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Sortir du nucléaire n°35

Juin-juillet 2007

Tchernobyl

21 ans de mensonges avec la complicité de l’Organisation mondiale de la santé

Juin-juillet 2007




Vingt-et-un ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, près de 500 000 enfants du Belarus et d’Ukraine, qui n’étaient pas nés au moment de la catastrophe, souffrent de dommages radiologiques.



Leurs maladies cardiovasculaires, endocrines, les malformations sont essentiellement provoquées par l’accumulation dans certains de leurs organes (le cœur, les muscles, les os...) de deux composés radioactifs (le césium 137 et le strontium 90), suite à l’ingestion d’aliments contaminés par ces produits.
L’incorporation chronique des radionucléides dans l’organisme de millions de personnes, condamnées à se nourrir avec des aliments radioactifs, est un fait absolument nouveau, produit par la catastrophe de Tchernobyl, dont l’humanité n’a aucune expérience.
Pourquoi l’Organisation mondiale de la santé n’a-t-elle rien fait dans les territoires de Tchernobyl ? Pourquoi a-t-elle passé la main et laissé faire son travail de radioprotection par les promoteurs des centrales nucléaires ? L’opinion publique dans son ensemble ignore encore l’existence d’un accord signé entre l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui empêche l’OMS d’agir librement dans le domaine nucléaire si elle n’a pas l’assentiment de l’AIEA.
Cet accord précise en effet que “chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord” (article 1, paragraphe 2). Or l’AIEA a pour mission “d’encourager, d’aider et de coordonner dans le monde entier les recherches ainsi que le développement et l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques”.
Application pratique de cet accord : l’OMS, après avoir attendu 5 ans avant de se rendre dans les territoires contaminés de Tchernobyl en 1986, publie en 2005 un dernier rapport évaluant à 51 le nombre de morts provoqués par l’accident, auxquels elle ajoute 4000 cancers de la thyroïde “très bien soignés” estime-t-elle. Ce mensonge, cette négation résulte de l’application de l’article 3 de l’accord qui précise que certaines données peuvent être tenues secrètes.
Des organisations qui viennent en aide aux victimes de Tchernobyl (Enfants de Tchernobyl Belarus, CRIIRAD, Contratom Genève, Réseau Sortir du nucléaire, Sortir du nucléaire Loire et Vilaine, Brut de Béton Production) ont décidé de lancer une campagne pour demander la révision de l’accord et exiger que l’OMS remplisse sa mission auprès des populations touchées par la contamination radioactive.
Depuis le 26 avril 2007, 21e anniversaire de l’accident de Tchernobyl, une à 3 personnes se tiennent en permanence à la limite du territoire de l’OMS à Genève, à 50 mètres du grand bâtiment, précisément au carrefour des Morillons, là où tous les employés, visiteurs marquent le Stop. Cette action de présence permanente est engagée pour une durée indéterminée.

Wladimir Tchertkoff

Leurs maladies cardiovasculaires, endocrines, les malformations sont essentiellement provoquées par l’accumulation dans certains de leurs organes (le cœur, les muscles, les os...) de deux composés radioactifs (le césium 137 et le strontium 90), suite à l’ingestion d’aliments contaminés par ces produits.
L’incorporation chronique des radionucléides dans l’organisme de millions de personnes, condamnées à se nourrir avec des aliments radioactifs, est un fait absolument nouveau, produit par la catastrophe de Tchernobyl, dont l’humanité n’a aucune expérience.
Pourquoi l’Organisation mondiale de la santé n’a-t-elle rien fait dans les territoires de Tchernobyl ? Pourquoi a-t-elle passé la main et laissé faire son travail de radioprotection par les promoteurs des centrales nucléaires ? L’opinion publique dans son ensemble ignore encore l’existence d’un accord signé entre l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui empêche l’OMS d’agir librement dans le domaine nucléaire si elle n’a pas l’assentiment de l’AIEA.
Cet accord précise en effet que “chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord” (article 1, paragraphe 2). Or l’AIEA a pour mission “d’encourager, d’aider et de coordonner dans le monde entier les recherches ainsi que le développement et l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques”.
Application pratique de cet accord : l’OMS, après avoir attendu 5 ans avant de se rendre dans les territoires contaminés de Tchernobyl en 1986, publie en 2005 un dernier rapport évaluant à 51 le nombre de morts provoqués par l’accident, auxquels elle ajoute 4000 cancers de la thyroïde “très bien soignés” estime-t-elle. Ce mensonge, cette négation résulte de l’application de l’article 3 de l’accord qui précise que certaines données peuvent être tenues secrètes.
Des organisations qui viennent en aide aux victimes de Tchernobyl (Enfants de Tchernobyl Belarus, CRIIRAD, Contratom Genève, Réseau Sortir du nucléaire, Sortir du nucléaire Loire et Vilaine, Brut de Béton Production) ont décidé de lancer une campagne pour demander la révision de l’accord et exiger que l’OMS remplisse sa mission auprès des populations touchées par la contamination radioactive.
Depuis le 26 avril 2007, 21e anniversaire de l’accident de Tchernobyl, une à 3 personnes se tiennent en permanence à la limite du territoire de l’OMS à Genève, à 50 mètres du grand bâtiment, précisément au carrefour des Morillons, là où tous les employés, visiteurs marquent le Stop. Cette action de présence permanente est engagée pour une durée indéterminée.

Wladimir Tchertkoff



Thèmes
Tchernobyl Nucléaire et santé