définitivement, c’est le système dans lequel nous sommes immanquablement plongés tant que la menace nucléaire perdure. Nous n’acceptons pas de laisser le lobby nucléaire générer la catastrophe et encore moins prétendre la gérer.

Notre énergie est renouvelable. Alors, Areva, filiales et consorts, nous vous promettons plus qu’un petit mur...


Ils ont bloqué Golfech

Le 8 avril 2011, au petit matin, 65 ans jour pour jour après l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi de nationalisation des secteurs de l’énergie, des militants du sud-ouest de la France, soutenus par des membres de la "brigade des clowns", ont bloqué, de manière symbolique, l’entrée de la centrale nucléaire de Golfech (Lot-et-Garonne). Par cette action, les organisateurs souhaitaient revendiquer – au regard de la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima et à la veille de la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl – la sortie du nucléaire. Ils demandaient également qu’un nouveau service public prenant en compte l’intégralité de nos consommations énergétiques soit créé en urgence, comme ce fut le cas en 1946. Selon leurs revendications, ce nouveau service public des énergies devra mettre en place : une politique prioritaire de sobriété et d’économies d’énergie, un développement volontariste de toutes les énergies renouvelables et alternatives fortement créatrices d’emplois, le recours, en phase transitoire, à des techniques de production énergétique les moins néfastes possible pour l’environnement (centrales au gaz, cogénération...).
Emmenés au commissariat pour un rapide entretien et un contrôle d’identité, les militants ont rapidement été relâchés.


Ils ont inspecté l’ASN

Dans la matinée du 22 avril, des membres des Désobéissants, du collectif "Stop EPR 2", accompagnés de représentants du Réseau "Sortir du nucléaire" et d’un conseiller régional en Ile-de-France ont réalisé un blocage symbolique du siège de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) à Paris. Ils avaient initialement prévu d’occuper les lieux puis de procéder à une "inspection citoyenne" de l’Autorité de Sûreté. Ils souhaitait réaliser un contrôle de l’institution en vérifiant si celle-ci remplissait correctement son rôle et tirait les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Il lui était notamment demandé – au regard de la catastrophe en cours – de procéder à la fermeture de toutes les centrales implantées en zones à risques (sismiques et inondables), ainsi que d’exiger l’arrêt des projets EPR de Flamanville et Penly.

En raison d’une forte présence policière, les inspecteurs et scientifiques d’un jour, habillés en blouse et combinaisons blanches de circonstance, n’ont pu pénétrer dans les locaux. Les 25 militants, équipés de banderoles, ont donc fermé symboliquement l’ASN en bloquant son entrée. Quatre personnes ont finalement été reçues, vers midi, par trois membres de l’Autorité de Sûreté, Philippe Jamet, un des cinq commissaires de l’Autorité de Sûreté, Jean-Luc Lachaume, directeur adjoint, et M. Bouchet, du service communication. A 13h, les militants quittaient les locaux, peu surpris de ne pas avoir été entendus, mais satisfaits d’avoir pu interpeller publiquement l’ASN sur son rôle et son action.


Ils ont déboulonné un pylône THT

Le samedi 23 avril à midi, 80 personnes étaient réunies à Raids près de Périers dans la Manche, autour d’un pique-nique offensif. À cet endroit est construit un poste électrique déjà bien avancé, qui servira de départ à la nouvelle ligne Très-Haute-Tension (THT) liée à la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville. Le poste électrique est situé à quelques mètres des deux lignes existantes reliant Flamanville à Rennes et Caen.

Après un repas convivial, sous surveillance de la gendarmerie, les pique-niqueurs prirent, comme annoncé, la direction des pylônes THT les plus proches pour jouer au grand jeu de Pâques de la "chasse aux boulons". Le tout en musique ! Des banderoles ont été déployées et le déboulonnage a commencé. Dans un premier temps, la gendarmerie a préféré laisser faire, pensant à tort qu’un seul boulon serait retiré symboliquement. Mais ce sont plusieurs boulons qui, à la stupeur des forces de l’ordre, furent successivement déboulonnés, fragilisant ainsi l’édifice. Le but de l’action : montrer à RTE, mais surtout aux populations hostiles au projet, que celui-ci est bien plus fragile qu’il n’y paraît.

Ce sont au total huit boulons qui auront été démontés, certains étant "réquisitionnés" par les gendarmes, les autres ayant pu être amenés – tel un retour à l’envoyeur – jusqu’à Flamanville, où se tenait une manifestation l’après-midi même.


Des conférences et projections-débats

Pour cette édition du Chernobyl Day un peu particulière, le Réseau "Sortir du nucléaire" a également souhaité coordonner une tournée de conférences et projections-débats sur le nucléaire et les alternatives, afin de porter l’information au plus près des populations. Des dizaines de soirées ont été organisées sur le territoire, donnant ainsi la parole à une grande diversité d’intervenants, militants, témoins du nucléaire et porteurs d’alternatives. Un partenariat avait notamment été mis en place avec la coopérative Enercoop, dans le but de mieux faire connaître le seul fournisseur d’électricité 100% renouvelable et de promouvoir une alternative concrète au nucléaire.


Focus sur deux conférences et projections-débats

"Quelles énergies pour notre région ? Deux conférences pour comprendre" - Ce double-évènement (7 et 11 avril), organisé par l’association "Virage-Énergie" dans la salle du "Nouveau Siècle" à Lille (59), fut l’occasion de faire le point sur l’état de la centrale nucléaire de Gravelines, 30 ans après sa mise en fonctionnement, et sur les alternatives énergétiques possibles. Ces soirées, qui ont rassemblé à chaque fois 300 personnes, permirent également de faire connaître et de diffuser les propositions du scénario régional Virage-Énergie et de montrer ainsi que la sortie du nucléaire en région était chose possible dans un objectif global de lutte contre le dérèglement climatique.

"Tchernobyl forever" à Mont Saint Aignan (76) : Alain de Halleux, le réalisateur du documentaire "RAS. Nucléaire, rien à signaler" sur la sous-traitance dans les centrales, a fait honneur à nos militants de Haute-Normandie, en venant présenter son nouveau film "Tchernobyl forever" le 11 avril dernier. Cette oeuvre magnifique revient sur 25 ans de catastrophe en Ukraine et met en exergue les conséquences désastreuses de l’accident de Tchernobyl sur la population ukrainienne.


Des dizaines de rassemblements contre le nucléaire

Le mois d’actions pour les 25 ans de Tchernobyl a également été ponctué de nombreuses manifestations.

À Grenoble, le 16 avril, à l’initiative du groupe local Sortir du nucléaire 38 rejoint par nombre d’associations et partis politiques (FRAPNA Isère, Fac Verte Grenoble, Les Amis de la Terre, ATTAC-Isère, SUD PTT, Antigone, Collectif "Ni nucléaire, Ni gaz de schiste", CIIP, Mouvement de la Paix, ADES, Les Alternatifs, FASE, Europe-Ecologie-Les Verts 38, NPA, PCOF 38, Parti de Gauche), 1500 personnes se sont retrouvées lors d’une manifestation unitaire intitulée "Tchernobyl-Fukushima... Nucléaire, dégage !". Partis du centre de Grenoble, ils ont rejoint les locaux du CEA, en arborant la banderole "Sortir du nucléaire, c’est possible".

À Paris, les groupes du Réseau "Sortir du nucléaire" (Sortir du nucléaire Paris et Sortir du nucléaire XXe) ont organisé plusieurs initiatives rassemblant de nombreuses organisations antinucléaires : une chaîne humaine autour du Louvre le 10 avril, des chaînes humaines hebdomadaires dans le XXe arrondissement, ainsi qu’une marche pour la transparence du nucléaire le 30 mai dernier.

Les militants ont également massivement répondu à l’appel à rassemblements que nous avions lancé pour le week-end de Pâques. Au total, ce sont cent manifestations qui ont eu lieu, regroupant plus de 20 000 personnes, dont 9000 sur les cinq ponts du Rhin, 5000 à Cattenom, 1000 au Blayais, 800 à Flamanville et à Brennilis, et 400 à Golfech. Pour 17 d’entre eux, rendez-vous était donné devant ou à proximité des sites nucléaires français : Flamanville, Saint-Laurent-des-Eaux, Cruas, Penly-Dieppe, St-Vulbas-Le Bugey, Fessenheim, Cattenom, Golfech, Le Blayais, Dampierre, Belleville, Chinon, Nogent-sur-Seine, St-Alban, Bugey, laboratoire de l’ANDRA à Bure et Brennilis).

Mobilisation, dénonciation, information. Le mois d’actions organisé à l’occasion des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl aura été une vraie réussite : plus de 350 actions, soit une moyenne de plus de dix événements par jour, pour un pays soi-disant pro-nucléaire...

Surtout il aura permis de montrer la capacité du mouvement antinucléaire français à se mobiliser. Dans de nombreuses régions, il aura également permis à de nouveaux groupes de voir le jour, de tisser ou de retisser des liens et de se manifester au plus près des populations pour sensibiliser et montrer qu’un monde sans nucléaire est possible.


À l’étranger aussi, les antinucléaires se sont mobilisés

Cette année, 26 pays ont rejoint le Chernobyl Day et se sont mobilisés à l’occasion des 25 ans de la catastrophe : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, l’Inde, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Russie, la Suède, la Suisse, la Turquie et l’Ukraine. À Barcelone, par exemple, les soleils antinucléaires ont massivement fleuri, lors d’une après-midi ensoleillée.
En Italie, le danger du retour au nucléaire plane sur le peuple italien... qui pourtant en 1987 s’était prononcé massivement lors d’un référendum contre le nucléaire. Un nouveau référendum doit être organisé cette année, les 11 et 12 juin. La RNA (Rete Nazionale Antinucleare), le réseau italien antinucléaire a coordonné en Italie un grand nombre de manifestations antinucléaires, dans le cadre des 25 ans de Tchernobyl, en collaboration avec le Réseau "Sortir du nucléaire" : des conférences ont été organisées dans de nombreuses régions, ainsi que des actions de rue et des rassemblements.

Toutes les infos sur l’Assemblée générale 2011

Découvrez tous les documents de l’Assemblée générale du Réseau "Sortir du nucléaire" qui s’est déroulée les 19 et 20 mars 2011 à Aubervilliers, en vous rendant sur le site : http://ag.sortirdunucleaire.org

Vous pourrez notamment y lire le rapport financier, le rapport moral, le compte rendu avec les décisions importantes... Vous pouvez aussi nous demander ces documents en nous écrivant ou en nous téléphonant au 04 78 28 29 22.

Des actions de rue, de sensibilisation et d’information

À l’occasion des 25 ans de Tchernobyl, le Réseau "Sortir du nucléaire" avait lancé une action phare, l’opération "Tcherno-ville". Opération à laquelle s’est ajoutée toute une diversité d’actions de sensibilisation, d’interpellation et d’information.


Quand les antinucléaires rebaptisent leur commune en "Tcherno-ville"

L’opération phare que nous proposions a rencontré un franc succès chez les sympathisants du Réseau. Elle prenait la forme d’une flash-mob ou mobilisation-éclair et était destinée à rebaptiser les communes de France, en apposant l’écriteau TCHERNO-VILLE en dessous du panneau d’entrée ou de sortie de la ville, afin d’illustrer le danger permanent auquel nous expose le nucléaire. En voici quelques exemples.

À Épinal, l’opération Tchernoville a eu lieu le samedi 23 avril et a été répétée à plusieurs reprises au cours de la journée le long de plusieurs routes départementales. L’association "Vosges Alternative au Nucléaire", à l’initiative de cette action, a couplé cette opération avec des distributions de tracts, une vente d’oeufs peints à la main au profit de l’association "Les Enfants de Tchernobyl" sur le marché spinalien, ainsi qu’un pique-nique et une manifestation. L’opération été annoncée dans la presse et a été reprise par plusieurs journaux locaux.

À Gravelines, les antinucléaires nordistes ont organisé une opération Tcherno-ville un peu particulière. Ils ont apposé des écriteaux sur chaque panneau des communes situées dans un rayon de 30 km autour de la centrale de Gravelines. Une "zone interdite" symbolique, descendant jusqu’en Flandre intérieure et faisant une large incursion dans l’Audomarois et le Calaisis. Initiée par des militants de la région d’Hazebrouck, rejoints par des Dunkerquois et des Calaisiens, cette opération avait pour but de marquer les esprits. Comme l’expliquait Antoine Bonduelle, membre d’Europe Écologie - Les Verts en Flandre, membre du GIEC et ingénieur spécialisé dans l’écologie et l’environnement, dans le journal local La Voix du Nord, "Beaucoup de gens ne se rendent pas compte qu’ils vivent si près d’une des plus grandes centrales nucléaires d’Europe". Cette action était aussi une manière d’être solidaires des Japonais après l’accident nucléaire de Fukushima.

La mairie d’Aubenas, en Ardèche, s’est associée aux antinucléaires pour interpeller et informer la population. Les militants ont investi un rond-point et y ont installé un visuel en hommage aux victimes du nucléaire passées, présentes et futures.


De Brioude à Clermont-Ferrand à la rencontre des habitants

Le 26 avril, en Auvergne, deux membres du Groupe brivadois Sortir du nucléaire, accompagnés d’une antinucléaire en herbe, ont donné de leur personne en reliant Brioude à Clermont-Ferrand – soit 70 km– à pied ou à vélo, afin d’interpeller les populations et passants sur leur trajet. À Clermont, un comité d’accueil les attendait pour essuyer les gouttes de sueur et les ravitailler.


Hommage aux liquidateurs et enfants de Tchernobyl au Trocadéro

Les 23 et 24 avril, le Collectif pour l’indépendance de l’OMS et pour la vérité sur les conséquences de Tchernobyl (IndependentWHO) a organisé, en hommage aux liquidateurs de Tchernobyl et de Fukushima, une exposition de 300 portraits de liquidateurs décédés, sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, lieu parisien symbolique qui voit passer des milliers de parisiens et touristes chaque jour. Deux jours plus tard, à Genève, le collectif organisait une grande vigie devant l’OMS.


Des actions de désobéissance civile

L’information est un mode d’action, la désobéissance civile et la contestation en est un autre. Cette année, les militants auront rivalisé d’inventivité pour mettre des bâtons dans les rouages du système.


Ils ont muré AREVA

Dans la nuit du 7 au 8 avril, un groupe de militants antinucléaires a muré la porte de l’agence d’Areva à Rennes-St-Grégoire pour protester contre le système nucléaire et les ravages causés par la multinationale. Voici le message placardé sur la porte de l’agence :

Areva, toutes les industries nucléaires et les gouvernements qui les soutiennent nous emportent vers une liquidation totale de la planète. Contaminer et détruire de larges espaces de vie, tuer, empoisonner et déplacer des millions de personnes et d’êtres vivants : immédiatement ou progressivement, ce n’est qu’une question de temps et d’accidents ?

Areva, nous ne voulons plus vivre sous la menace de tes bombes à retardement. Nous ne voulons plus risquer nos vies pour tes profits. Notre confort ne doit pas avoir ce prix.

Avant ce désastre mondial, nous murons la porte d’Areva à Rennes - St-Grégoire et déclarons ouverte sa liquidation totale !
Nous, ce que nous voulons liquider définitivement, c’est le système dans lequel nous sommes immanquablement plongés tant que la menace nucléaire perdure. Nous n’acceptons pas de laisser le lobby nucléaire générer la catastrophe et encore moins prétendre la gérer.

Notre énergie est renouvelable. Alors, Areva, filiales et consorts, nous vous promettons plus qu’un petit mur...


Ils ont bloqué Golfech

Le 8 avril 2011, au petit matin, 65 ans jour pour jour après l’adoption par l’Assemblée nationale de la loi de nationalisation des secteurs de l’énergie, des militants du sud-ouest de la France, soutenus par des membres de la "brigade des clowns", ont bloqué, de manière symbolique, l’entrée de la centrale nucléaire de Golfech (Lot-et-Garonne). Par cette action, les organisateurs souhaitaient revendiquer – au regard de la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima et à la veille de la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl – la sortie du nucléaire. Ils demandaient également qu’un nouveau service public prenant en compte l’intégralité de nos consommations énergétiques soit créé en urgence, comme ce fut le cas en 1946. Selon leurs revendications, ce nouveau service public des énergies devra mettre en place : une politique prioritaire de sobriété et d’économies d’énergie, un développement volontariste de toutes les énergies renouvelables et alternatives fortement créatrices d’emplois, le recours, en phase transitoire, à des techniques de production énergétique les moins néfastes possible pour l’environnement (centrales au gaz, cogénération...).
Emmenés au commissariat pour un rapide entretien et un contrôle d’identité, les militants ont rapidement été relâchés.


Ils ont inspecté l’ASN

Dans la matinée du 22 avril, des membres des Désobéissants, du collectif "Stop EPR 2", accompagnés de représentants du Réseau "Sortir du nucléaire" et d’un conseiller régional en Ile-de-France ont réalisé un blocage symbolique du siège de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) à Paris. Ils avaient initialement prévu d’occuper les lieux puis de procéder à une "inspection citoyenne" de l’Autorité de Sûreté. Ils souhaitait réaliser un contrôle de l’institution en vérifiant si celle-ci remplissait correctement son rôle et tirait les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Il lui était notamment demandé – au regard de la catastrophe en cours – de procéder à la fermeture de toutes les centrales implantées en zones à risques (sismiques et inondables), ainsi que d’exiger l’arrêt des projets EPR de Flamanville et Penly.

En raison d’une forte présence policière, les inspecteurs et scientifiques d’un jour, habillés en blouse et combinaisons blanches de circonstance, n’ont pu pénétrer dans les locaux. Les 25 militants, équipés de banderoles, ont donc fermé symboliquement l’ASN en bloquant son entrée. Quatre personnes ont finalement été reçues, vers midi, par trois membres de l’Autorité de Sûreté, Philippe Jamet, un des cinq commissaires de l’Autorité de Sûreté, Jean-Luc Lachaume, directeur adjoint, et M. Bouchet, du service communication. A 13h, les militants quittaient les locaux, peu surpris de ne pas avoir été entendus, mais satisfaits d’avoir pu interpeller publiquement l’ASN sur son rôle et son action.


Ils ont déboulonné un pylône THT

Le samedi 23 avril à midi, 80 personnes étaient réunies à Raids près de Périers dans la Manche, autour d’un pique-nique offensif. À cet endroit est construit un poste électrique déjà bien avancé, qui servira de départ à la nouvelle ligne Très-Haute-Tension (THT) liée à la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville. Le poste électrique est situé à quelques mètres des deux lignes existantes reliant Flamanville à Rennes et Caen.

Après un repas convivial, sous surveillance de la gendarmerie, les pique-niqueurs prirent, comme annoncé, la direction des pylônes THT les plus proches pour jouer au grand jeu de Pâques de la "chasse aux boulons". Le tout en musique ! Des banderoles ont été déployées et le déboulonnage a commencé. Dans un premier temps, la gendarmerie a préféré laisser faire, pensant à tort qu’un seul boulon serait retiré symboliquement. Mais ce sont plusieurs boulons qui, à la stupeur des forces de l’ordre, furent successivement déboulonnés, fragilisant ainsi l’édifice. Le but de l’action : montrer à RTE, mais surtout aux populations hostiles au projet, que celui-ci est bien plus fragile qu’il n’y paraît.

Ce sont au total huit boulons qui auront été démontés, certains étant "réquisitionnés" par les gendarmes, les autres ayant pu être amenés – tel un retour à l’envoyeur – jusqu’à Flamanville, où se tenait une manifestation l’après-midi même.


Des conférences et projections-débats

Pour cette édition du Chernobyl Day un peu particulière, le Réseau "Sortir du nucléaire" a également souhaité coordonner une tournée de conférences et projections-débats sur le nucléaire et les alternatives, afin de porter l’information au plus près des populations. Des dizaines de soirées ont été organisées sur le territoire, donnant ainsi la parole à une grande diversité d’intervenants, militants, témoins du nucléaire et porteurs d’alternatives. Un partenariat avait notamment été mis en place avec la coopérative Enercoop, dans le but de mieux faire connaître le seul fournisseur d’électricité 100% renouvelable et de promouvoir une alternative concrète au nucléaire.


Focus sur deux conférences et projections-débats

"Quelles énergies pour notre région ? Deux conférences pour comprendre" - Ce double-évènement (7 et 11 avril), organisé par l’association "Virage-Énergie" dans la salle du "Nouveau Siècle" à Lille (59), fut l’occasion de faire le point sur l’état de la centrale nucléaire de Gravelines, 30 ans après sa mise en fonctionnement, et sur les alternatives énergétiques possibles. Ces soirées, qui ont rassemblé à chaque fois 300 personnes, permirent également de faire connaître et de diffuser les propositions du scénario régional Virage-Énergie et de montrer ainsi que la sortie du nucléaire en région était chose possible dans un objectif global de lutte contre le dérèglement climatique.

"Tchernobyl forever" à Mont Saint Aignan (76) : Alain de Halleux, le réalisateur du documentaire "RAS. Nucléaire, rien à signaler" sur la sous-traitance dans les centrales, a fait honneur à nos militants de Haute-Normandie, en venant présenter son nouveau film "Tchernobyl forever" le 11 avril dernier. Cette oeuvre magnifique revient sur 25 ans de catastrophe en Ukraine et met en exergue les conséquences désastreuses de l’accident de Tchernobyl sur la population ukrainienne.


Des dizaines de rassemblements contre le nucléaire

Le mois d’actions pour les 25 ans de Tchernobyl a également été ponctué de nombreuses manifestations.

À Grenoble, le 16 avril, à l’initiative du groupe local Sortir du nucléaire 38 rejoint par nombre d’associations et partis politiques (FRAPNA Isère, Fac Verte Grenoble, Les Amis de la Terre, ATTAC-Isère, SUD PTT, Antigone, Collectif "Ni nucléaire, Ni gaz de schiste", CIIP, Mouvement de la Paix, ADES, Les Alternatifs, FASE, Europe-Ecologie-Les Verts 38, NPA, PCOF 38, Parti de Gauche), 1500 personnes se sont retrouvées lors d’une manifestation unitaire intitulée "Tchernobyl-Fukushima... Nucléaire, dégage !". Partis du centre de Grenoble, ils ont rejoint les locaux du CEA, en arborant la banderole "Sortir du nucléaire, c’est possible".

À Paris, les groupes du Réseau "Sortir du nucléaire" (Sortir du nucléaire Paris et Sortir du nucléaire XXe) ont organisé plusieurs initiatives rassemblant de nombreuses organisations antinucléaires : une chaîne humaine autour du Louvre le 10 avril, des chaînes humaines hebdomadaires dans le XXe arrondissement, ainsi qu’une marche pour la transparence du nucléaire le 30 mai dernier.

Les militants ont également massivement répondu à l’appel à rassemblements que nous avions lancé pour le week-end de Pâques. Au total, ce sont cent manifestations qui ont eu lieu, regroupant plus de 20 000 personnes, dont 9000 sur les cinq ponts du Rhin, 5000 à Cattenom, 1000 au Blayais, 800 à Flamanville et à Brennilis, et 400 à Golfech. Pour 17 d’entre eux, rendez-vous était donné devant ou à proximité des sites nucléaires français : Flamanville, Saint-Laurent-des-Eaux, Cruas, Penly-Dieppe, St-Vulbas-Le Bugey, Fessenheim, Cattenom, Golfech, Le Blayais, Dampierre, Belleville, Chinon, Nogent-sur-Seine, St-Alban, Bugey, laboratoire de l’ANDRA à Bure et Brennilis).

Mobilisation, dénonciation, information. Le mois d’actions organisé à l’occasion des 25 ans de la catastrophe de Tchernobyl aura été une vraie réussite : plus de 350 actions, soit une moyenne de plus de dix événements par jour, pour un pays soi-disant pro-nucléaire...

Surtout il aura permis de montrer la capacité du mouvement antinucléaire français à se mobiliser. Dans de nombreuses régions, il aura également permis à de nouveaux groupes de voir le jour, de tisser ou de retisser des liens et de se manifester au plus près des populations pour sensibiliser et montrer qu’un monde sans nucléaire est possible.


À l’étranger aussi, les antinucléaires se sont mobilisés

Cette année, 26 pays ont rejoint le Chernobyl Day et se sont mobilisés à l’occasion des 25 ans de la catastrophe : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, le Canada, la Corée du Sud, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, l’Inde, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Russie, la Suède, la Suisse, la Turquie et l’Ukraine. À Barcelone, par exemple, les soleils antinucléaires ont massivement fleuri, lors d’une après-midi ensoleillée.
En Italie, le danger du retour au nucléaire plane sur le peuple italien... qui pourtant en 1987 s’était prononcé massivement lors d’un référendum contre le nucléaire. Un nouveau référendum doit être organisé cette année, les 11 et 12 juin. La RNA (Rete Nazionale Antinucleare), le réseau italien antinucléaire a coordonné en Italie un grand nombre de manifestations antinucléaires, dans le cadre des 25 ans de Tchernobyl, en collaboration avec le Réseau "Sortir du nucléaire" : des conférences ont été organisées dans de nombreuses régions, ainsi que des actions de rue et des rassemblements.

Toutes les infos sur l’Assemblée générale 2011

Découvrez tous les documents de l’Assemblée générale du Réseau "Sortir du nucléaire" qui s’est déroulée les 19 et 20 mars 2011 à Aubervilliers, en vous rendant sur le site : http://ag.sortirdunucleaire.org

Vous pourrez notamment y lire le rapport financier, le rapport moral, le compte rendu avec les décisions importantes... Vous pouvez aussi nous demander ces documents en nous écrivant ou en nous téléphonant au 04 78 28 29 22.


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