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Sortir du nucléaire n°53

Printemps 2012

Notes de lecture

À livres ouverts...

Printemps 2012




Comme à chaque numéro, nous partageons avec vous nos impressions sur quelques-uns des livres que nous avons reçus ces derniers mois.



Areva en Afrique – Une face cachée du nucléaire français

Raphaël Granvaud, Ed. Agone, février 2012, 304 pages. À commander sur http://boutique.sortirdunucleaire.org ou en envoyant un chèque de 17,50 € (port compris) au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

Contrecarrer le fameux "mythe de l’indépendance énergétique de la France, grâce à l’uranium" : telle est l’ambition du dernier ouvrage de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français. En détaillant les conditions dans lesquelles la France et Areva se procurent un uranium majoritairement africain, l’auteur signe un brûlot sans concession pour les ingérences politiques françaises et ses conséquences environnementales, sanitaires et sociales terribles pour les populations locales.

Car le constat est sans appel : Areva se procure un tiers de son uranium au Niger, un pays pourtant bon dernier en matière de développement humain. Dans cette entreprise, la multinationale a toujours pu compter sur le fidèle soutien de l’État français, mais aussi sur l’appui des réseaux de la Françafrique : Areva s’assure ainsi de son droit de pillage, en échange du soutien politique et militaire de la France aux régimes autoritaires africains amis.

L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva en matière de communication, pour que la réalité implacable des faits ne vienne surtout pas entacher une image de marque qu’elle souhaiterait immaculée.

Opale Crivello


Un bateau nommé liberté

Gilbert Nicolas, Éd. Goutte de Sable, 2011 (1ère édition 1976), 176 pages, 16 €, disponible en librairie.

En 1973, des militants contre les essais nucléaires français à Mururoa embarquèrent à bord du Fri, destination la zone d’essai. Ce témoignage de Gilbert Nicolas, l’un des équipiers du Fri, est le récit d’une aventure humaine et militante des plus palpitantes. De leur chevauchée sur les océans au départ de la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’acte de piraterie de l’armée française à leur encontre, nous suivons au jour le jour leur quotidien, leurs questions et leur détermination.

Le Fri et les actions contre les essais nucléaires ont été les premiers faits d’armes d’une organisation internationale qui serait créée en 1974… Greenpeace. Gilbert Nicolas est aujourd’hui encore, à presque 80 ans, un militant actif de la lutte antinucléaire. Sa dernière virée date d’octobre 2011, lorsqu’il participa à une marche en Australie contre des projets de mines d’uranium. Remercions Gilbert pour ce témoignage qui nous renvoie aux sources de la contestation antinucléaire, et pour ce chemin de vie personnel pour la paix et la justice.

Jocelyn Peyret


L’écologie en 600 dates

Éd. Le Passager Clandestin, 2012, 88 pages, à commander sur www.revuesilence.net (12 euros + port) ou en librairie.

Dresser un panorama subjectif de l’écologie à travers le monde et depuis son émergence, c’est à cette gageure que s’est attelée, avec succès, l’équipe de la revue écologiste Silence.

Le livre aborde de façon brève et accessible une multitude de thèmes, d’événements marquants, de luttes et d’organisations militantes, de personnalités qui ont contribué à divers titres à l’émergence de l’écologie, d’abord comme science, puis comme ensemble d’idées et de pratiques.

Ce projet collectif a convoqué de nombreuses plumes de la mouvance écologiste. Cette variété de tons est un des atouts de l’ouvrage ; plus que "l’écologie", c’est une vision – leur vision, large et vivifiante – de l’écologie que les nombreux contributeurs élaborent et offrent au lecteur. Bien sûr, chacun-e pourra relever des manques ou a contrario des choix parfois improbables (qui contribuent à l’intérêt de l’ensemble), mais ne boudons pas notre plaisir !

Loin de toute théorisation absconse, “L’écologie en 600 dates” est avant tout une invitation à s’intéresser à l’éventail des luttes protéiformes qui font l’infinie variété du mouvement écologiste. Une approche pertinente du sujet en cette époque de déprédation accélérée de la biosphère par les activités humaines, que ce soit le nucléaire, l’utilisation des énergies fossiles, l’agriculture industrielle et transgénique…

Xavier Rabilloud


Deux courts romans pour les enfants

Tchernobyl, bienvenue en enfer, février 2011, 100 pages

Japon, touché au cœur, septembre 2011, 127 pages

Deux livres de Sylvie Baussier et Pascale Perrier, Ed. Oskar, à partir de 10 ans. À commander au prix unitaire de 9,95 € (frais de port en sus : 3,5 € pour un article, 5 € pour plusieurs) sur : http://boutique.sortirdunucleaire.org ou par chèque au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

Natalia est une fillette de 11 ans dont la mère vivait à Pripyat lors de la catastrophe de Tchernobyl. Sa mère, alors âgée d’une dizaine d’années, tenait un journal intime confié à sa fille avant sa mort. Natalia décide de mettre en ligne sur son blog les pages de ce journal, ce qui ne plaît apparemment pas à tout le monde... Avec une intrigue tout à fait passionnante pour tenir nos bambins en haleine, ce court roman jeunesse prend aux tripes. Les passages du journal intime de Svetlana sont édifiants. Grâce à une écriture plaisante, simple et dynamique, le défi de traiter ce sujet de manière vivante et intéressante pour des enfants de ce siècle est relevé.

À la fin du livre, un dossier de 10 pages est consacré au nucléaire. On retrouve une première partie qui retrace les événements de Tchernobyl et une autre plus générale sur les différents types de centrales, partie toutefois traitée avec trop de légèreté.

Fanny est la meilleure amie de Natalia. À la suite de la catastrophe de Fukushima, Fanny doit accueillir dans sa famille Ima, une cousine japonaise qu’elle ne connaît pas. Nathalia, dont la maman a vécu à Prypiat, voit ses vieux fantômes ressurgir. Des liens forts se créent entre elle et Ima. Cependant, tout n’est pas simple pour Fanny qui doit accepter au mieux cette nouvelle cohabitation et ressent malgré elle un sentiment de jalousie à l’égard de son amie. De son coté, Ima pense que ce n’est pas bien d’avoir fui son pays et tente le tout pour le tout pour venir en aide à ceux qui n’ont pas eu la chance de partir.

Ce court roman nous fait vivre à travers le regard de ces trois fillettes les épreuves qu’ont dû vivre un bon nombre d’habitants du Japon : le tremblement de terre suivi du tsunami puis la catastrophe nucléaire, la séparation des familles, l’expatriation, le doute et l’angoisse liés à la désinformation, la peur de l’avenir.

Une jolie histoire d’amitié, avec au cœur du sujet le Japon et le drame quotidien que vivent les habitants de ce pays. Comme pour le premier livre (Tchernobyl, bienvenue en enfer), un dossier sur le nucléaire qui pourrait être plus juste.

Delphine Boutonnet


Comme dans un linceul de bure

Armand Gautron, AG Éditions, 2011, 166 pages, 15 €, disponible en librairie.

Avec ce nouveau roman, le quatrième des aventures d’Antoine Landrini, Armand Gautron nous plonge dans les méandres des lobbies industriels prêts à tout pour arriver à leurs fins et dans l’action d’une association anti-stockage de déchets radioactifs.

Cette nouvelle enquête du détective Landrini commence mal. Il en a pourtant résolu un grand nombre, mais là, il n’est pas motivé. Après un appel téléphonique, tout démarre, s’accélère, et à une vitesse prodigieuse alors que rien ne le laissait présager.

Voilà notre détective qui se retrouve à devoir défaire les nœuds d’une vieille pelote de laine. Pourtant ça commence simplement par le ramassage du lait qui ne se fait plus dans un petit village de la Meuse. L’histoire se passe non loin de Bure et de son laboratoire de recherche souterrain pour le stockage des déchets radioactifs.

Mais il n’a pas spécialement la fibre "écolo", Antoine. Allez, au boulot, il faut maintenant tenter de découvrir d’où vient cette pollution invisible, démasquer les possibles taupes, amadouer les paysans du cru qui ne sont pas faciles, et surtout tenter de rester en vie.

Durant toute la lecture, le suspense nous tient en haleine et une fois que l’on a ouvert le livre, on ne le referme qu’à la dernière page.

Benoît Cachard


Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné

Bruno Barrillot, Observatoire des armements, 2012, 320 pages, disponible au prix de 22 €(port compris) auprès de l’Observatoire des armements, 187 montée de Choulans, 69005 Lyon.

De 1960 à à 1996, les gouvernements français successifs — de droite comme de gauche — ont fait exploser 210 bombes nucléaires dans le Sahara algérien et sur les atolls de Moruroa et Fangataufa en Polynésie française. La règle du secret militaire, imposée à toutes les activités liées à l’arme nucléaire, reste plus que jamais d’actualité.

Certes, la France a commencé — de manière fort timide — à reconnaître que ses essais nucléaires n’étaient pas "particulièrement propres", mais de là à rendre justice et vérité à toutes les victimes — personnels militaires et civils, comme populations environnantes —, il y a un pas que le ministère de la Défense n’est pas près de franchir !

Cet ouvrage raconte non seulement l’histoire des essais français, mais fait le point sur les conséquences sanitaires, environnementales et pointe les "dérives de l’auto-surveillance" exercée aujourd’hui par le ministère de la Défense et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Un argumentaire particulièrement fouillé, indispensable pour tous ceux qui veulent "sortir de l’âge nucléaire".

Patrice Bouveret


Atomic Bazaar Comment l’arme nucléaire est devenue l’arme du pauvre

William Langewiesche, Ed. Allia, 2010, 216 pages, 9 €, disponible en librairie

Dans ce reportage documentaire qui tient presque du roman d’espionnage, le journaliste d’investigation William Langewiesche nous tient en haleine au fil de son analyse des enjeux de sécurité et de sûreté liés à l’industrie nucléaire et à son inscription dans la géopolitique. Avec précision, l’auteur nous en apprend beaucoup sur le désarmement russe d’après Guerre froide et ses conséquences, et souligne la préoccupante bêtise des dispositifs mis en place par les Américains pour lutter contre la prolifération et le terrorisme nucléaires.

Avec force faits éprouvés et une solide analyse des enjeux mercantiles et guerriers, l’auteur démontre avec quelle facilité des pays tel que le Pakistan auront pu se doter de la bombe, au su de l’ensemble de la communauté internationale et avec le discret soutien des États européens.

Précise et vive, l’analyse nous amène à réfléchir sur le réel impact de la non prolifération telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée. Un livre qui fournit d’intéressants éclairages et une grille de lecture stimulante sur les enjeux du nucléaire, civil ou militaire, de la dissuasion à la non prolifération.

Baptiste Coll


Mini-centrales hydrauliques

Pierre Lavy, Ed. Eyrolles, mars 2011, 110 pages, 9 €, disponible en librairie.

Bien que la plus grande partie du potentiel de production d’électricité hydraulique soit exploité, il reste encore France de nombreux moyens de développer cette énergie, notamment en ayant recours à la micro-hydraulique.

L’énergie hydraulique est, avec l’éolien, une énergie qui est utilisée depuis des temps très anciens, pour sa force mécanique, puis ensuite pour la production d’électricité. Contrairement au barrage hydraulique, la micro-centrale a un impact relativement faible sur l’éco-système. Toutefois, elle est très réglementée, ce qui est aujourd’hui son principal frein.

Pourtant, sans créer de nouvelles centrales, de nombreux sites anciens et abandonnés pourraient être réhabilités si la réglementation n’était pas aussi sévère. Une autre piste très intéressante et en plein essor en zone montagneuse est le turbinage dans les adductions d’eau potable. Il suffit d’installer une turbine à la place des réducteurs de pression dans les conduites pour produire l’électricité d’une petite commune par exemple. Cette solution est très exploitée en Suisse et se développe enfin chez nous.

Ce petit guide, écrit par Pierre Lavy, ancien directeur des filiales de petit hydraulique à EDF, répond aux questions techniques et juridiques sur ce sujet. Cette collection "environnement" Eyrolles est très pratique mais n’a pas pour but d’amener un débat politique ou environnemental sur le sujet abordé.

Delphine Boutonnet

Areva en Afrique – Une face cachée du nucléaire français

Raphaël Granvaud, Ed. Agone, février 2012, 304 pages. À commander sur http://boutique.sortirdunucleaire.org ou en envoyant un chèque de 17,50 € (port compris) au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

Contrecarrer le fameux "mythe de l’indépendance énergétique de la France, grâce à l’uranium" : telle est l’ambition du dernier ouvrage de Raphaël Granvaud, Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français. En détaillant les conditions dans lesquelles la France et Areva se procurent un uranium majoritairement africain, l’auteur signe un brûlot sans concession pour les ingérences politiques françaises et ses conséquences environnementales, sanitaires et sociales terribles pour les populations locales.

Car le constat est sans appel : Areva se procure un tiers de son uranium au Niger, un pays pourtant bon dernier en matière de développement humain. Dans cette entreprise, la multinationale a toujours pu compter sur le fidèle soutien de l’État français, mais aussi sur l’appui des réseaux de la Françafrique : Areva s’assure ainsi de son droit de pillage, en échange du soutien politique et militaire de la France aux régimes autoritaires africains amis.

L’auteur dévoile enfin les efforts considérables d’Areva en matière de communication, pour que la réalité implacable des faits ne vienne surtout pas entacher une image de marque qu’elle souhaiterait immaculée.

Opale Crivello


Un bateau nommé liberté

Gilbert Nicolas, Éd. Goutte de Sable, 2011 (1ère édition 1976), 176 pages, 16 €, disponible en librairie.

En 1973, des militants contre les essais nucléaires français à Mururoa embarquèrent à bord du Fri, destination la zone d’essai. Ce témoignage de Gilbert Nicolas, l’un des équipiers du Fri, est le récit d’une aventure humaine et militante des plus palpitantes. De leur chevauchée sur les océans au départ de la Nouvelle-Zélande jusqu’à l’acte de piraterie de l’armée française à leur encontre, nous suivons au jour le jour leur quotidien, leurs questions et leur détermination.

Le Fri et les actions contre les essais nucléaires ont été les premiers faits d’armes d’une organisation internationale qui serait créée en 1974… Greenpeace. Gilbert Nicolas est aujourd’hui encore, à presque 80 ans, un militant actif de la lutte antinucléaire. Sa dernière virée date d’octobre 2011, lorsqu’il participa à une marche en Australie contre des projets de mines d’uranium. Remercions Gilbert pour ce témoignage qui nous renvoie aux sources de la contestation antinucléaire, et pour ce chemin de vie personnel pour la paix et la justice.

Jocelyn Peyret


L’écologie en 600 dates

Éd. Le Passager Clandestin, 2012, 88 pages, à commander sur www.revuesilence.net (12 euros + port) ou en librairie.

Dresser un panorama subjectif de l’écologie à travers le monde et depuis son émergence, c’est à cette gageure que s’est attelée, avec succès, l’équipe de la revue écologiste Silence.

Le livre aborde de façon brève et accessible une multitude de thèmes, d’événements marquants, de luttes et d’organisations militantes, de personnalités qui ont contribué à divers titres à l’émergence de l’écologie, d’abord comme science, puis comme ensemble d’idées et de pratiques.

Ce projet collectif a convoqué de nombreuses plumes de la mouvance écologiste. Cette variété de tons est un des atouts de l’ouvrage ; plus que "l’écologie", c’est une vision – leur vision, large et vivifiante – de l’écologie que les nombreux contributeurs élaborent et offrent au lecteur. Bien sûr, chacun-e pourra relever des manques ou a contrario des choix parfois improbables (qui contribuent à l’intérêt de l’ensemble), mais ne boudons pas notre plaisir !

Loin de toute théorisation absconse, “L’écologie en 600 dates” est avant tout une invitation à s’intéresser à l’éventail des luttes protéiformes qui font l’infinie variété du mouvement écologiste. Une approche pertinente du sujet en cette époque de déprédation accélérée de la biosphère par les activités humaines, que ce soit le nucléaire, l’utilisation des énergies fossiles, l’agriculture industrielle et transgénique…

Xavier Rabilloud


Deux courts romans pour les enfants

Tchernobyl, bienvenue en enfer, février 2011, 100 pages

Japon, touché au cœur, septembre 2011, 127 pages

Deux livres de Sylvie Baussier et Pascale Perrier, Ed. Oskar, à partir de 10 ans. À commander au prix unitaire de 9,95 € (frais de port en sus : 3,5 € pour un article, 5 € pour plusieurs) sur : http://boutique.sortirdunucleaire.org ou par chèque au Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

Natalia est une fillette de 11 ans dont la mère vivait à Pripyat lors de la catastrophe de Tchernobyl. Sa mère, alors âgée d’une dizaine d’années, tenait un journal intime confié à sa fille avant sa mort. Natalia décide de mettre en ligne sur son blog les pages de ce journal, ce qui ne plaît apparemment pas à tout le monde... Avec une intrigue tout à fait passionnante pour tenir nos bambins en haleine, ce court roman jeunesse prend aux tripes. Les passages du journal intime de Svetlana sont édifiants. Grâce à une écriture plaisante, simple et dynamique, le défi de traiter ce sujet de manière vivante et intéressante pour des enfants de ce siècle est relevé.

À la fin du livre, un dossier de 10 pages est consacré au nucléaire. On retrouve une première partie qui retrace les événements de Tchernobyl et une autre plus générale sur les différents types de centrales, partie toutefois traitée avec trop de légèreté.

Fanny est la meilleure amie de Natalia. À la suite de la catastrophe de Fukushima, Fanny doit accueillir dans sa famille Ima, une cousine japonaise qu’elle ne connaît pas. Nathalia, dont la maman a vécu à Prypiat, voit ses vieux fantômes ressurgir. Des liens forts se créent entre elle et Ima. Cependant, tout n’est pas simple pour Fanny qui doit accepter au mieux cette nouvelle cohabitation et ressent malgré elle un sentiment de jalousie à l’égard de son amie. De son coté, Ima pense que ce n’est pas bien d’avoir fui son pays et tente le tout pour le tout pour venir en aide à ceux qui n’ont pas eu la chance de partir.

Ce court roman nous fait vivre à travers le regard de ces trois fillettes les épreuves qu’ont dû vivre un bon nombre d’habitants du Japon : le tremblement de terre suivi du tsunami puis la catastrophe nucléaire, la séparation des familles, l’expatriation, le doute et l’angoisse liés à la désinformation, la peur de l’avenir.

Une jolie histoire d’amitié, avec au cœur du sujet le Japon et le drame quotidien que vivent les habitants de ce pays. Comme pour le premier livre (Tchernobyl, bienvenue en enfer), un dossier sur le nucléaire qui pourrait être plus juste.

Delphine Boutonnet


Comme dans un linceul de bure

Armand Gautron, AG Éditions, 2011, 166 pages, 15 €, disponible en librairie.

Avec ce nouveau roman, le quatrième des aventures d’Antoine Landrini, Armand Gautron nous plonge dans les méandres des lobbies industriels prêts à tout pour arriver à leurs fins et dans l’action d’une association anti-stockage de déchets radioactifs.

Cette nouvelle enquête du détective Landrini commence mal. Il en a pourtant résolu un grand nombre, mais là, il n’est pas motivé. Après un appel téléphonique, tout démarre, s’accélère, et à une vitesse prodigieuse alors que rien ne le laissait présager.

Voilà notre détective qui se retrouve à devoir défaire les nœuds d’une vieille pelote de laine. Pourtant ça commence simplement par le ramassage du lait qui ne se fait plus dans un petit village de la Meuse. L’histoire se passe non loin de Bure et de son laboratoire de recherche souterrain pour le stockage des déchets radioactifs.

Mais il n’a pas spécialement la fibre "écolo", Antoine. Allez, au boulot, il faut maintenant tenter de découvrir d’où vient cette pollution invisible, démasquer les possibles taupes, amadouer les paysans du cru qui ne sont pas faciles, et surtout tenter de rester en vie.

Durant toute la lecture, le suspense nous tient en haleine et une fois que l’on a ouvert le livre, on ne le referme qu’à la dernière page.

Benoît Cachard


Essais nucléaires français : l’héritage empoisonné

Bruno Barrillot, Observatoire des armements, 2012, 320 pages, disponible au prix de 22 €(port compris) auprès de l’Observatoire des armements, 187 montée de Choulans, 69005 Lyon.

De 1960 à à 1996, les gouvernements français successifs — de droite comme de gauche — ont fait exploser 210 bombes nucléaires dans le Sahara algérien et sur les atolls de Moruroa et Fangataufa en Polynésie française. La règle du secret militaire, imposée à toutes les activités liées à l’arme nucléaire, reste plus que jamais d’actualité.

Certes, la France a commencé — de manière fort timide — à reconnaître que ses essais nucléaires n’étaient pas "particulièrement propres", mais de là à rendre justice et vérité à toutes les victimes — personnels militaires et civils, comme populations environnantes —, il y a un pas que le ministère de la Défense n’est pas près de franchir !

Cet ouvrage raconte non seulement l’histoire des essais français, mais fait le point sur les conséquences sanitaires, environnementales et pointe les "dérives de l’auto-surveillance" exercée aujourd’hui par le ministère de la Défense et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Un argumentaire particulièrement fouillé, indispensable pour tous ceux qui veulent "sortir de l’âge nucléaire".

Patrice Bouveret


Atomic Bazaar Comment l’arme nucléaire est devenue l’arme du pauvre

William Langewiesche, Ed. Allia, 2010, 216 pages, 9 €, disponible en librairie

Dans ce reportage documentaire qui tient presque du roman d’espionnage, le journaliste d’investigation William Langewiesche nous tient en haleine au fil de son analyse des enjeux de sécurité et de sûreté liés à l’industrie nucléaire et à son inscription dans la géopolitique. Avec précision, l’auteur nous en apprend beaucoup sur le désarmement russe d’après Guerre froide et ses conséquences, et souligne la préoccupante bêtise des dispositifs mis en place par les Américains pour lutter contre la prolifération et le terrorisme nucléaires.

Avec force faits éprouvés et une solide analyse des enjeux mercantiles et guerriers, l’auteur démontre avec quelle facilité des pays tel que le Pakistan auront pu se doter de la bombe, au su de l’ensemble de la communauté internationale et avec le discret soutien des États européens.

Précise et vive, l’analyse nous amène à réfléchir sur le réel impact de la non prolifération telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée. Un livre qui fournit d’intéressants éclairages et une grille de lecture stimulante sur les enjeux du nucléaire, civil ou militaire, de la dissuasion à la non prolifération.

Baptiste Coll


Mini-centrales hydrauliques

Pierre Lavy, Ed. Eyrolles, mars 2011, 110 pages, 9 €, disponible en librairie.

Bien que la plus grande partie du potentiel de production d’électricité hydraulique soit exploité, il reste encore France de nombreux moyens de développer cette énergie, notamment en ayant recours à la micro-hydraulique.

L’énergie hydraulique est, avec l’éolien, une énergie qui est utilisée depuis des temps très anciens, pour sa force mécanique, puis ensuite pour la production d’électricité. Contrairement au barrage hydraulique, la micro-centrale a un impact relativement faible sur l’éco-système. Toutefois, elle est très réglementée, ce qui est aujourd’hui son principal frein.

Pourtant, sans créer de nouvelles centrales, de nombreux sites anciens et abandonnés pourraient être réhabilités si la réglementation n’était pas aussi sévère. Une autre piste très intéressante et en plein essor en zone montagneuse est le turbinage dans les adductions d’eau potable. Il suffit d’installer une turbine à la place des réducteurs de pression dans les conduites pour produire l’électricité d’une petite commune par exemple. Cette solution est très exploitée en Suisse et se développe enfin chez nous.

Ce petit guide, écrit par Pierre Lavy, ancien directeur des filiales de petit hydraulique à EDF, répond aux questions techniques et juridiques sur ce sujet. Cette collection "environnement" Eyrolles est très pratique mais n’a pas pour but d’amener un débat politique ou environnemental sur le sujet abordé.

Delphine Boutonnet